La La Land

169386.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAu cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Avec le sensationnel Whiplash, Damien Chazelle frappait fort et entrait dans la cour des réalisateurs prometteurs par la grande porte. Attendu au tournant, le revoilà avec La La Land, un film musical exquis, dans la pure tradition du genre.

Dès la première scène, le « show » débute sur les chapeaux de roue : du spectaculaire, du coloré, du rêve, de la danse, une mélodie enjouée et des personnages principaux irrésistibles.

Pendant plus de 2h, pas un faux pas ni une fausse note. Los Angeles se fait le décor romantique de l’histoire de Mia et Sebastian (Emma Stone et Ryan Gosling, convaincants, comme toujours) qui chantonnent et virevoltent avec un charme suranné sur la sublime musique de Justin Hurwitz (compositeur de la bande originale de Whiplash). Claquettes, jazz, valse, amour et rêve à vivre éveillé… c’est Broadway sur grand écran!

Gracieux et élégant, La La Land multiplie les références : l’univers sombre et poétique de Jacques Demy, la virtuosité d’un Fred Astaire et d’une Ginger Rogers, la fluidité des mouvements de caméra de Max Ophüls, le tournage en cinémascope et en technicolor pour retrouver la « pâte » des « musicals » hollywoodiens de la grande époque… Damien Chazelle, cinéphile nostalgique, ne lésine pas pour rendre hommage aux grandes comédies musicales hollywoodiennes.

Ravissant et audacieux (le film aurait pu facilement verser dans le ringard), charmant et émouvant, La La Land – grand vainqueur des derniers Golden Globes -,  s’écoute, se regarde, se ressent et s’applaudit !

Sortie le 25 janvier 2017.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Les Croods ++

20502151.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLorsque la caverne où ils vivent depuis toujours est détruite et leur univers familier réduit en miettes, les Croods se retrouvent obligés d’entreprendre leur premier grand voyage en famille. Entre conflits générationnels et bouleversements sismiques, ils vont découvrir un nouveau monde fascinant, rempli de créatures fantastiques, et un futur au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé.
Les Croods prennent rapidement conscience que s’ils n’évoluent pas, ils appartiendront à l’Histoire.

Avouons-le, la nouvelle production des studios Dreamworks (Shrek, Madagascar) a fait craindre une sorte de remake de la famille Pierrafeu sans plus d’originalité. « On ne juge pas un livre à sa couverture » dit pourtant le proverbe. Une maxime que je tâcherai désormais de garder en mémoire !

Car c’est une jolie surprise débordante de folie, de drôlerie et d’émotions que nous livrent Chris Sanders (Lilo et Stitch) et Kirk DeMicco.

L’histoire des Croods nous est contée par Eep (Emma Stone en VO, Bérengère Krief en VF), une ado tête brûlée bien décidée à braver les nombreux interdits imposés par Grug, un papa poule format XXL garant de la survie des siens qui a pour leitmotiv « Ne jamais ne pas avoir peur » (les amis de la litote apprécieront). Ugga, la mère compréhensive à qui il vaut mieux ne pas trop chercher des poux dans la tête, Gran, l’irréductible mamie, Thunk, le fils obéissant mais pas très futé et Sandy, le bébé teigneux aux dents ultra-acérés viennent compléter ce tableau de la famille des temps préhistoriques .

Chasse, courses poursuites et contes terrifiants au coin de la grotte rythment le quotidien du dernier clan de l’ère « croodéolithique » (lorsque Mère Nature en était aux premières étapes de ses expériences nous explique-t-on). Mais après un terrible tremblement de terre, la tribu est contrainte à partir à la recherche d’une nouvelle caverne. C’est alors qu’intervient Guy (Ryan Reynolds en VO, Kev Adams en VF), un jeune nomade curieux et astucieux – le bougre préfère se servir de sa tête que de ses muscles – accompagné de Brassé, un adorable paresseux multifonction (et future coqueluche des cours de récré). Un passionnant périple rocambolesque commence alors, au milieu d’une faune et d’une flore aussi belles que dangereuses.

Des personnages loufoques et attachants, des animaux plus délirants les uns que les autres (de l’ancêtre du chien au look bien étrange au tigre-chat aux dents de sabre en passant par les oiseaux carnivores, les lémuriens siamois à la queue bariolée ou encore les macaques boxeurs), des paysages gorgés de couleurs flamboyantes mais qui n’en restent pas moins hostiles, des aventures palpitantes, de l’action, du suspense, de la tendresse, de l’humour bien calibré,  des rires qui fusent toutes les deux minutes… Autant de bonnes raisons de devenir accros aux Croods.

Sanders et DeMicco signent l’un des meilleurs films d’animation de ces derniers temps, qui s’illustre tant par ses qualités artistiques que par son scénario inventif, ses dialogues travaillés et sa fantaisie savoureuse.

Que dire de plus… si ce n’est « Ta-ta-taaa »!

Sortie le 10 avril 2013.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

La Couleur des sentiments ++

Une belle réussite. Tels sont les premiers qualificatifs qui viennent à l’esprit après avoir découvert La Couleur des sentiments, l’un des films incontournables de cet automne. Mais avant de nous lancer dans une critique élogieuse, reprenons du début.

Dans la petite ville de Jackson, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement…

Un tel sujet pourrait facilement basculer dans la sensiblerie et la facilité. Pourtant, Tate Taylor apporte un soin particulier à éviter toute forme de complaisance ou de parti pris et met en scène des femmes d’exception qui vont dépasser leurs peurs pour tente de faire tomber les barrières de la ségrégation raciale.

De la jeune journaliste qui doit lutter pour se faire une place autre qu’à la rubrique ménagère (la talentueuse Emma Stone) aux domestiques dignes et dévouées en passant par la grand-mère farfelue (Sissy Spacey, irrésistible), l’adorable ingénue (Jessica Chastain, la révélation de The Three of life) ou l’arriviste sournoise (Bryce Dallas Howard, détestable à souhait), le réalisateur met en scène avec un enthousiasme certain un film choral où chaque personnage à son importance.

Plongé au cœur du Mississippi des sixties où les maisons victoriennes côtoient les champs de coton à perte de vue, où le poulet frit s’agrémente de salade en gelée et où June Carter et Johnny Cash entonnent leur Jackson à l’unisson, le spectateur  rencontre des femmes qui brillent par leur caractère opiniâtre, leur sens de l’amitié et de l’humour qui leur permettent d’affronter les situations les plus difficiles. Mais cette galerie de personnages comporte aussi de véritables punaises, des natures dociles, des têtes brûlées, des mondaines, des enfants gâtées, des femmes battues, des femmes fières, révoltées et vaillantes…

Entouré d’un casting quatre étoiles – dont on salue l’interprétation saisissante de Viola Davis (dans le rôle d’Aibileen Clarck) et d’Octavia Spencer (dans celui de Minny Kackson) -, Tate Taylor adapte avec maestria le best seller de Kathryn Stockett où le courage se vit au féminin pluriel dans un film qui nous touche par son intelligence et sa justesse.

Sortie le 26 octobre 2011.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS