La Belle et la Meute

Lors d’une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

« N’abandonne pas tes droits ». Cette réplique que Youssef invoque avec vigueur à Mariam résonne encore, une fois passé le générique de fin. Inspiré d’une histoire vraie, La Belle et la meute évoque un sujet d’une intolérable actualité. Mais en abordant des thèmes sociétaux et politiques sous l’angle du thriller, la réalisatrice Kaouther Ben Hania parvient à insuffler une puissance inouïe à son récit écrit avec concision.

Construit en forme de puzzle, le film retrace l’absurde parcours du combattant que la victime doit mener pour faire entendre ses droits. Filmé caméra à l’épaule, le drame gagne en tension, porté par une mise en scène anxiogène à souhait, où les ellipses racontent plus que les mots ou les images. Porté par l’interprétation ciselée de Mariam Al Ferjani, héroïne tragique et courageuse, La Belle et la Meute révolte, émeut, bouleverse.

Un film engagé, militant, d’une absolue nécessité, qui dénonce une odieuse réalité, et qu’il faut voir au plus vite.

Sortie le 18 octobre 2017.

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Les Optimistes

092880.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx« Les Optimistes » est le nom d’une équipe de volley norvégienne hors du commun : les joueuses ont entre 66 et 98 ans ! Bien que ces mamies sportives n’aient pas joué un seul vrai match en 30 ans d’entraînement, elles décident de relever un grand défi : se rendre en Suède pour affronter leurs homologues masculins. Mais avant cela, il faut broder les survêtements, trouver un sponsor, convaincre l’entraîneur national de les coacher, mémoriser les règles qu’elles ont oubliées, se lever au petit matin pour aller courir… Croyez-les : être sénior est une chance, et ces « Optimistes » la saisissent en plein vol !

Des regards pétillants, des visages qui s’illuminent de sourires, heureux, serein, malicieux, des éclats de rire qui tintinnabulent et une quiétude commune qui ne masque nullement les inquiétudes de la vie. Voici les « Optimistes », des athlètes en goguette, qui rappellent que vieillir est loin d’être une fatalité.

La caméra de Gunhild Westhagen Magnor se fait douce et discrète pour mettre en lumière ces femmes merveilleuses, débordantes d’énergie, malgré les « bobos » du quotidien, le corps qui faiblit ou la maladie, sournoise et pernicieuse.

Il y a Lillemor, 88 ans, la fondatrice du club de volley pour sénior, qui carbure à la levure de poisson depuis une vingtaine d’années. Birgit, 68 ans, gère la « boîte à boxe » qui pénalise toutes celles qui confondent le ballon avec un punching ball lors des moments de frustration, et rêve avec humour de participer au JO de Londres grâce aux couronnes collectées. Irma, 66 ans, fait office de capitaine de l’équipe et aime s’exercer au hula-hoop en cuisinant. Eldbjorg, 89 ans, partage l’un des nombreux moments complices avec son mari en improvisant une séance de chatouilles, mais râle contre les broderies en forme de rosettes dont on veut affubler les survêtements. Goro,98 ans, travaille sa souplesse entre deux fournées de biscuits et combat avec conviction un putain de « crabe » qui essaye de gagner du terrain : « je ne mourrai pas du cancer. ça ne me ressemble pas! » confie-t-elle comme une évidence.

Gunhild Westhagen Magnor nous offre une galerie de portraits surprenants et émouvants en portant un regard tendre et bienveillant sur ses femmes au caractère affirmé, joviales et solidaires, qui n’ont pas peur du temps qui passe et semblent même avoir trouvé la clef du bonheur : profiter du présent.

« C’était super. On s’est bien amusé » clame l’une des joueuses à l’issue du match. Une réplique emblématique,  qui reste en tête à l’issue de ce bien joli film…

Sortie le 29 avril 2015.

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Le Grand Musée

289327.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxQui n’a jamais rêvé de se glisser derrière le rideau, de passer « de l’autre côté du miroir » et de découvrir ainsi la « face cachée » d’un musée prestigieux ? Satisfaire la curiosité des amoureux de la culture, telle est la noble intention de Johannes Holzhausen, qui livre un documentaire passionnant sur les dessous du Kunsthistorisches Museum.

Le Grand musée pose un regard curieux et plein d’humour sur les coulisses de l’un des plus grands musées au monde, le Musée de l’Histoire de l’Art à Vienne. A l’occasion de la rénovation d’une aile du musée, le film nous plonge au coeur de cette institution colossale et nous fait partager l’intimité de ses employés.

Directeur général, conservateurs, équipes de nettoyage, manutentionnaires ou historiens d’art, tous passionnés et passionnants, nous entraînent dans leur quotidien, au service des oeuvres…

Qu’il s’agisse de la politique de l’établissement où rien est laissé au hasard (on choisit la police de caractère d’une offre promotionnelle avec la même minutie que lorsque l’on manipule une pièce du Trésor  impérial ), du fonctionnement parfois absurde du musée (le témoignage d’une gardienne qui s’étonne de ne jamais avoir été présentée à ses collègue en onze ans de carrière est à la fois drôle et effarant), du combat frustrant que livre le service des acquisitions lors d’une scène de vente aux enchères contre de richissimes particuliers, de la délicatesse que portent les restaurateurs à un tableau de maître afin de lui redonner une nouvelle jeunesse ou de la terreur que font régner les mites destructeurs, de l’euphorie enfantine que partagent un technicien et le directeur du British Museum face à une miniature d’un vaisseau royal, ou qu’il s’agisse encore de la réorganisation casse-tête d’une salle récemment rénovée, Le Grand Musée fait briller sous les projecteurs ceux qui font battre le coeur d’un établissement culturel.

On peut regretter le côté entendu du documentaire, ce malgré le souhait de « transparence totale » que formule la direction du musée (il est évident que filmer ce que le public ne voit habituellement pas requiert un minimum de précaution en termes d’images et de communication). Toutefois, le documentaire d’Holzhausen a le mérite de mettre en avant l’humain au service de l’art et de l’histoire, et de donner à voir tout le somptueux de ce musée qui s’apparente à un joyau dans un écrin.

Sortie le 4 mars 2015.

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