La Mécanique de l’ombre

426558-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxDeux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Thriller d’espionnage, film politique, fable noire… Pour son premier long métrage, Thomas Kruithof plonge le spectateur dans un univers trouble et inquiétant : celui du pouvoir et de ses coulisses redoutables.

Telle une partie d’échecs dont l’issue ne peut être que fatale, La Mécanique de l’ombre se révèle aussi palpitante que fascinante. Corruption, stratégie retorse, enlèvement, torture, mises sur écoute, disparitions mystérieuses… On se laisse prendre rapidement à ce jeu machiavélique auquel participe le docile Duval. Mais celui qui ne semble être qu’un vulgaire pion pourrait bien prendre la cavalier, et mettre le roi mat.

Servie par des acteurs impeccables – François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila forment un formidable trio insaisissable -, par un scénario écrit avec finesse et précision malgré le sujet ardu et opaque, et par une mise en scène froide et oppressante, La Mécanique de l’ombre est un dédale infernal dans lequel on se laisse balader aisément, pris par le suspense haletant qui va crescendo. Il est toutefois dommage que la scène de l’affrontement final tant attendue s’avère incohérente voire bâclée, et laisse une sensation d’inachevée.

Sortie le 11 janvier 2017.

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En solitaire

20282436.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxYann Kermadec voit son rêve se réaliser quand il remplace au pied levé, son ami Franck Drevil au départ du Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire. Habité par une farouche volonté de gagner, alors qu’il est en pleine course, la découverte à son bord d’un jeune passager va tout remettre en cause.

Filmer l’une des courses nautiques les plus célèbres du monde d’un point de vue intime. Révéler les espoirs, les difficultés, le courage, la persévérance, les doutes, le rêve d’un passionné amené à braver, seul, les océans et à déjouer les affres du vent, le temps d’un tour du monde. Mettre en avant les qualités humaines telles que le dépassement de soi, la confiance aux autres, la solidarité entre concurrents. Voilà tout ce que révèle En solitaire, de Christophe Offenstein qui, pour son premier film derrière la caméra, n’a pas eu peur de placer la barre haute.

Tourner en équipe réduite et en situation réelle, en pleine mer, a imposé de nombreuses contraintes pas toujours évidentes dont le fait de réunir 18 personnes sur un monocoque de 18m de long sur 5m de large.

Une prouesse technique qui laisse admiratif lorsque l’on connaît la difficulté des conditions de tournage, justifiée par une souci d’authenticité de la part du réalisateur mais également de François Cluzet, qui campe avec justesse un skipper déterminé à aller à la victoire mais qui va se retrouver à gérer une situation à laquelle il n’était pas préparé.

Les splendides couchers de soleil que Kermadec envoie chaque soir à sa fille, les conversations par skype avec sa compagne, celles avec l’équipage resté à terre ou encore les boutades échangées avec certains concurrents pour palier à la solitude permanente, la lutte constante contre les éléments, contre la fatigue qui se ressent peu à peu et qui se fait sournoise au point de coûter la victoire, les problèmes techniques rencontrés qui font perdre des places dans la course, les tempêtes essuyées, le risque de voir le bateau se retourner, l’indispensable vigilance qui peut s’avérer salvatrice… Offenstein n’a omis aucun détail pour nous immerger avec un réalisme avéré dans ce défi sportif d’une belle intensité.

Un sacré challenge relevé haut la main.

Sortie le 6 novembre 2013.

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Un Monstre à Paris ++

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille (Vanessa Paradis), la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Pour sa première réalisation française, Eric Bergeron (La Route d’Eldorado, Gang de requins) restitue le Paris de la Belle Epoque avec une élégance et un enthousiasme avérés. C’est dans cette atmosphère pleine de charme et de gaieté qu’une galerie de personnages haut en couleur évolue, entre péripéties loufoques et mélodies poétiques. Ainsi, pour échapper au terrible préfet, Francoeur, le monstre au cœur tendre et à la voix d’or, peut compter sur la talentueuse Lucille et sur ses amis : Emile (Sébastien Desjours), le projectionniste amoureux dont la timidité maladive le paralyse face à la jolie Maud (Ludivine Sagnier), et Raoul (Gad Elmaleh), le livreur multi-services à la gouaille sans pareille, inséparable de sa fidèle Catherine (une camionnette qui recèle bien des gadgets).

Courses poursuites endiablées entre Montmartre et la Tour Eiffel, humour déjanté et refrains entêtant nous transportent dans cette fantaisie musicale enjouée aux multiples références.

L’esthétique du réalisateur mêlant finesse du trait et caricatures grossières – à mi-chemin entre Sylvain Chomet et Pete Docter – séduit l’œil et l’imagination du spectateur, qui se retrouve plongé au cœur de la capitale aux accents oniriques directement inspirés de l’univers de Mathieu Chédid (qui prête sa voix à Francoeur et a composé les chansons du film).

En résumé, Eric Bergeron signe un film d’animation rythmé et plein de tendresse, tout simplement jubilatoire.

Sortie le 12 octobre 2011.

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