Les Derniers parisiens

424058.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxTout juste sorti de prison, Nas revient dans son quartier, Pigalle, où il retrouve ses amis et son grand frère Arezki, patron du bar Le Prestige. Nas est décidé à se refaire un nom et Le Prestige pourrait bien lui servir de tremplin…

Premier long métrage de Hamé Bourokba et Ekoué Labitey – membres du groupe de rap La Rumeur -, Les Derniers parisiens esquisse le portrait d’un quartier en pleine mutation, où la vie nocturne, imprévisible et colorée, s’aseptise peu à peu, où les petits commerces se font bouffer par la grosse distribution, où les artistes sans le sou ont disparu au profit de businessmen peu fréquentables et où le fol enthousiasme a cédé la place à une certaine mélancolie.

« Quand on a vu qu’un Starbucks remplaçait un célèbre sex-shop, on s’est dit qu’il y avait un basculement irréversible, décrit Ekoué. La vie est devenue tellement chère que, si quelques boutiques pour les touristes subsistent, beaucoup de gens qui faisaient de Pigalle un lieu pluriel, métissé et commerçant ont dû partir. Les Derniers parisiens est [notre façon de] dire quelque chose sur Paris, sur notre époque, le petit peuple et les gens de peu. »

Une intention louable, une idée originale, quelques trouvailles bien senties (des plans rapprochés, filmés « à hauteur d’hommes » pour mieux immerger le spectateur au coeur des déambulations du personnage principal) et au casting, l’impeccable Reda Kateb… le film avait de quoi réjouir. Malheureusement, le manque de maîtrise technique, le scénario confus qui mêle plusieurs histoires à la fois sans jamais en traiter une seule, les caractères trop superficiels des personnages – qui auraient pourtant mérité d’être creusés-, l’atmosphère couleur pastel là où les teintes franches voire criardes auraient été de meilleur effet, le langage souvent incompréhensible des personnages font que l’on survole le film sans jamais y entrer vraiment.

C’est bien dommage.

Sortie le 22 février 2017.

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La Fille de Brest

588230-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx« Devant un résultat surprenant, posez vous la question : Et si c’était vrai ? »

Pour son 5ème film, Emmanuelle Bercot (La Tête haute) adapte le livre d’Irène Frachon sur le scandale du Médiator et dresse le portrait d’une pneumologue devenue lanceuse d’alerte en découvrant les méfaits du coupe-faim fabriqué par les laboratoires Servier.

Suivant les conseils avisés de Catherine Deneuve, la réalisatrice a choisi l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen (découverte dans la série Borgen et césarisée cette année pour son rôle dans L’Hermine aux côtés de Fabrice Luchini) pour incarner cette « Erin Brockovich bretonne ». Cette dernière insuffle toute son énergie à ce film en luttant seule contre tous pour dénoncer les dangers de ce médicament.

Pour ne pas risquer un procès en diffamation – même si les laboratoires Servier ont été reconnus civilement responsables par le tribunal de grande instance de Nanterre en octobre 2015, l’affaire n’est pas encore jugée au pénal -, le film se concentre principalement sur le parcours et le combat d’Irène Frachon. Et c’est ainsi qu’en « bon petit soldat » moquée et méprisée par le corps médical, cette Fille de Brest va vaillamment mener bataille, se heurtant à l’hostilité et la puissance des laboratoires pharmaceutiques et mettant tout en œuvre pour défendre ses patients.

Malgré un sujet délicat, Bercot prend le parti de traiter la gravité et complexité du propos avec humour. A ses côtés, Sidse Babett Knudsen, impeccable et convaincante, restitue avec naturel le caractère haut en couleur d’Irène Frachon, aussi fantasque que pugnace.

Soucieuse d’un cinéma « réaliste », la réalisatrice, fille de chirurgien, n’épargne pas son public et lui inflige volontairement des scènes de chirurgie cardiaque d’une réalité brutale, afin de dénoncer la violence de la maladie et la souffrance physique ressentie par les patients.

Alliant ainsi l’énergie des thrillers américains à une certaine légèreté de ton, la Fille de Brest est un drame efficace et haletant, un film d’utilité publique qui permet de prendre conscience des scandales sanitaires, de plus en plus nombreux. Mais surtout, il rend hommage à une véritable héroïne des temps modernes.

Sortie le 23 novembre 2016.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

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La loi de la jungle

imageMarc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier GUYANEIGE : première piste de ski artificielle d’Amazonie destinée à relancer le tourisme en Guyane. De mésaventure en mésaventure, on lui affuble un coéquipier. Pas de chance c’est une pin-up. Pire : elle a du caractère.

Imaginez une histoire rocambolesque au fin fond de la pampa guyanaise où les personnages seraient les dignes héritiers des Charlots, le sergent Frank Drebin, l’agent Bob Sinclar, de Funès, Bourvil, Bud Spencer et Terence Hill… Bienvenue dans l’univers joyeusement foutraque et génialement déjanté d’Antonin Peretjako, qui nous avait déjà offert une sympathique caresse à rebrousse-poil avec la farfelue Fille du 14 juillet.

La Loi de la jungle reprend les mêmes ingrédients réjouissants : une ambiance empreinte de nostalgie – qui n’est pas sans rappeler les comédies des années 80 -, une mise en scène faussement désinvolte aux teintes surannées, des pauvres bougres qui multiplient les accidents de parcours et les rencontres saugrenues, un humour mêlant absurde et burlesque.

S’ajoutent ici des scènes de castagne irrésistibles, des gags à gogo servis par des dialogues affûtés, quelques instants romantiques plus ou moins alcoolisés, de l’aventure à foison, une course-poursuite insensée, une faune inquiétante et des acteurs au top de leur forme (dont les « héros » Vincent Macaigne, brillant clown pince-sans-rire, et Vimala Pons, merveilleuse Indiana Jones aux jambes interminables).

Voilà une satire socio-politique mordante et trépidante des plus savoureuses!

Sortie le 15 juin 2016.

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