La Fille de Brest

588230-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx« Devant un résultat surprenant, posez vous la question : Et si c’était vrai ? »

Pour son 5ème film, Emmanuelle Bercot (La Tête haute) adapte le livre d’Irène Frachon sur le scandale du Médiator et dresse le portrait d’une pneumologue devenue lanceuse d’alerte en découvrant les méfaits du coupe-faim fabriqué par les laboratoires Servier.

Suivant les conseils avisés de Catherine Deneuve, la réalisatrice a choisi l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen (découverte dans la série Borgen et césarisée cette année pour son rôle dans L’Hermine aux côtés de Fabrice Luchini) pour incarner cette « Erin Brockovich bretonne ». Cette dernière insuffle toute son énergie à ce film en luttant seule contre tous pour dénoncer les dangers de ce médicament.

Pour ne pas risquer un procès en diffamation – même si les laboratoires Servier ont été reconnus civilement responsables par le tribunal de grande instance de Nanterre en octobre 2015, l’affaire n’est pas encore jugée au pénal -, le film se concentre principalement sur le parcours et le combat d’Irène Frachon. Et c’est ainsi qu’en « bon petit soldat » moquée et méprisée par le corps médical, cette Fille de Brest va vaillamment mener bataille, se heurtant à l’hostilité et la puissance des laboratoires pharmaceutiques et mettant tout en œuvre pour défendre ses patients.

Malgré un sujet délicat, Bercot prend le parti de traiter la gravité et complexité du propos avec humour. A ses côtés, Sidse Babett Knudsen, impeccable et convaincante, restitue avec naturel le caractère haut en couleur d’Irène Frachon, aussi fantasque que pugnace.

Soucieuse d’un cinéma « réaliste », la réalisatrice, fille de chirurgien, n’épargne pas son public et lui inflige volontairement des scènes de chirurgie cardiaque d’une réalité brutale, afin de dénoncer la violence de la maladie et la souffrance physique ressentie par les patients.

Alliant ainsi l’énergie des thrillers américains à une certaine légèreté de ton, la Fille de Brest est un drame efficace et haletant, un film d’utilité publique qui permet de prendre conscience des scandales sanitaires, de plus en plus nombreux. Mais surtout, il rend hommage à une véritable héroïne des temps modernes.

Sortie le 23 novembre 2016.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

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Mon Roi

316779.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer…

Filmer la passion amoureuse, soudaine, inattendue, addictive, insidieuse, dévorante, aveuglante, destructrice. Capter les précieux instants de la rencontre où la magie opère, le jeu de la séduction auquel on s’adonne allègrement. Saisir la fascination que l’autre peut exercer inexplicablement. Se focaliser sur cet amour grandissant, excessif, irrationnel, chimérique, auquel il semble qu’on ne peut se soustraire…  Il y a tout cela dans Mon Roi, quatrième long métrage de Maïwenn qui filme une histoire d’amour toxique, entre dépendance et manipulation.

Un scénario tenu (le film est co-écrit par Étienne Comar, scénariste Des Hommes et des Dieux), des dialogues acérés mais surtout, un duo d’acteurs formidable qui incarne à merveille ce couple chaotique. Emmanuelle Bercot, récompensée du prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, incarne avec justesse cette femme combative qui se retrouve désemparée. Face à elle, l’excellent Vincent Cassel, dont le charisme hypnotique nous prend au piège, sans aucune chance d’y échapper.

Soit, le film est imparfait et ne fera peut-être pas l’unanimité. Mais reconnaissons à Maïwenn le talent de savoir filmer l’intimité avec pudeur, de traiter ses sujets sans concessions mais avec une certaine douceur et de signer une fois encore un film bouleversant.

Sortie le 21 octobre 2015.

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