Calvary

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa vie du père James est brusquement bouleversée par la confession d’un mystérieux membre de sa paroisse, qui menace de le tuer. Alors qu’il s’efforce de continuer à s’occuper de sa fille et d’aider ses paroissiens à résoudre leurs problèmes, le prêtre sent l’étau se refermer inexorablement sur lui, sans savoir s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend…

Univers décalé et humour noir sont les maîtres mots de John Michael McDonagh, qui nous avait déjà régalés avec L’Irlandais, une comédie grinçante aussi corsée qu’une bonne Guinness sur un duo de flics improbable et explosif.

Pour son deuxième long métrage, le cinéaste a souhaité pousser la noirceur à son extrême, dépeignant des personnages narquois, désabusés et irrécupérables avec un cynisme glaçant.

Calvary est une histoire de pardon aussi pittoresque que déroutante, à la tonalité désespérée, qui se distingue par une photographie sublime et un casting parfait. Le merveilleux Brendan Gleeson (Bons baisers de Bruge, L’Irlandais...) y déploie tout son talent dans le rôle du prêtre « condamné », en lutte contre ses propres démons et se dépatouillant comme il peut au milieu de ses « brebis galeuses ». Un personnage attachant et émouvant qui vient contrebalancer le pessimisme ambiant du film, dont la violence de certaines scènes aurait pu être évitée.

McDonagh signe une comédie dramatique aux allures de polar qui marque les esprits par son atmosphère froide et cinglante mais dont le propos aigre et sarcastique finit à la longue par être pesant.

En salles le 26 novembre 2014.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

L’Irlandais ++

Gerry Boyle est un flic flegmatique et solitaire, amateur de Guinness, de poésie et de prostituées à ses heures perdues. En poste dans un village bien tranquille du comté de Galway, sur la côte irlandaise, il passe ses journées à faire respecter la loi… au pub local. Malheureusement pour lui, des trafiquants de drogue ont jeté leur dévolu sur cette région endormie pour en faire la base de leurs opérations. Le village va bientôt se retrouver au cœur d’une intervention anti-drogue de grande envergure menée par le FBI. Les mauvaises nouvelles n’arrivant jamais seules, Boyle doit désormais composer avec Wendell Everett, un super agent du FBI déterminé et maniaque dépêché sur place. Certes, les procédures de l’élite du FBI diffèrent de celles du flic bedonnant, peu zélé et politiquement incorrect. Mais après tout, la méthode locale pourrait bien fournir des résultats inattendus…

Un flic à l’allure faussement débonnaire qui excelle dans son boulot autant que dans la descente de pintes (Bredan Gleeson), un novice fraîchement débarqué de Dublin qui disparaît mystérieusement (Rory Keenan), un agent du FBI à l’humour apathique (Don Cheadle), un Sherlock Homes en culotte courtes passionné d’armes à feu, une vielle dame sur le déclin intriguée par l’utilisation de quelques substances illicites, des méchants qui manient flingues et cynisme avec autant de dextérité, et des cadavres de-ci de-là… Bienvenue chez John Michael McDonagh, un cinéaste à l’univers décalé teinté d’humour noir, qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Martin McDonagh, réalisateur de Bons Baiser de Bruges. Ainsi, chez les frères McDonagh, on prend un malin plaisir à jouer avec les clichés admis. L’Irlandais ne déroge pas à la règle et fait des poncifs traditionnels sa toile de fond : au pays des leprechaun, on est bourru, on boit, on met un point d’honneur à parler gaélique et on n’aime pas trop les étrangers (surtout les Dublinois).

Le spectateur se régale des aventures de ce tandem de choc (des cultures !), qui s’inscrit dans la lignée des duos de flics improbables – Riggs et Murtaugh, Sinclair et Wilde, Boiron et Lesbuche (Les Ripoux) -, mené tambour battant par l’agent Gerry Boyle, un ours mal léché au cœur tendre qui aimerait « fonder une famille un jour, au lieu de [se] taper des putes et de picoler ».

Bien que le rythme fasse parfois défaut, le film de John Michael McDonagh, qui a remporté le Prix du public au dernier Festival du film britannique de Dinard, laisse un goût fort en bouche, légèrement âpre de prime abord, comme pour mieux révéler un bouquet corsé aux notes douces amères… A savourer comme une Guinness. Et comme on dit là-bas : Slainte !

Sortie le 21 décembre 2011.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS