Festival Lumière 2014

pedroDu 13 au 19 octobre dernier se déroulait à Lyon le festival Lumière, réputé pour mettre à l’honneur des classiques du septième art et pour célébrer une personnalité ayant contribué à l’histoire du cinéma.

Organisée par l’Institut Lumière (présidé par Bertrand Tavernier et dirigé par Thierry Frémeaux) et le Grand Lyon, cette sixième édition récompensait Pedro Almodovar du Prix Lumière. L’occasion de se replonger dans la cinématographie de l’un des acteurs de « La Movida » et de rendre hommage au cinéma espagnol.

De Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (son premier long métrage) à Talons aiguilles en passant par Tout sur ma mère ou encore Volver, c’est toute l’excentricité, toute l’audace, tout l’humour et toute la poésie du cinéaste de l’anticonformisme qui se retrouvent dans chacun de ses films aux mille couleurs.

Le réalisateur de La Piel que habito en profita pour révéler au grand public ses sources d’inspiration, aussi éclectiques que Voyagbilletse en Italie de Rosselini, Thérèse Raquin de Carné ou encore Opening Night de Cassavetes.

Ainsi, du quartier Bellecour aux Cordeliers, de l’Institut Lumière à la Halle Tony Garnier, de Villeurbanne à Bron, la ville des frères Lumière a vécu pendant une semaine au rythme des rétrospectives consacrées au western italien (Pour une poignée de dollars, Django, On l’appelle Trinita…), aux « Sublimes moments du muet » avec L’indésirable de Michael Curtiz ou le ciné-concert autour du Nosferatu de Murnau, aux séances cultes telles 2001, l’Odyssée de l’espace, Ben Hur, SOS Fantôme, Le Vieux fusil, Le Voyage de Chihiro, Un Chien andalou

Citons également les nombreux hommages (Faye Dunaway, Isabella Rosselini, Ted Kotchef, Michael Cimino…), la présence de personnalités cinéphiles (Jean Rochefort, Keanu Reeves, Christopher Thomson, Félix Moati…) sans oublier le coup de projecteur donné à l’important travail de restauration des oeuvres, qui s’inscrit dans la lignée de préservation des films amorcée par Henri Langlois, qui a tant oeuvré pour la sauvegardPEDROe, la mise en valeur et la défense du septième art.

Les spectateurs ont pu (re)découvrir un certain nombre de pépites signées Claude Sautet ayant été rénovées par StudioCanal et s’imprégner ainsi de cette ambiance intime et familière comme seul Sautet savait les créer. D’une Histoire simple à Vincent, François, Paul et les autres, de César et Rosalie à Quelques jours avec moi, transparaît l’art du cinéaste de capturer des instants rares, mêlant liberté à la nostalgie, de filmer des histoires de potes, des histoires de femmes, et de donner l’impression quelque part de retrouver sa famille sur grand écran.

Une superbe programmation qui met en avant la richesse du cinéma à travers les âges et les époques, par-delà les frontières, mélangeant les genres et les points de vue, et qui fait écho à la très belle maxime de « don Pedro » : « Nos vies ne seraient rien sans le cinéma »!

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Cannes 2012 – A l’intérieur du Festival de Cannes… (4e partie)

Règle n°3 : Le sens de l’observation tu développeras

Quand on a 3 heures à tuer en attendant que vienne le moment miraculeux d’apercevoir – ou même, d’entrapercevoir – les stars du septième art (oui, je suis parfaitement consciente du ridicule de mes propos), on développe un sens accru de l’observation… (En même temps, on n’a un peu que ça à faire).

Autour de moi, une quinqua et ses deux grandes filles tout excitées à l’idée de « voir » Zac Efron, le minet vedette d’une série Disney attendu sur la Croisette pour Paperboy, de Lee Daniels, aux côtés de Nicole Kidman (un film qui semble avoir provoqué les huées du public lors de sa projection le 25 mai), des retraités ravis de prendre un bain de foule bien qu’ils ne connaissent pas le quart des personnalités attendues sur le tapis rouge, une futur maman et ses copines bien décidées à se faufiler pour être aux premières loges, des parents très versés « people » accompagnés de leur pauvre gamin de 7ans, très vite excédé par tant d’attente, des jeunes filles aux atouts indéniables qui font du gringue au vigile en mode Man in Black afin de grappiller quelques places, des photographes professionnels à l’humour ravageur venus « shooter » sous un autre angle et qui connaissent le Festival comme leur poche. L’ambiance est conviviale, les discussions se font et le temps passe assez vite.

Les barrières s’ouvrent enfin : après s’être soumis au traditionnel fouillage de sacs et avoir jeté son bouchon de bouteille d’eau (des fois que certains illuminés à l »humour fort discutable aient en fait patienter tout ce temps dans le simple but d’asperger les vedettes tant attendues), c’est la course jusqu’aux 2e barrières, à quelques mètres du tapis rouge.

Placée à droite, je me rends compte petit à petit qu’on ne va finalement pas voir grand chose du spectacle : les photographes et vidéastes seplacent avec nonchalance en smoking et robe de soirée – le contraste entre les blasés et les euphoriques, qui s’adonnent à l’autoportrait, est amusant -, et au final ça fait pas mal de monde !

