Les Rois du monde

112323.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCasteljaloux, village du sud-ouest de la France. Entre amitié, ivresse et plaisir du verbe, les hommes y sont « Les Rois du monde ».

Chantal et Jeannot s’aiment. Beaucoup. Passionnément. A la folie. Cette folle passion conduit Jeannot en prison. Chantal, meurtrie, se reconstruit peu à peu avec Jacky, le boucher du village, mais ne peut se résoudre à oublier Jeannot. Quand celui-ci sort de prison, il n’a qu’une seule idée en tête : reconquérir l’amour de sa vie. Voici une histoire d’amour à trois, fusionnelle, intense, déraisonnable, ineffable.

Homme de théâtre, Laurent Laffargue choisit, pour son premier long métrage, de revisiter le mythe du triangle amoureux et fait de ses Rois du monde une tragédie grecque aux allures de western.

Impétueux et exaltés, les héros semblent se débattre comme des diables pour changer le cours de leur histoire, pour s’évader de leur bourgade aux allures de « prison à ciel ouvert » et échapper à l’issue qui s’annonce fatale.

Il se dégage de ce film peu commun quelque chose de fragile et d’une puissance inouïe, à l’image de la délicate Céline Sallette, dont l’intensité de jeu épate autant qu’il séduit. A ses côtés, Sergi López et Eric Cantona, saisissants dans le rôle des « frères » ennemis, apparaissent comme le parfait négatif l’un de l’autre.

A ce trio d’acteurs brillants s’ajoutent des choix de mise en scène pertinents, du huis-clos anxiogène à l’atemporalité du film. Le résultat est étonnant, souvent déroutant, et profondément singulier.

Sortie le 23 septembre 2015.

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Miele

21023741_20130731172823471.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxIrene vit seule dans une maison au bord de la mer non loin de Rome. Son père et son amant la croient étudiante. En réalité, sous le nom de code MIELE, elle aide clandestinement des personnes en phase terminale à mourir dignement en leur administrant un barbiturique puissant. Un jour elle procure une de ces doses mortelles à un nouveau « client », Monsieur Grimaldi. Elle découvre cependant qu’il est en parfaite santé mais qu’il veut en finit avec la vie. Bien décidée à ne pas être responsable de ce suicide, elle va tout faire pour l’en empêcher.

Pour son premier long métrage, l’actrice Valeria Golino (Rain Man, Respiro) ne choisit pas la facilité en adaptant le roman d’Angela del Fabbro, Vi perdono, s’intéressant à l’accompagnement en fin de vie de malades condamnés. Un sujet délicat traité avec pudeur et délicatesse, dénué de tout jugement.

Miele met en scène une jeune femme solitaire et insaisissable, amoureuse d’un homme marié, un brin paumée, qui mène une double vie savamment rodée. Etudiante en thèse, elle passe son temps à nager, à rendre visite à son père, à fréquenter son amant… et à effectuer discrètement des escapades ponctuelles au Mexique afin de s’approvisionner en anesthésiants pour chiens, des doses létales qui serviront  à euthanasier ses clients, rencontrés par le biais d’un « ami ». Miele leur explique alors le mode opératoire, prépare la concoction fatale, demande une dernière fois au malade s’il est sûr de son choix, puis le laisse avaler la ciguë.

Quelles sont les raisons qui ont poussé la jeune femme à s’improviser « accompagnatrice dans la mort »? Un altruisme discutable? Des nécessités financières? Les motivations sont floues. Qu’importe. Le cours de l’histoire se trouve fortement perturbé par ce nouveau client bien portant mais prêt à tout pour mettre fin à ses jours. Une décision à l’encontre de l’éthique de la jeune femme, résolue à redonner goût à la vie au vieil homme. Une amitié improbable va naître alors.

Sélectionné cette année à Cannes dans la section « Un Certain regard », ce drame émeut autant qu’il interroge. Malgré quelques longueurs, l’interprétation bouleversante de Jasmine Trinca (révélée par Nanni Moretti), la subtilité de la mise en scène baignée d’une douce lumière et la difficulté de ce sujet abordé avec retenue et finesse font de Miele un très beau premier film qui résonne en chacun de nous.

Sortie le 25 septembre 2013.

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Medianeras ++

Buenos Aires. Trois millions d’habitants.

Mariana et Martin vivent dans le même quartier, dans des immeubles voisins séparés par des murs aveugles (les « medianeras »). Ils fréquentent les mêmes lieux, se croisent souvent mais ne se remarquent jamais. Comment peuvent-ils se rencontrer dans cette ville qui à la fois, les rassemble et les éloigne ?

Pour son premier long métrage, Gustavo Taretto met en scène une fable urbaine drôle et rafraîchissante sur la vie moderne dans les grandes villes, tantôt ironique, tantôt absurde. A travers cette comédie romantique fort sympathique, le réalisateur argentin illustre ce que Racine constatait quelques siècles plus tôt : « C’est dans les villes les plus peuplées que l’on peut trouver la plus grande solitude ». C’est pourquoi Taretto a choisi de bâtir son film sur quatre piliers aux accents citadins : la ville, la solitude, l’angoisse et la quête amoureuse.

En observant les destins de Martin (Javier Drolas, aux faux airs de Robert Downey Jr), créateur de sites web et agoraphobe repenti, et de Mariana (la sublime Pilar Lopez de Ayala), architecte rêveuse et claustrophobe, se croiser, se recroiser et peut-être enfin s’entrecroiser, on ne peut qu’avoir un gros coup de cœur pour ce duo de protagonistes touchant et juste.

Bien loin des fanfreluches hollywoodiennes à la sauce guimauve, Medianeras se révèle sincère, enthousiasmant, rempli de poésie, teinté d’espoir. Que demander de plus ?!

Sortie en DVD le 6 décembre 2011.

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