Men, women & children

359221.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMen, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs.

Après s’être intéressé à la grossesse non-désirée d’une jeune fille de 16 ans cynique et pleine d’esprit (Juno), Jason Reitman (Last days in Summer, In the Air) aborde à nouveau la question de l’adolescence à travers l’omniprésence des nouvelles technologies et des dérives qu’elles engendrent.

Adapté du roman de Chad Kultgen, Men, Women & Children traite à la fois de sujets intimes et universels et multiplie les points de vue en esquissant une galerie de personnages hétéroclites.

De la mère ultra-protectrice au père dépassé par l’isolement soudain de son fils, de la mère complice qui franchit les limites de l’acceptable pour assouvir son désir de notoriété aux parents démissionnaires qui ont remplacé l’amour par la cohabitation, ce film choral se focalise sur le choc des générations avec un humour acerbe mêlant ironie et incompréhension.

« Le film s’attache à un groupe de parents et d’adolescents évoluant dans ce monde nouveau dans lequel on essaie tous de se repérer, où les médias sociaux donnent un accès instantané aux réflexions de chacun ainsi qu’à ce que l’on fait et voit. Tout est question de connexion. […] Mais qu’en est-il de l’intimité? » s’interroge Reitman.

Malgré un casting soigné et le caractère dramatique de cette « comédie sociétale » crue, qui se veut réaliste, Men, Women & Children livre un portrait glacial et désolant dont on ressort avec un certain malaise et un « à quoi bon » déroutant.

Sortie le 10 décembre 2014.

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Dallas Buyers Club

007448.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx1986, Dallas, Texas. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson ; c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

Matthew McConaughey est un homme de défis. Un « performer »  de talent capable d’incarner un personnage antipathique au possible – en l’occurrence, un péquenot au cerveau étriqué, accessoirement junkie, homophobe, ringard et bêcheur – qui réussit à émouvoir les spectateurs par son désir de vivre. L’acteur qui se fit connaître du grand public grâce à sa musculature de rêve élargit depuis quelques temps sa palette de jeu, s’affirmant dans des rôles inattendus, plus denses et plus complexes.

Dans Dallas Buyers Club, McConaughey signe sa plus belle prestation, tout en progression, tour à tour rebutant, étonnant, fascinant et finalement terriblement émouvant. De ses frêles épaules, il porte haut le film de Jean-Marc Vallée – inspiré d’une histoire vraie -, aidé par l’insaisissable Jared Leto, qui interprète avec maestria Rayon, un transsexuel séropositif dont l’excentricité cache à peine les fêlures profondes, grâce à qui Ron va élargir ses horizons.

Une double performance sidérante, un scénario tenu, des propos puissants teintés d’humour noir et une réalité faite d’absurdités sont autant de qualités qui font de Dallas Buyers Club un film réussi. Mais ce que l’on en retient avant tout, c’est l’histoire d’une belle aventure humaine.

Sortie le 29 janvier 2014.

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