La musique retentit alors : les invités arrivent et le show commence enfin.

Le commentateur est là pour nous aider à reconnaître Mélita Toscan Duplantier, sublime dans une robe verte soyeuse, que l’on aperçoit dans un angle mort. Elle est suivie par Inès de la Fressange, tout en élégance dans une tenue qui lui donne des allures de déesse grecque. Coutumière de l’exercice cannois, l’ancienne égérie Chanel brave la horde de policiers pour venir nous saluer. Classe !

On aperçoit par la suite un bout de la robe blanche d’Eva Longoria, la main de Virginie Ledoyen, le chignon de Marie Gillain et Beth Ditto et sa robe Gauthier, en haut des marches.

Et ça défile encore et encore sur le tapis rouge. Des invités, anonymes ou faisant partie du « gratin », chics, extravagants voire carrément à côté de la plaque. Du léopard, des robes froufroutantes, des bustiers « débordants », des talons aiguilles qui effraieraient un funambule, des sabots façon Heidi, des paillettes à outrance qui aveugleraient un myope, des coiffures montées sur échafaudage, du maquillage inspiré du cirque Zavatta… Autant de mauvais goût rendu supportable par quelques touches de raffinement et de glamour plus que bienvenus.

Un hommage à Donna Summer est alors rendu tandis que Laurent Weil multiplie les interviews spontanées aux pieds des marches. La gamine fan absolue de Monsieur CinéLive se réveille alors mais se retient tout de fois de lui sauter au cou : quoique le mauvais genre soit assez commun ici, il me reste tout de même un fond de dignité !

Et voici l’équipe de De Rouille et d’os. Marion Cotillard est divine et particulièrement bien entourée. Jacques Audiard et Matthias Schoenaerts ont fière allure et rivalisent de sobriété. Quelques mots à Lolo Weil, des sourires et des saluts, une montée des marches, une nouvelle pause, une accolade à Gilles Jacob etles voilà entrés en salle. Clap de fin. 3h d’attente, ½ de parade, merci et bonne soirée.

Rien de très excitant au final, mais à vivre au moins une fois, pour « le fun » et pour le plaisir des belles rencontres. Après tout, ce qui prime, c’est de partager une passion commune, qu’importe le côté de la barrière. Et pour reprendre les célèbres mots d’un autre passionné fou furieux. : « Et vive le cinéma » !

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Cannes 2012 – A l’intérieur du Festival de Cannes… (3e partie)

Règle n°2 : Aux badauds tu te mêleras

Le Festival de Cannes attire également moult curieux et badauds, certain(e)s n’hésitant pas à endurer plus de 7h de route depuis leur tendre Savoie simplement pour assister à une montée des marches, avec l’espoir assumé de croiser le regard de Brad, Bruce ou Robert (de Niro, Pattinson… au choix !). En ce jeudi 16 mai, il faut plutôt miser sur Jacques, Marion et Matthias, l’équipe de De Rouille et d’os, présenté le jour même en compétition, et fortement attendue sur le tapis rouge. Voici donc ces festivaliers anonymes, jovials et infatigables, cultivant leur patience pendant plus de 3h sous le soleil exactement dans une file grossissante à chaque minute. Dotée d’un sens du devoir et d’un goût du risque à toute épreuve, je n’ai moi-même pas hésité à plonger dans cette foule frénétique, risquant coups de soleil, déshydratation et piétinement à coup de fessiers rebondis (oui, un fessier peut vous piétiner… j’ai des témoins) pour vivre l’expérience « de l’intérieur » tel un reporter sans peur et sans reproche.

Attention : la stratégie revêt une importance capitale. Positionnement à droite, à gauche, ou en face des marches ? Qu’importe puisque au final, vous aurez plus de chance d’admirer la croupe des photographes et vidéastes accrédités, ou le faciès peu avenant des officiers de sécurité chargé de faire obstacle entre la foule et le tapis rouge. Après tout, un cliché de star, ça se mérite (et ça se monnaye…).

Une précision capitale : certains spectateurs (car nous sommes bien au spectacle !) s’agglutinent contre les barrières face aux marches tandis que les équipes du festival s’attèlent aux préparatifs de la montée (vous saviez que le tapis rouge était changé plusieurs fois par jour ? C’est Saint-Maclou qui se frotte les mains !). Hors, ces mêmes barrières étant amenées à être retirées pour laisserpasser tout le gratin tant attendu, les spectateurs sont priés d’évacuer les lieux et de regagner le reste des curieux d’une manière ou d’une autre. Poiroter tout ce temps pour être reléguer en « dernière classe », y’a de quoi virer furax. La vigilance est non seulement requise, mais elle peut vous évitez de sérieuse « nervous breakdown » comme le disait si bien notre ami Paul Volfoni.

Les plus ingénieux répondent volontiers à ce qui est devenu une tradition : apporter leurs escabeaux de bon matin et les cadenasser (non que le vol d’escabeau soit un exercice fréquent à Cannes, mais les places étant si convoitées que l’on n’hésitera pas à faire disparaître tout obstacle au matage de people en bonne et due forme) face aux marches, histoire de surplomber la foule et les forces de police veillant au grain. Une paire de jumelles complète bien souvent l’équipement de base du « badaud malin ». Pas des plus pratiques, mais efficace.

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