Dans un jardin je suis entré

aff_244036720140113230751Dans un jardin je suis entré fantasme un ancien Moyen-Orient, dans lequel les communautés n’étaient pas séparées par des frontières ethniques et religieuses, un Moyen-Orient dans lequel même les frontières métaphoriques n’avaient pas leur place. Avi (Mograbi) et Ali – son ami palestinien d’Israël – entreprennent un voyage vers leur histoire respective dans une machine à remonter le temps née de leur amitié. Le Moyen-Orient d’antan, où ils pouvaient coexister sans effort, refait surface avec une grande facilité.

« Ce qui me tracasse, c’est le poids du conflit politique que je traîne en moi… Je veux faire quelque chose de ce fardeau ». Assis dans sa cuisine, Ali partage ses réflexions face à la caméra de son ami Avi, qui nourrit la discussion.
Derrière un bureau, lovés dans un canapé, au bord de la mer ou sur la route, le ton est à la confidence. Chacun se raconte au gré des souvenirs, réels ou imaginés, et témoigne d’un « avant » où la fraternité était une évidence et la cohabitation un fait avéré.
Tourné vers ce passé idéalisé pour mieux imaginer les solutions à un présent conflictuel, Dans un jardin je suis entré oscille entre mélancolie et optimiste et se plaît à rêver d’un autre possible. Un rêve que les deux amis savent inaccessible. Mais, comme le rappelle Avi, « le rêve est déjà politique ».

La discussion se fait passionnée, rythmée par certains désaccords, ponctuée par les remarques sagaces de la jeune Yasmine (la fille d’Ali, elle aussi héritière d’une double culture palestino-israélite), ou bien entrecoupée par des archives audiovisuelles ou la lecture de lettres poignantes d’une femme exilée.

Il est vrai que le documentaire souffre d’un manque de fluidité entre certaines scènes et que le spectateur n’a pas toujours toutes les clés en mains pour contextualiser les souvenirs contés de façon sporadique. Néanmoins, Avi Mograbi signe là un très beau film où l’humour se mêle au chagrin, et où la nostalgie côtoie l’utopie.

Ali : « Tu sais quoi? je n’ai plus envie de renaître. J’ai changé d’avis.

Avi : Trop tard ; tu es déjà dans un processus de renaissance ».

Sortie en DVD depuis le 3 juin 2014 (édité par Epicentre films).

Critique réalisée en partenariat avec Cinetrafic. Retrouvez une sélection de films pour changer des comédies romantiques et d’autres comédies dans la rubrique «  film marrant« .

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Un voyage

107394.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn couple dépose leur enfant à la maternelle un vendredi matin. C’est la grand-mère qui viendra le chercher le soir et qui le gardera pour le week-end. Eux partent en voyage, dans un autre pays…

Déconcertant, imparfait, spontané, Un Voyage, le nouveau film de Samuel Benchetrit (J’ai toujours rêvé d’être un gangster), surprend par sa mise en scène épurée et instinctive, parfois maladroite et à l’esthétique peu soignée (les scènes filmées caméra à l’épaule ne sont pas toujours du meilleur effet), pour coller au plus près de ce couple fusionnel, uni jusque dans ce dernier voyage bouleversant.

L’atmosphère pesante contraste avec les paysages montagneux et verdoyants ; l’apparente jovialité de Mona (magnifique Anna Mouglalis), solaire et désinvolte, détonne avec l’infinie tristesse qui se dégage de Daniel (formidable Yann Goven), tout en retenu ; la douceur avec laquelle ce couple se parle, s’écoute et se regarde tranche avec la violence du drame qu’ils sont en train de vivre. Car Mona, atteinte d’une maladie incurable, a décidé de passer la frontière pour se faire euthanasier…

L’urgence de vivre les derniers moments et la tension permanente sont atténuées par des rencontres fugaces et authentiques : celle avec une jeune femme ébranlée, perdue dans sa solitude (Céline Sallette, remarquable), que son époux ne semble plus remarquer ; ou bien celle avec un policier aux allures d’armoire à glace, aux petits soins pour sa mère malade… des personnages secondaires brossés en quelques coups de pinceaux qui révèlent des fêlures touchantes et font écho aux personnages de Mona et Daniel.

« Je voulais être dans une chronologie des sentiments, et non dans une chronologie de temps » nous explique Samuel Benchetrit, que nous avons rencontré lors d’une table ronde. « J’avais envie de filmer une histoire d’amour et de rupture, et d’offrir à Anna Mouglalis un rôle important. Avec Yann Goven, qui me semblait posséder ces « cicatrices invisibles » essentielles au rôle de Daniel, Anna était tout de suite dans la complicité.  Nous avions un budget très serré, une équipe de seulement quelques personnes et peu de jours de tournage. Ces contraintes, quoique très compliquées à gérer, m’ont permis d’emprunter des chemins différents, d’être plus instinctif aussi. Je suis allé vers une économie de langage pour laisser la place au son : les bruits de pas sont devenus une musique, le vent, du lyrisme… le réalisme que je fuyais s’est imposé. Quant à ce désir de minimalisme, il s’illustre également par les compositions – très électro – de Raphaël, qui signe pour la première fois la musique d’un film. Elles accentuent la mélancolie qui se dégage d’Un Voyage et qui correspond à l’état d’esprit dans lequel j’étais au moment de la réalisation. »

Gracieuse et lumineuse, Anna Mouglalis ajoute de sa belle voix grave : « Samuel est un intuitif : il offre une grande liberté de jeu à ses acteurs. En fonction du scénario, il sait créer une ambiance propice aux scènes. Par exemple, celles où les sentiments devaient être contenus ont été particulièrement difficiles à tourner. Mais nous nous sommes fait confiance. Cela donne un film d’une grande émotion, presque littéraire quand on y pense. »

Si le résultat déroute, Un Voyage nous laisse une impression de rêve, poétique, insensé et cauchemardesque. Et l’on se demande déjà quel sera le prochain projet du réalisateur imprévisible.

Sortie le 23 avril 2014.

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Jeu concours Un Voyage

107394.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn couple dépose leur enfant à la maternelle un vendredi matin. C’est la grand-mère qui viendra le chercher le soir et qui le gardera pour le week-end. Eux partent en voyage, dans un autre pays, dans un ailleurs, singulier et éphémère…

En partenariat avec l’Agence Le K, Des Films et des Mots vous propose de découvrir Un Voyage, le nouveau film de Samuel Benchetrit qui met en scène un drame intime et déroutant entre Anna Mouglalis et de Yann Goven, en salles le 23 avril prochain.

5 x 2 places de cinéma sont mises en jeu : tentez votre chance en répondant au formulaire en ligne avant le 22 avril minuit (Attention : les réponses incomplètes ne seront pas prises en compte).

Les gagnants seront tirés au sort à l’issue du concours puis contactés par mail avant de recevoir leur lot par voie postale.

Bonne chance à tous!

 

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