Le Mystère Jérôme Bosch

038561-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx500 ans après sa disparition, Jérôme Bosch, l’un des plus grands peintres flamands, continue à intriguer avec une œuvre aussi fascinante qu’énigmatique, aux interprétations multiples. À travers Le Jardin des Délices, historiens de l’art, philosophes, psychanalystes en cherchent le sens et rendent un hommage vibrant à un artiste qui défie le temps.

Êtes-vous déjà entré à l’intérieur d’un tableau ? Imaginez que l’occasion vous est donnée d’explorer chaque détail qui compose une oeuvre aussi foisonnante que mystérieuse. Des Jardins des délices, conservé au musée du Prado, on ne sait que peu de choses. Représentant le Paradis, le Jardin des délices et l’Enfer, ce triptyque exerce une fascination hypnotique.  A travers Le Mystère Jérôme Bosch, José Luis López-Linares livre un documentaire tout aussi envoûtant, dans lequel plusieurs intervenants – plus ou moins renommés – tentent de percer le secret de ce tableau passionnant au gré de leurs propres interprétations.

De Salman Rushdie à William Christie en passant par Miquel Barcelo, Renée Fleming ou Michel Onfray, chacun porte un regard particulier, livre ses impressions colorées et les émotions provoquées par l’observation magnétique du tableau de Bosch qui invite au rêve et à la méditation.

« La plupart des gens se voient dans ce tableau. Lorsqu’on réalise que l’oeuvre n’est que le reflet de nous-mêmes et que l’on regarde à l’intérieur, on se met à rêver » révélait Reindert Falkenburg dans son ouvrage Jérôme Bosch, Le Jardin des délices.

Si l’on regrette le format somme toute classique de ce film, José Luis López-Linares signe un documentaire plaisant, ponctué par les analyses toute personnelles d’artistes, philosophes, écrivains passionnés et enthousiastes. Un voyage fantaisiste et rigoureux, exalté et contemplatif qu’on ne saurait refuser!

Sortie le 26 octobre 2016.

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Praia do futuro

084669.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDonato, sauveteur brésilien sur la plage de Praia do Futuro, assiste à la noyade de deux hommes mais ne peut en sauver qu’un, Konrad, un touriste allemand dont il tombe amoureux. Pour vivre pleinement cette histoire, il décide de tout quitter pour le suivre en Allemagne. Des années plus tard, Ayrton, le jeune frère de Donato devenu un homme, le retrouve à Berlin. Chacun en quête de sa propre identité tente de renouer le fil de leur histoire.
« Je souhaitais faire un film d’aventures, de voyages, raconter l’histoire de quelqu’un qui part dans un endroit qu’il ne connaît pas, du courage qu’il faut mais aussi de la peur – très présente dans le film puisque la trajectoire de chaque personnage est un saut dans l’inconnu ». Tel est le point de départ de Praia do futuro, où se joue la rencontre de deux amants, une rencontre inattendue, intense et fugace.
En filigrane à l’histoire d’amour de Donato (Wagner Moura) et Konrad (Clemens Schick) se dessine la relation complice et protectrice que Donato entretient avec son frère, mise à mal par le départ soudain de l’aîné, sans explication. Insouciance et passion pour l’un, incompréhension et sentiment d’abandon pour l’autre…
De ces thématiques universelles, Karim Aïnouz tire un film intime, où le langage du corps, sublimé par une lumière chaude et des mouvements de caméra fluides et assurés, surpasse celui des mots. Servi par des acteurs convaincants, Praia do futuro laisse une sensation d’éphémère où les personnages semblent évoluer tels des fantômes dans un flou esthétique étonnant.
On déplore néanmoins les ellipses maladroites qui font louper des clés de lecture essentielles au film et nous laisse hélas sur notre faim.
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateur.
Sortie le 3 décembre 2014.
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Boys like us

164964.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTrois amis gays, trentenaires névrosés, parisiens agités, perdus dans les montagnes autrichiennes. Entre sommets vertigineux et gouffres abyssaux, il est peut-être temps de faire le point sur leurs vies, leurs amours et leur amitié…

Après Domaine, premier long métrage sur l’amour étrange et ambigüe d’un jeune homme et d’une femme plus âgée, Patric Chiha change de registre pour une comédie pêchue teintée de mélancolie.

Tumultueux, joyeusement déluré et profondément nostalgique, Boys like us met en scène une histoire qui se conjugue à trois. Tout d’abord Rudolf (Florian Carove), autrichien psychorigide qui vient de se faire larguer et décide sur un coup de tête de retourner dans son patelin natal pour s’adonner à sa passion : l’écriture. Un changement de vie radical qui risque de mettre en péril sa relation avec ses deux amis de toujours, dont Gabriel (Raphaël Bouvet, aux faux airs de Patrick Dupond), frêle comédien obnubilé par son ex qu’il n’arrive pas à oublier, au point de devoir appeler sa psy à l’aide tel un enfant qui appellerait sa mère pour être rassuré. Enfin, Nicolas (Jonathan Capdevielle), éternel adolescent pathétique qui ne s’est pas vu vieillir, au point d’aller séduire des minets de moins de 20 ans.

Ce trio bancal a pourtant trouvé un équilibre improbable fait de parties de ping-pong improvisées, de séances de trampoline propices aux confidences, de randonnées où l’on se rend compte que l’on a été « un peu homo-cliché aujourd’hui », de soirées où l’on se met minable pour oublier, de coups de gueule inopinés qui éclatent comme une bombe à retardement…

Drôle, gentiment barré et touchant, Boys like us s’interroge sur notre époque et évoque les névroses que l’on tente de masquer, la peine que l’on préfère fuir, la peur de la solitude qui nous assaille, l’angoisse du changement, l’enfance que l’on veut retenir et ces rudes désillusions que l’on ne peut ignorer éternellement.

Malgré une fin « complètement disjonctée » (selon les mots du réalisateur) où le fantôme d’une diva radioactive débarque dans le récit comme un cheveu sur la soupe, cette comédie toute simple nous fait passer un bon moment. Et c’est déjà pas si mal.

Sortie le 3 septembre 2014.

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