Victoria

545138-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxVictoria, c’est le portrait d’une avocate débordée, mère célibataire de deux fillettes qui tente de jongler entre sa vie privée et sa vie professionnelle.

Le film s’ouvre sur la démission soudaine du baby-sitter-homme-à-tout-faire. S’ensuivent de multiples épreuves auxquelles l’héroïne doit faire face : l’appel à l’aide d’un ami (Melvil Poupaud), accusé d’une tentative de meurtre, qui souhaite qu’elle assure sa défense ; la lutte contre la vindicte de son ex-mari, écrivain en mal d’inspiration, auteur d’un blog « autofictionnel » qu’il nourrit de leur vie commune ; mais surtout la spirale infernale dans laquelle la jeune femme semble s’embourber. Elle tente alors de trouver les réponses à ses névroses dans les cartes d’une voyante, les aiguilles d’un acuponcteur ou dans les bras d’un amant d’un soir, sans succès.

Les frontières se brouillent, la vie privée se mêle au professionnel, l’intime se confond avec le travail, les talents d’oratrice autrefois convaincants deviennent sans effet,bref, la machine s’enraye.

Désespérée, Victoria va jusqu’à embaucher un ancien dealer (Vincent Lacoste) qu’elle a défendu pour s’occuper de ses filles… et accessoirement d’elle-même.

Après La Bataille de Solférino Justine Triet traite à nouveau de la lutte d’une mère célibataire dans Victoria. Pour incarner cette mère dépassée par les événements, la réalisatrice a judicieusement choisi Virginie Efira, qui tour-à-tour se révèle lumineuse, fantasque, débordée, perdue, pathétique mais toujours vaillante !

Ainsi, même si « cette comédie désespérée mais joyeuse » ne répond pas à toutes les questions existentielles qu’elle soulève, que sa fin laisse songeur et que certains personnages secondaires sont traités de manière assez inégale, elle a le mérite d’allier le burlesque à la mélancolie et surtout de brosser le portrait d’une héroïne des temps modernes : la femme d’aujourd’hui !

Sortie le 14 septembre 2016.

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La Bataille de Solférino

aff_712748201401061615266 mai 2012, deuxième tour des élections présidentielles. Laetitia, journaliste télé, doit couvrir l’événement au cœur de la foule, rue de Solférino. C’est également le jour où Vincent, son ex, débarque, sûr de son droit de visite, pour revoir ses deux petites filles. C’est parti pour la bataille !
Autour d’eux, les gamines déchaînées, un baby-sitter submergé, un nouveau mec légèrement « pot de colle », un avocat misanthrope, la jubilation et la détresse des français. Aujourd’hui, c’est dimanche, tout s’emmêle, rien ne va plus…

Pour son premier long métrage, Justine Triet met en scène le quotidien sans dessus dessous d’un couple – ou du moins, ce qu’il en reste – qui se livre une guerre sans merci sur fond d’actualité électorale.

Sans complaisance ni fioriture, la cinéaste capte ses personnages sur le vif, dans une urgence permanente, qu’il s’agisse de la mère dépassée par les événements et angoissée de voir son ex imprévisible débarquer à l’improviste (Laëtitia Dosch), du père à la fois attendrissant et terrible dans ses excès de colère, bouleversé par le fait d’être privé de la garde de ses enfants (Vincent Macaigne), du baby-sitter sous payé qui ne semble pas comprendre grand choses à la situation…

Embarqué dans ce tourbillon effréné, le spectateur assiste à ce vaste bazar, fascinant et effarant, où l’intime se fait aussi anxiogène que l’extérieur.

C’est là le point fort de La Bataille de Solférino :  filmer la petite histoire au service de dans la grande – à moins que ce ne soit l’inverse – comme pour mieux en révéler les interactions. Ce mélange des genres, Triet le conçoit comme « une façon de dire que notre vie à une toile de fond, et que les événements se contaminent, ce qu’il y a de plus intime avec ce qui appartient à tout le monde ».

Ce que l’on retient surtout de ce film à mi-chemin entre le documentaire et la comédie sociale est ce brouhaha permanent, ce rythme excessif, cette incompréhension entre les personnages qui nous font souvent perdre pied.

Une bataille épique, fastidieuse, hystérique et exaspérante dont on ressort éreinté.

 

La Bataille de Solférino, film français de Justine Triet, en DVD depuis le 1er avril 2014 (distribué par Shellac).

Une sélection de tous les meilleurs films de 2013 est à retrouver sur le site www.cinetrafic.fr

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Paris Cinéma : le Palmarès

6991Lundi soir se clôturait le Festival Paris Cinéma dans une ambiance « festivale » : sous un soleil qui nous a tant manqués, l’humeur ne pouvait être qu’à la fête!

Pendant une dizaine de jours, les spectateurs ont eu l’occasion d’apprécier – en exclusivité – une sélection de neuf longs métrages en compétition, de découvrir les pépites du cinéma belge, de participer aux hommages rendus à Alain Robbe-Grillet, à William Kentridge, au « street art », et tout simplement, de retrouver « la magie de la salle obscure, du grand écran et vivre ainsi une expérience collective unique et inoubliable » selon les bons mots de Charlotte Rampling, présidente du festival.

Cette onzième édition, des plus éclectiques, a récompensé les quatre films suivants :

Prix du public : La bataille de Solférino de Justine Triet (sortie le 18 septembre)

Prix du jury du magazine Grazia : Eka et Natia, chronique d’une jeunesse géorgienne de Nana Ekvtimishvili et Simon Groß (sortie le 27 novembre)

Prix du jury des blogueurs et du Web : Prince Avalanche de David Gordon Green (sortie en janvier 2014)

Prix du jury des étudiants : Kid de Fien Troch (notre coup de coeur, qui n’a pas encore trouvé de distributeur en France)

Autre bonne nouvelle : la fête se prolonge aujourd’hui encore!
Plus d’infos sur le site de Paris Cinéma

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