Arrête ton cinéma !

185224C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale. Mais, du choix improbable des actrices, aux réécritures successives du scénario, en passant par les refus des financiers, le rêve merveilleux va se transformer en cauchemar. Incorrigible optimiste, Sybille réalisera trop tard que ses productrices fantasques et totalement déjantées vont l’entraîner dans leur folie…

Fantaisie, démesure, névroses, extravagance, découragement, euphorie, grotesque… bienvenue dans le monde cinéma. Ou plutôt, dans l’envers du décor ! En adaptant le roman C’est le métier qui rentre ! de Sylvie Testud (également co-scénariste sur ce film), Diane Kurys s’amuse à dévoiler les coulisses d’un univers impitoyable, aussi surréaliste que fascinant.

Une héroïne qui ne sait pas dire non, des comédiennes souffrant d’une fragilité égocentrique, un agent au cerveau en forme de tiroir-caisse, et surtout, un duo de frangines productrices infernales et complètement perchées : vous l’aurez compris,  Arrête ton cinéma ! verse dans la caricature décomplexée, pousse le trait jusqu’à l’absurde et nous embarque dans une folie douce, avec plus ou moins de dextérité.

Portée par un casting formidable, le « couple » hystérico-tyranique Zabou/Balasko en tête,  cette comédie enlevée aux dialogues ciselés (on reconnaît bien la pâte de l’écrivain Testud) offre un tableau délicieusement ridicule d’un certain cinéma, où les ingénus se font manger tout crus. Testud, qui s’est inspiré de sa propre mésaventure, explique : « Le personnage de Sybille est une rêveuse, une amoureuse. Je fais souvent le parallèle entre son obsession et une histoire d’amour : le monde entier peut tenter de vous ouvrir les yeux – vous êtes aveugle, et le jour où vous prenez en conscience, vous vous dites « ils avaient tous raison ». Sybille s’illusionne complètement car elle a envie d’y croire et d’arriver au bout. Elle est conditionnée et pense qu’à force de travail, elle va réussir. Mais c’est faux ! Il faut aussi une dose de chance dans son parcours. Elle veut tellement réussir qu’elle emprunte les mauvais chemins. »

Et bien que la séquence finale soit de trop,  Arrête ton cinéma ! est un film suffisamment truculent pour passer un bon moment.

Sortie le 13 janvier 2016.

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Sammy 2 +

Sammy et Ray, deux tortues de mer, amis depuis toujours, ont la belle vie le long d’une barrière de corail, guidant leurs nouveaux nés Ricky et Ella au cours de leurs premiers pas en mer. Soudain, ils sont capturés par des braconniers et se retrouvent à Dubaï au milieu d’un aquarium abritant un incroyable spectacle pour touristes. Le chef de la bande, Big Boss l’hippocampe, les met dans la confidence de son grand plan d’évasion. Mais Sammy et Ray concoctent de leur côté une autre échappée avec leurs nouveaux amis, Jimbo le poisson, Lulu le homard, Annabel la gentille petite pieuvre et toute une famille de pingouins. C’est alors qu’arrivent les petits Ricky et Ella, bien déterminés à s’infiltrer pour leur venir en aide.

Message écologique, personnages sympathiques et aventures sous-marines tumultueuses composent ce film gentillet qui ravira les tout petits, enchantés de retrouver les héros du premier épisode et de découvrir de nouveaux personnages tout aussi attachants.

Quant aux plus grands, ils devront prendre leur mal en patience face aux longueurs de film d’animation destiné sans équivoque à un très jeune public.

Sortie le 15 août 2012.

Bande annonce

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La Guerre des boutons

Comme nous l’avions évoqué dans un post précédent, la rentrée cinématographique 2011 s’annonce particulièrement chargée. Les festivals se succèdent (Venise, Deauville), chacun se distinguant par leur programmation des plus attrayantes (Polanski, Clooney, Cronenberg, Garrel and Co à la Mostra, Maryam Keshavarz – également en compétition au Festival Paris Cinéma -, Tony Kaye, mais aussi les derniers Ferrara, Redford, Van Sant… en avant-première sur les côtes normandes). Autant dire que ça se bouscule sur nos écrans. De quoi nous réjouir ? Presque. Car il y a comme une légère ombre au tableau. Passons sur le fait que la majorité des films jugés moins rentables dès le premier jour de leur sortie est amenée à disparaître des salles obscures en –beaucoup !- moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Intéressons-nous plutôt à ce choix ô combien surprenant de la part des distributeurs de mettre en concurrence deux adaptations du roman de Louis Pergaud, La Guerre des boutons – d’autant plus quand il existe déjà un film mémorable signée par le grand Yves Robert.

Il semblerait que Yann Samuell et Christophe Barattier avaient en tête depuis quelque temps de réaliser leur propre version du roman de Pergaud. Or, il a fallu attendre ce début 2011 pour que le roman, paru en 1912, tombe dans le domaine public et soit donc libre de droit. Voilà comment la course contre la montre a commencé pour les deux réalisateurs, dont l’adage pourrait être « le premier arrivé, le premier servi ».

Et c’est Yann Samuell qui ouvre le bal.
L’histoire se passe en 1960, dans un village dans le sud de la France. Une bande de garçons, les Velran, menée par l’intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Un combat sans merci qui dure depuis des générations. On se bat pour l’honneur et pour gagner, tous les moyens sont bons. Même s’il le faut, combattre nu comme un ver, ou pire, accepter l’aide de Lanterne – une fille ! – la nouvelle recrue de la bande, pleine de panache et d’ingéniosité. Mais il n’est pas facile d’être une armée de petits hommes sans se faire attraper par Papa et Maman ! Quand, après la bataille, on rentre à la maison, les vêtements en lambeaux et des boutons en moins, mieux vaut se faire discret…

Yann Samuell (Jeux d’enfant, L’âge de raison) apporte un soin tout particulier à donner à cette Guerre des boutons une douce saveur d’antan. Servie par une distribution convaincante – citons Tristan Vichard, l’adorable Tigibus, véritable coqueluche du film ou encore Fred Testot, génial en curé pudibond – cette comédie familiale fleure bon les souvenirs d’enfance, remplis de dessins à la craie dans la cour de récré, de tâches d’encre plein les doigts, de cabane faite de brindilles de bois, de pommes d’amour collantes, de guimauve et de boules de gomme.

L’univers de l’enfance y est dépeint avec justesse, cruel parfois mais surtout plein de tendresse. C’est le temps où l’insouciance apparaît comme ultime refuge face aux responsabilités grandissantes et où la solidarité prend tout son sens. C’est aussi le temps des premières amours, des premières déceptions, de la trahison, des interdits franchis, des rêves de liberté et d’indépendance, ces grands mots qui résonnent plein de promesse.

Samuell nous offre une version sympathique du roman de Pergaud, sans véritables surprises (la bande annonce résume parfaitement le film), mais avec quelques répliques en passe de devenir cultes chez les culottes courtes (« même pas peur !»). Un film qui plaira sans aucun doute aux enfants, petits et grands.

 Sortie le 14 septembre 2011.

Bande annonce

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