Dear White People

183503.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDear White People place sous les projecteurs quatre étudiants noirs qui tentent de se faire leur place dans l’une des plus prestigieuses facultés américaines. Ambitions, frustration, désir de notoriété, racisme, choc des cultures et faux semblant sont le quotidien de ce campus, qui fonctionne comme le parfait reflet de la société américaine. Jusqu’au jour où la polémique éclate, provoquée par une soirée à la fois populaire et scandaleuse organisée par des étudiants blancs…

Qualifié de « satyre hilarante de la jeunesse sous l’ère Obama », Dear White People surprend par sa tonalité acerbe et inspirée, se jouant des codes traditionnels des « comédies simplettes pour ados ».

Une métisse engagée, un leader formaté par les aspirations paternelles, un étudiant effacé qui a du mal à s’affirmer et une arriviste prête à tout pour « s’intégrer » dans le monde des blancs : tels sont les portraits de la jeune « élite » américaine subtilement brossés par Justin Simien, tantôt révoltée, tantôt résignée, mais avec un sens de l’à-propos qui fait mouche à chaque réplique.

Simien s’explique : « Le racisme n’est plus le même qu’avant […] La nouvelle génération ne connaît pas grand chose de notre histoire ségrégationniste. Ils ont grandi avec Beyonce, Jay-Z, Kobe et Oprah. Et ils ont voté pour Obama. C’est comme si le fait qu’il y ait un noir à la Maison blanche avait réglé tous les problèmes et qu’il n’était plus nécessaire de remettre le débat sur la table. Mais justement, cela peut être bon moyen de le relancer, pour les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec le sujet ».

Servi par un casting en tout point parfait, Dear White People est une comédie virulente qui frôle la caricature sans jamais verser dans le cliché, qui dénonce sans victimiser et qui manie aussi bien l’humour que l’esprit.

Le jury du dernier Festival de Sundance ne s’y est pas trompé en lui décernant son Prix spécial.  Alors, convaincus?

Sortie le 25 mars 2015.

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Les Amants du Texas

21023666_2013073114405281.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxBob et Ruth s’aiment, envers et contre tout. Et surtout contre la loi. Un jour, un braquage tourne mal et les deux amants sont pris dans une fusillade. Quand Bob est emmené par la police, Ruth a tout juste le temps de lui annoncer qu’elle est enceinte. Dès lors, Bob n’aura qu’une obsession : s’échapper de prison pour rejoindre sa femme et son enfant.

Mais quand il y parvient, quatre ans plus tard, le rêve correspond mal à la réalité. En fuite, poursuivi par la police et par les membres d’un gang, Bob peine à rétablir le lien avec sa famille. Ruth est devenue mère et elle ne veut pas d’une vie de cavale : courtisée par un policier attentionné, la jeune femme devra choisir entre le passé et l’avenir.

Second long métrage de David Lowery, Les Amants du Texas raconte une histoire d’amour devenue impossible entre un hors-la-loi passionné et une jeune femme prise dans la tourmente entre raison et sentiments.

Pour camper ces Bonnie et Clyde d’un genre plus intimiste, Casey Affleck surprend par sa puissance et sa maturité et fait la part belle à la sublime Rooney Mara, solaire et lunaire. Quant au personnage de Patrick, le shérif dévoué secrètement épris de la belle Ruth, Ben Foster livre une prestation touchante, tout en finesse et en retenue.

L’intemporalité qui se dégage de ce drame aux accents de western teinté de romantisme, la douceur qui nous berce tout au long de ce récit mélancolique entrecoupée de notes brutales, la mise en scène subtile et minimaliste, les personnages au caractère bien définis qui évitent la caricature, la tessiture folk, les images aux couleurs chaudes contrastant avec l’intention terrible du film sont autant d’éléments qui font des Amants du Texas une réussite. Un film a priori tout simple qui laisse pourtant une étrange impression d’éphémère inoubliable.

Sortie le 18 septembre 2013.

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Wrong ++

Dolph a perdu son chien, Paul.
Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause. Le détective Ronnie, la solution. Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion? Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête.

Après l’inqualifiable Steak et le déconcertant Rubber, Quentin Dupieux renoue avec son univers improbable, où l’irrationnel révèle une grande part de poésie.

Wrong raconte ainsi l’histoire d’un homme à la recherche de son chien kidnappé. C’est aussi l’histoire d’un voisin qui nie sa passion pour le jogging et qui décide de tout plaquer pour une quête vers l’inconnue dans un désert sans fin. Celle d’une serveuse fleur bleue qui s’amourache d’une voix par téléphone. Celle d’un jardinier qui prend un soin méticuleux à remplacer un palmier devenu sapin. Celle des anciens collègues de Dolph qui aiment travailler dans leur bureau où il pleut à longueur de journée. C’est aussi l’histoire d’un réveil qui sonne à 7h60, d’un détective expert en excréments qui ne quitte pas son polaroid, d’un sage étrange, heureux auteur de Mon chien, ma vie, ma force, de mort que l’on enterre vivant. C’est l’histoire d’un cauchemar qui devient réalité. Ou peut-être l’inverse.

A entendre Dupieux reconnaître que son film idéal « est un rêve total », lui dont les meilleures idées seraient « venues dans un demi sommeil », force est de constater que l’artiste aux multiples talents (il est aussi connu pour son univers musical délicieusement déjanté sous le pseudonyme de Mr Oizo) n’est plus très loin de son but.

Entouré d’habitués (Eric Judor, Jack Plotnick) et de petits nouveaux (Steve Little, William Fichtner), le cinéaste nous sert une fantaisie absurde faussement décousue et aux accents gondryo-pythonesques* sur l’amour inconditionnel d’un maître pour son chien. On en ressort un peu déboussolé mais le sourire aux lèvres sans vraiment savoir pourquoi. Et l’on se surprend à espérer un prochain film inspiré peut-être de l’écriture automatique chère à Breton!

* Néologisme associant le regard de Michel Gondry à celui de Monty Python.

Sortie le 5 septembre 2012.

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