L’épreuve

109836.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxRebecca est une photographe de guerre de renommée internationale. Alors qu’elle est en reportage en Afghanistan pour suivre un groupe de femmes qui préparent un attentat suicide, elle est gravement blessée par l’explosion d’une bombe. De retour chez elle en Irlande, pour se remettre de ce traumatisme, elle doit affronter une autre épreuve. Marcus, son mari et Stéphanie, sa fille aînée de 13 ans, ne supportent plus l’angoisse provoquée par les risques que son métier impose.
Rebecca, qui est déchirée entre les souffrances qu’elle fait subir à ses proches et sa passion de photoreporter, doit faire face à un ultimatum : choisir entre son travail et sa famille. Mais peut-on vraiment échapper à sa vocation, aussi dangereuse soit-elle ? Renoncera t-elle à couvrir ces zones de combats, et à sa volonté de dénoncer la tragédie humaine de son époque ?

Le dilemme « passion contre raison » est une thématique qui inspire bien souvent les cinéastes. Erik Poppe, ancien photographe reporter de guerre, ne déroge pas à la règle et puise dans son expérience pour illustrer le choix impossible que tente de faire son héroïne. A travers les interrogations de Rebecca, tiraillée entre la nécessité d’exercer son métier et la conscience de devoir préserver sa famille, Poppe aborde des questions universelles sous l’angle de l’intime.

Servie par une Juliette Binoche magistrale, L’Epreuve interroge sur les motivations de ce métier de reporter de guerre, intense, risqué, haletant, fonctionnant à l’adrénaline addictive. Un métier qui oscille entre le besoin de témoigner, d’exprimer une colère ou d’éveiller l’attention, et la fascination quasi-hypnotique, flirtant parfois avec l’indécence.

Poignant, agaçant, révoltant, L’Epreuve est un film aux multiples nuances, tenu malgré quelques longueurs, qui ne laisse pas indifférent.

Sortie le 6 mai 2015.

En marge du film, découvrez le site passionnant de Zoriah Miller photo-journaliste et consultant sur le film d’Erik Poppe.
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Calvary

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa vie du père James est brusquement bouleversée par la confession d’un mystérieux membre de sa paroisse, qui menace de le tuer. Alors qu’il s’efforce de continuer à s’occuper de sa fille et d’aider ses paroissiens à résoudre leurs problèmes, le prêtre sent l’étau se refermer inexorablement sur lui, sans savoir s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend…

Univers décalé et humour noir sont les maîtres mots de John Michael McDonagh, qui nous avait déjà régalés avec L’Irlandais, une comédie grinçante aussi corsée qu’une bonne Guinness sur un duo de flics improbable et explosif.

Pour son deuxième long métrage, le cinéaste a souhaité pousser la noirceur à son extrême, dépeignant des personnages narquois, désabusés et irrécupérables avec un cynisme glaçant.

Calvary est une histoire de pardon aussi pittoresque que déroutante, à la tonalité désespérée, qui se distingue par une photographie sublime et un casting parfait. Le merveilleux Brendan Gleeson (Bons baisers de Bruge, L’Irlandais...) y déploie tout son talent dans le rôle du prêtre « condamné », en lutte contre ses propres démons et se dépatouillant comme il peut au milieu de ses « brebis galeuses ». Un personnage attachant et émouvant qui vient contrebalancer le pessimisme ambiant du film, dont la violence de certaines scènes aurait pu être évitée.

McDonagh signe une comédie dramatique aux allures de polar qui marque les esprits par son atmosphère froide et cinglante mais dont le propos aigre et sarcastique finit à la longue par être pesant.

En salles le 26 novembre 2014.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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