Hitch, quand Truffaut affronte Hitchcock

aff_6951367140937Eté 1962. François Truffaut part à la rencontre de son idole, Alfred Hitchcock, avec la ferme intention de lui dédier un livre. Le jeune cinéaste ne se doute pas qu’il met le doigt dans un engrenage impitoyable. Débarquant à Hollywood avec insouciance, il se retrouve accusé du meurtre de celui qu’il admire tant et est mis sur le gril sans pitié. Le voici pris au dépourvu, confus, hésitant, tel un héros hitchcockien pris au piège dans une inconfortable position.

Le début d’un malentendu… ou la fin. Car faire la connaissance de « Monsieur Hitch », le plus grand manipulateur que le cinéma ait connu, mais aussi celle de son épouse Alma, son « ombre » indispensable et indissociable, se mérite et requiert une sacrée dose de patience… et d’humour!

Avec une jubilation évidente, Alain Riou (critique de cinéma et réalisateur) et Stéphane Boulan ont écrit à quatre mains cette pièce de théâtre (film 2012) pleine de fantaisie et de profondeur relatant la rencontre inattendue de deux monuments du cinéma, dont les entretiens seront réunis dans ce qui deviendra l’une des références incontournables des cinéphiles (Hitchcock/Truffaut, ou Le Cinéma selon Alfred Hitchcock).

L’enquête policière vire peu à peu aux petites confidences, la suspicion cède la place à la confiance jusqu’à voir naître une amitié de longue durée, le discours timide se fait passionné sur des sujets ô combien partagés par le « maître du suspense » et par l’un des fondateurs de la « Nouvelle Vague » : les considérations esthétiques, le style employé, la façon de faire un meilleur film,la place de la critique, le respect du public… et bien sûr, l’amour inconditionnel pour les actrices.

La mise en scène sobre et élégante de Sébastien Grall révèle un trio d’acteurs en tout point parfaits qui s’échangent des répliques savoureuses dans une atmosphère tantôt mystérieuse tantôt chaleureuse pour tenter de percer le « langage d’émotions » du cinéma hitchcockien.

Un huis clos sans artifice, délicieusement diabolique, terriblement passionnant.

Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 20 Mai 2013 (distribué par Les films du paradoxe).

Pour découvrir des extraits, rendez-vous sur le site de Cinetrafic

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Les Saveurs du palais ++

« Il est une heure où se rencontrent

Tous les grands vins dans un festin

Pomard en souriant regarde

Glisser le doux Brand-Mouton

Nul ne dit à Latour : « Prends garde! »

Pas même le bouillant Corton. »


Éloges de la cuisine française
. Tel est le titre du livre de recettes composé par Edouard Nignon, un poète hédoniste et fin gourmet, dont sont issus ces quelques vers. Tel pourrait être également le sous-titre du nouveau film de Christian Vincent, où l’art culinaire est à l’honneur pour le plus grand plaisir de nos papilles.

Hortense Laborie est une cuisinière réputée qui vit dans le Périgord. A sa grande surprise, le Président de la République la nomme responsable de ses repas personnels au Palais de l’Élysée. Malgré les jalousies des chefs de la cuisine centrale, Hortense s’impose avec son caractère bien trempé. L’authenticité de sa cuisine séduira rapidement le Président, mais dans les coulisses du pouvoir, les obstacles sont nombreux…

Librement inspiré de l’histoire de Danièle Delpeuch, première femme chargée de cuisiner les plats de François Mitterrand à l’Élysée, Les Saveurs du palais est une ode à la gastronomie française, présentée comme un art de vivre.

Pain de viande et ses petits légumes, chou farci au saumon, boeuf de Coutancie, pâté de foie gras, brouillade de cêpes au cerfeuil, jonchée rochefortaise, tarte pâtissière aux fruits rouge, Saint-Honoré à la crème mémé… la merveilleuse Catherine Frot s’amuse à faire chanter les assiettes, à défendre les produits du terroir, à respecter les saisons, et met toute sa grâce, son charme un tantinet désuet et sa classe irrévérencieuse au service du goût, de l’authentique et de la simplicité. Elève de Danièle Delpeuch pendant une semaine, elle reconnaît avoir appris « le plaisir des gestes, des couleurs et des formes de la nourriture ».

Face à cette cuisinière hors-pair au phrasé aussi précis que sa technique, un jeune premier à l’élégance inégalée, au regard malicieux, à l’allure insolente : Monsieur Jean d’Ormesson, qui fait ses premiers pas sur grand écran en prenant un plaisir infini à former avec Catherine Frot ce duo jouissif qui lève le voile sur les « cuisines » du pouvoir du 55 faubourg Saint-Honoré.

Christian Vincent livre un film généreux, à la mise en scène parfois inégale mais au scénario soigné, « concocté » par Etienne Comar (Des Hommes et des dieux).

Un joyeux délice qui régalera les gastronomes, les gourmets et tous les gourmands.

A savourer sans modération!

En salle depuis le 19 septembre 2012.

La bande annonce

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