Praia do futuro

084669.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDonato, sauveteur brésilien sur la plage de Praia do Futuro, assiste à la noyade de deux hommes mais ne peut en sauver qu’un, Konrad, un touriste allemand dont il tombe amoureux. Pour vivre pleinement cette histoire, il décide de tout quitter pour le suivre en Allemagne. Des années plus tard, Ayrton, le jeune frère de Donato devenu un homme, le retrouve à Berlin. Chacun en quête de sa propre identité tente de renouer le fil de leur histoire.
« Je souhaitais faire un film d’aventures, de voyages, raconter l’histoire de quelqu’un qui part dans un endroit qu’il ne connaît pas, du courage qu’il faut mais aussi de la peur – très présente dans le film puisque la trajectoire de chaque personnage est un saut dans l’inconnu ». Tel est le point de départ de Praia do futuro, où se joue la rencontre de deux amants, une rencontre inattendue, intense et fugace.
En filigrane à l’histoire d’amour de Donato (Wagner Moura) et Konrad (Clemens Schick) se dessine la relation complice et protectrice que Donato entretient avec son frère, mise à mal par le départ soudain de l’aîné, sans explication. Insouciance et passion pour l’un, incompréhension et sentiment d’abandon pour l’autre…
De ces thématiques universelles, Karim Aïnouz tire un film intime, où le langage du corps, sublimé par une lumière chaude et des mouvements de caméra fluides et assurés, surpasse celui des mots. Servi par des acteurs convaincants, Praia do futuro laisse une sensation d’éphémère où les personnages semblent évoluer tels des fantômes dans un flou esthétique étonnant.
On déplore néanmoins les ellipses maladroites qui font louper des clés de lecture essentielles au film et nous laisse hélas sur notre faim.
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateur.
Sortie le 3 décembre 2014.
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Boys like us

164964.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTrois amis gays, trentenaires névrosés, parisiens agités, perdus dans les montagnes autrichiennes. Entre sommets vertigineux et gouffres abyssaux, il est peut-être temps de faire le point sur leurs vies, leurs amours et leur amitié…

Après Domaine, premier long métrage sur l’amour étrange et ambigüe d’un jeune homme et d’une femme plus âgée, Patric Chiha change de registre pour une comédie pêchue teintée de mélancolie.

Tumultueux, joyeusement déluré et profondément nostalgique, Boys like us met en scène une histoire qui se conjugue à trois. Tout d’abord Rudolf (Florian Carove), autrichien psychorigide qui vient de se faire larguer et décide sur un coup de tête de retourner dans son patelin natal pour s’adonner à sa passion : l’écriture. Un changement de vie radical qui risque de mettre en péril sa relation avec ses deux amis de toujours, dont Gabriel (Raphaël Bouvet, aux faux airs de Patrick Dupond), frêle comédien obnubilé par son ex qu’il n’arrive pas à oublier, au point de devoir appeler sa psy à l’aide tel un enfant qui appellerait sa mère pour être rassuré. Enfin, Nicolas (Jonathan Capdevielle), éternel adolescent pathétique qui ne s’est pas vu vieillir, au point d’aller séduire des minets de moins de 20 ans.

Ce trio bancal a pourtant trouvé un équilibre improbable fait de parties de ping-pong improvisées, de séances de trampoline propices aux confidences, de randonnées où l’on se rend compte que l’on a été « un peu homo-cliché aujourd’hui », de soirées où l’on se met minable pour oublier, de coups de gueule inopinés qui éclatent comme une bombe à retardement…

Drôle, gentiment barré et touchant, Boys like us s’interroge sur notre époque et évoque les névroses que l’on tente de masquer, la peine que l’on préfère fuir, la peur de la solitude qui nous assaille, l’angoisse du changement, l’enfance que l’on veut retenir et ces rudes désillusions que l’on ne peut ignorer éternellement.

Malgré une fin « complètement disjonctée » (selon les mots du réalisateur) où le fantôme d’une diva radioactive débarque dans le récit comme un cheveu sur la soupe, cette comédie toute simple nous fait passer un bon moment. Et c’est déjà pas si mal.

Sortie le 3 septembre 2014.

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Dans un jardin je suis entré

aff_244036720140113230751Dans un jardin je suis entré fantasme un ancien Moyen-Orient, dans lequel les communautés n’étaient pas séparées par des frontières ethniques et religieuses, un Moyen-Orient dans lequel même les frontières métaphoriques n’avaient pas leur place. Avi (Mograbi) et Ali – son ami palestinien d’Israël – entreprennent un voyage vers leur histoire respective dans une machine à remonter le temps née de leur amitié. Le Moyen-Orient d’antan, où ils pouvaient coexister sans effort, refait surface avec une grande facilité.

« Ce qui me tracasse, c’est le poids du conflit politique que je traîne en moi… Je veux faire quelque chose de ce fardeau ». Assis dans sa cuisine, Ali partage ses réflexions face à la caméra de son ami Avi, qui nourrit la discussion.
Derrière un bureau, lovés dans un canapé, au bord de la mer ou sur la route, le ton est à la confidence. Chacun se raconte au gré des souvenirs, réels ou imaginés, et témoigne d’un « avant » où la fraternité était une évidence et la cohabitation un fait avéré.
Tourné vers ce passé idéalisé pour mieux imaginer les solutions à un présent conflictuel, Dans un jardin je suis entré oscille entre mélancolie et optimiste et se plaît à rêver d’un autre possible. Un rêve que les deux amis savent inaccessible. Mais, comme le rappelle Avi, « le rêve est déjà politique ».

La discussion se fait passionnée, rythmée par certains désaccords, ponctuée par les remarques sagaces de la jeune Yasmine (la fille d’Ali, elle aussi héritière d’une double culture palestino-israélite), ou bien entrecoupée par des archives audiovisuelles ou la lecture de lettres poignantes d’une femme exilée.

Il est vrai que le documentaire souffre d’un manque de fluidité entre certaines scènes et que le spectateur n’a pas toujours toutes les clés en mains pour contextualiser les souvenirs contés de façon sporadique. Néanmoins, Avi Mograbi signe là un très beau film où l’humour se mêle au chagrin, et où la nostalgie côtoie l’utopie.

Ali : « Tu sais quoi? je n’ai plus envie de renaître. J’ai changé d’avis.

Avi : Trop tard ; tu es déjà dans un processus de renaissance ».

Sortie en DVD depuis le 3 juin 2014 (édité par Epicentre films).

Critique réalisée en partenariat avec Cinetrafic. Retrouvez une sélection de films pour changer des comédies romantiques et d’autres comédies dans la rubrique «  film marrant« .

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