Paula

440934.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx1900, Nord de l’Allemagne. Paula Becker a 24 ans et veut la liberté, la gloire, le droit de jouir de son corps, et peindre avant tout. Malgré l’amour et l’admiration de son mari, le peintre Otto Modersohn, le manque de reconnaissance la pousse à tout quitter pour Paris, la ville des artistes. Elle entreprend dès lors une aventure qui va bouleverser son destin. Paula Modersohn-Becker devient la première femme peintre à imposer son propre langage pictural.

Christian Schwochow (De l’autre côté du mur, La Fille invisible) aime filmer le destin de femmes libres, spontanées, opiniâtres. A travers Paula, le cinéaste met en lumière une artiste trop méconnue, esquissant un portrait haut en couleurs d’une visionnaire précurseur de l’art moderne.

Motivée par son désir absolu d’émancipation autant que par sa passion pour la peinture – dont elle a fait son mode de vie -, Paula Modersohn-Becker exerce sa patte sans relâche, travaille la lumière de façon non-conventionnelle, s’approprie formes et matières, observe le monde qui l’entoure et se libère du naturalisme ambiant.

La caméra se fait tantôt discrète tantôt virevoltante, capte les regards, précis et absorbés, zoome sur les mains agiles, les coups de pinceaux âpres, les traits heurtés des tableaux, l’épaisseur de la matière, la palette terreuse.

Mais au-delà de l’aspect créatif, le film s’intéresse essentiellement à la personnalité singulière de Paula : son urgence de vie, son insatiable « faim d’art », son  désir de fuir les conventions, -jusque dans son mariage atypique avec Modersohn -, sa curiosité que seules ses envolées parisiennes semblent assouvir, son amitié fidèle au poète Rilke, ses aventures amoureuses, sa poigne, son intelligence, son égoïsme aussi.

« Paula, c’est à la fois la lumière et les ténèbres. Elle nourrissait le désir d’une vie brève, heureuse et intense : elle répétait que la vie devait être une célébration. » explique le réalisateur.

Bien que classique sur le fond, voici un biopic d’une belle sensibilité artistique, de la photographie sublime au cadre tenu, qui doit beaucoup à la prestation fascinante de la merveilleuse Carla Juri.

Sortie le 1er mars 2017.

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Wrong ++

Dolph a perdu son chien, Paul.
Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause. Le détective Ronnie, la solution. Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion? Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête.

Après l’inqualifiable Steak et le déconcertant Rubber, Quentin Dupieux renoue avec son univers improbable, où l’irrationnel révèle une grande part de poésie.

Wrong raconte ainsi l’histoire d’un homme à la recherche de son chien kidnappé. C’est aussi l’histoire d’un voisin qui nie sa passion pour le jogging et qui décide de tout plaquer pour une quête vers l’inconnue dans un désert sans fin. Celle d’une serveuse fleur bleue qui s’amourache d’une voix par téléphone. Celle d’un jardinier qui prend un soin méticuleux à remplacer un palmier devenu sapin. Celle des anciens collègues de Dolph qui aiment travailler dans leur bureau où il pleut à longueur de journée. C’est aussi l’histoire d’un réveil qui sonne à 7h60, d’un détective expert en excréments qui ne quitte pas son polaroid, d’un sage étrange, heureux auteur de Mon chien, ma vie, ma force, de mort que l’on enterre vivant. C’est l’histoire d’un cauchemar qui devient réalité. Ou peut-être l’inverse.

A entendre Dupieux reconnaître que son film idéal « est un rêve total », lui dont les meilleures idées seraient « venues dans un demi sommeil », force est de constater que l’artiste aux multiples talents (il est aussi connu pour son univers musical délicieusement déjanté sous le pseudonyme de Mr Oizo) n’est plus très loin de son but.

Entouré d’habitués (Eric Judor, Jack Plotnick) et de petits nouveaux (Steve Little, William Fichtner), le cinéaste nous sert une fantaisie absurde faussement décousue et aux accents gondryo-pythonesques* sur l’amour inconditionnel d’un maître pour son chien. On en ressort un peu déboussolé mais le sourire aux lèvres sans vraiment savoir pourquoi. Et l’on se surprend à espérer un prochain film inspiré peut-être de l’écriture automatique chère à Breton!

* Néologisme associant le regard de Michel Gondry à celui de Monty Python.

Sortie le 5 septembre 2012.

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