L’élan

108401-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxL’Élan apparaît soudainement dans une petite ville vendéenne. Très vite, la créature énigmatique est confrontée aux surprenantes réactions de la population : une famille à la fille télépathe, une pharmacienne qui n’est pas vétérinaire, des chasseurs tire-au- flanc, un spécialiste des vies extra-humaines, un garagiste bousculé par les évènements. Tous se posent des questions mais pas les bonnes. Et que vient faire Bernard Montiel dans cette histoire ?

Scène 1 : extérieur jour. Un corps étendu face contre terre. Des flash-backs rapides, épileptiques. Au coeur de la forêt, un élan extra-terrestre aux allures de grosse peluche erre. L’aurore se lève. Le narrateur commence son drôle de récit.

Voilà une bien étrange comédie que cet Élan : mêlant l’absurde au tragique, Etienne Labroue crée une ambiance loufoque et décalée qui n’est pas sans rappeler celle des films de Quentin Dupieux.

Toutefois, malgré une distribution impeccable (Aurélia Petit attachante épouse faussement revêche, Délia Espinat Dief parfaite ingénue pleine d’empathie, François Morel, irrésistible garagiste inébranlable…), et une volonté de sortir des sentiers battus, L’Élan peine à trouver son rythme et à nous embarquer dans sa folle histoire. A force de multiplier les situations ubuesques, le cinéaste finit par perdre le spectateur dans un méandre abracadabrant sans queue ni tête.

L’originalité et l’absurde sont des exercices périlleux qui exigent dextérité et savoir-faire.

Sortie le 28 décembre 2016.

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Je veux être actrice

191105Nastasjia, 10 ans, veut devenir comédienne. Patrick Chesnais, Michaël Lonsdale, François Morel, Denis Podalydès, Philippe Torreton, Jacques Weber… lui confient leurs secrets d’acteurs. Qu’est-ce que jouer ? Comment apprendre un texte, composer un personnage, lâcher prise, avoir du charisme… ? Au théâtre comme au cinéma.

« La famille, c’est la transmission et la transmission, c’est la contagion : cela peut être catastrophique comme cela peut être merveilleux. » Jacques Sojcher, professeur de philosophie à qui nous devons cette remarque pleine de sagesse, est l’heureux « papou » d’une apprenti-comédienne qui semble avoir hérité de son regard malicieux, de son esprit vif et de sa passion pour les planches. Figure rassurante et encourageante, il s’amuse à titiller la vocation de sa petite-fille tout en l’accompagnant sur le chemin de la réflexion, sous la caméra de Frédéric, son fils réalisateur et père de la jeune Nastasjia.

Vous l’aurez compris, Je veux être actrice est avant tout un film de famille, une famille soudée et complice, réunie autour d’une gamine aussi espiègle que déterminée. On y découvre toute l’admiration d’un père pour sa fille – admiration qui à la longue peut exaspérer – mais aussi son inquiétude, ses conseils et son soutien. Intime, le documentaire touche pourtant à l’universel dès qu’il évoque la passion, s’adressant alors à tous les « marginaux » qui ont choisi de « sortir des clous », de suivre leur propre voie, d’aller au-delà de leurs peurs.

Les témoignages d’acteurs et comédiens se succèdent sous le regard enjoué et bienveillant du réalisateur qui avoue s’émerveiller encore de son métier ; la demoiselle questionne, écoute, raisonne… et joue!

Sincère et différent, ce documentaire reste avant tout une belle déclaration d’amour d’un père à sa fille, qui rappelle que, comme le souligne le philosophe de la famille, « Heureusement, il reste des saltimbanques! »

Sortie le 20 janvier 2016.

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Une Famille à louer

458235.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPaul-André, la quarantaine, est un homme timide et plutôt introverti. Riche mais seul, il s’ennuie profondément et finit par conclure que ce dont il a besoin, c’est d’une famille ! Violette, quadragénaire pleine de peps, est menacée d’expulsion et a peur de perdre la garde de ses deux enfants. Paul-André propose alors un contrat en tout bien tout honneur pour louer sa famille contre le rachat de ses dettes. Pour le meilleur et pour le pire…

Jean-Pierre Améris nous avait régalé il y a quelques temps avec ses Emotifs Anonymes, une comédie au charme suranné particulièrement enthousiasmante. Avec Une Famille à louer, le cinéaste pousse un peu plus loin la fantaisie en faisant se rencontrer malicieusement deux personnages que tout oppose.

Mère célibataire, Violette est une sorte d’ouragan fluorescent un brin naïve qui enchaîne les petits boulots comme elle enchaîne les aventures d’un soir, et qui tente de garder la tête hors de l’eau. Taciturne, Paul-André a fait fortune avec sa société et s’est enfermé dans une vie de solitaire qui l’étouffe. La rencontre s’annonce à l’évidence explosive.

Attendu voire consensuel, Une Famille à louer joue grossièrement avec les stéréotypes de la famille (la figure de la mère mal-aimante ou paumée, celle du père absent, le frère culpabilisant, la famille dénigrante ou/et envahissante…) et les stéréotypes sociaux (elle vient d’un milieu modeste et lutte pour joindre les deux bouts, lui vient d’un milieu aisé et a de quoi vivre jusqu’à la fin de sa vie « et bien au-delà »…).

Toutefois, le film parvient à séduire par l’atmosphère joviale qui s’en dégage, par la finesse de ses dialogues et par le décalage de ses personnages principaux, la légèreté de l’une s’alliant merveilleusement à la mélancolie de l’autre.

Une petite comédie sympathique qui se laisse voir avec plaisir.

Sortie le 19 août 2015.

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