Neruda

402140-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx1948, la Guerre Froide s’est propagée jusqu’au Chili. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète.

Neruda et son épouse, la peintre Delia del Carril, échouent à quitter le pays et sont alors dans l’obligation de se cacher. Il joue avec l’inspecteur, laisse volontairement des indices pour rendre cette traque encore plus dangereuse et plus intime. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda voit l’occasion de se réinventer et de devenir à la fois un symbole pour la liberté et une légende littéraire.

A l’image du célèbre poète chilien, le réalisateur Pablo Larrain (No) semble doté du don d’ubiquité : tandis que Neruda, présenté au 25e Festival Biarritz Amérique latine, vient de sortir en salles, le très attendu Jackie (sortie prévue le 1er février 2017), en lice pour les Golden Globes de ce week-end, fait déjà couler beaucoup d’encre.

Il y a tout autant à dire de Neruda, faux biopic malicieux mais véritable ode jubilatoire au personnage charismatique qui a marqué l’histoire de la littérature chilienne. Ici, point question de récit historique, ni de respect d’une éventuelle vérité, encore moins de chronologie méthodique. Larrain s’affranchit du moindre cadre rigide, s’amuse avec les formes, efface toute frontière entre réel et imaginaire, brouilles les pistes et livre une fantaisie littéraire sans commune mesure.

L’espace d’un instant, voici le spectateur plongé au cœur du processus créatif : épicurien, observateur des plus fins, penseur actif, séducteur engagé, le Neruda (fabuleux Luis Gnecco) qui est ici croqué inspire fascination et incompréhension. Le voici traqué par un grotesque détective (Gael Garcia Bernal, génial bouffon grotesque) en quête de reconnaissance. Mais finalement, celui-ci pourrait bien être sorti tout droit de l’imagination de Neruda. A moins que ce soit le poète lui-même qui ne se définit qu’à partir des personnages qu’il a créés…

Les mots du poète, d’une beauté saisissante, prennent vie sous nos yeux, à travers cette comédie politico-policière fantasque et anticonformiste. Vous n’en apprendrez peut-être pas plus sur la vie du poète, mais  qu’importe. On préfère être séduit par ce bijou de créativité, ce regard captivant d’un artiste d’aujourd’hui sur un génie de toujours, cette confusion des genres où les récits se superposent, s’entrecroisent, se percutent même et nous réjouissent miraculeusement.

Sortie le 4 janvier 2017.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

25e Festival Biarritz Amérique latine

174695-fbal_2016_a4C’est aujourd’hui que s’est ouvert le 25e festival Biarritz Amérique latine*. Passionnant, vibrant, coloré, engagé… Pour fêter son quart de siècle, le Festival a mis les petits plats dans les grands : dix longs-métrages sélectionnés avec minutie – parmi lesquels Aquarius, du brésilien Kleber Mendonça Filho, Neruda, du chilien Pablo Larraín (déjà récompensé pour No), Poesía sin fin de notre chouchou Alejandro Jodorowsky – en lice pour l’Abrazo d’or ; une section documentaire aux accents militants, promesses de débats animés ; dix courts-métrages éclectiques et palpitants ; une sélection anniversaire concoctée aux petits oignons par l’équipe du festival ; un focus « Amérique centrale » avec des films provenant du Panama, du Guatemala ou encore du Costa-Rica…

A cette programmation alléchante s’ajoutent des rencontres littéraires, des animations festives aux rythmes de bachata, de salsa, de capoeira, de concerts enivrants – dont le très attendu Yuri Buenaventura mercredi soir – , et de l’exposition participative « Atelier MATTAS, se représenter le monde » proposées au village (situé au coeur du Casino municipal). Autant de réjouissances que je m’apprête à vivre et dont je vous ferai part dansun prochain billet!

Pour ne rien louper de cette folle semaine aux couleurs du cinéma hispanique, rendez-vous sur le site du festival : http://www.festivaldebiarritz.com

Feliz cumpleaño et longue vie au Festival Biarritz Amérique latine !

*du 26 septembre au 2 octobre 2016.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Le 24e Festival Biarritz Amérique latine dévoile son palmarès

Fandangos, porros, sones, festejos, chacarenas, cumbia, bossa nova, salsa… Toute cette semaine, Biarritz a vécu au rythme latino-américain, exaltant, endiablé, émouvant… A l’image des films de ce continent fascinant.

La musique était à l’honneur du Festival Biarritz Amérique latine, qui a clôturé sa 24e édition par la projection en avant-première d‘Argentina, le vibrant hommage du maître Carlos Saura au folklore populaire argentin.

Il y a eu également de nombreuses histoires, passionnantes, terribles, virulentes, tendres, poignantes… Des histoires de destin motivé par des rencontres plus ou moins fortuites, des portraits intimes révélateurs des maux de la société, des histoires du passé qu’il est essentiel de préserver pour ne pas oublier, des souvenirs à explorer sans cesse pour que la mémoire perdure.

Des montagnes guatémaltèques au labyrinthe de Buenos Aires, de l’intérieur raffiné d’élégantes grands-mères chiliennes aux coulisses délurées du pouvoir mexicain, cette nouvelle édition du festival BAL nous a fait voyager et nous a offert un panorama aussi éclectique qu’enthousiasmant de ce que la production cinématographique latino-américaine a de meilleur.

Samedi soir, les différents jurys ont dévoilé leur palmarès, que voici :

Abrazo du meilleur film :
IXCANUL – VOLCAN de Jayro Bustamante (Guatemala)

Prix du Jury:
UN MONSTRUO DE MIL CABEZAS de Rodrigo Plá (Mexique)

Prix d’interprétation féminine :
DOLORES FONZI dans Paulina (Argentine)

Prix d’interprétation masculine :
LUIS SILVA dans Desde allá (Venezuela, Mexique)

Prix du public :
LA DICTADURA PERFECTA de Luis Estrada (Mexique)

Prix du syndicat Français de la critique de cinéma :
IXCANUL – VOLCAN de Jayro Bustamante (Guatemala)

DOCUMENTAIRES

Abrazo du meilleur film documentaire :
INVASION de Abner Benaim (Panama)

Le public a décerné:

Prix du public du meilleur documentaire :
LA ONCE de Maite Alberdi (Chili)

COURTS-MÉTRAGES

Abrazo du meilleur court métrage :
O BOM COMPORTAMENTO d’Eva Randolph (Brésil)

Mention spéciale :
DOMINGO de Raúl López Echeverría (Mexique)

Bonne nouvelle : vous pourrez découvrir Ixcanul – Le Volcan dès le 25 novembre 2015 en salles !

Autre bonne nouvelle : la sortie d’Argentina, de Carlos Saura, le 30 décembre prochain, et dont voici la bande annonce ! Aprovecha !

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS