L’Atelier

 Après avoir porté sa caméra dans une salle de classe, Laurent Cantet, adepte des récits d’apprentissage, fait d’un atelier d’écriture un lieu de réflexion et d’initiation.

En plein cœur de l’été, Olivia (Marina Foïs), écrivain reconnu, mène cet atelier d’écriture, composé d’un petit groupe de jeunes  en réinsertion. Le but recherché est l’élaboration d’un roman noir dont l’intrigue se situe dans l’historique chantier naval de La Ciotat. La recherche pédagogique, tout comme les errements de la création, sont restitués avec un réalisme saisissant.

Au cours des échanges animés, l’un des protagonistes se démarque par des propos provocateurs. Il s’agit d’Antoine (Matthieu Lucci), jeune loup solitaire biberonné aux jeux vidéo et aux images ultra violentes. A la fois effrayée et intriguée par le comportement du jeune homme, Olivia tente d’en savoir davantage à son sujet, puisant ainsi une nouvelle matière à son propre roman.

Dès lors, un jeu du chat et de la souris s’instaure entre le jeune homme en rupture et l’écrivain en manque d’inspiration, les amenant à s’espionner mutuellement. L’intrigue rondement menée place le spectateur sous haute tension et atteint son paroxysme lors d’une scène aux bords de la falaise.

Partisan d’un cinéma du réel, Laurent Cantet réunit une fois encore un casting de non professionnels des plus inspirés pour incarner ces jeunes en réinsertion. Le cinéaste signe là un portrait de groupe d’une belle sensibilité à travers un récit d’une rare intensité dramatique.

En salles le 11 octobre 2017.

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Festival Biarritz Amérique latine

24e-fest_biarritz-753x1024No de Pablo Larrain, Operacion E de Miguel Courtois Paternina, La Nana de Sebastian Silva ou encore Los Nuevos Salvajes de Damián Szifrón… autant de films exaltants révélés au cours des différentes éditions du festival Biarritz Amérique latine, devenu une référence pour le cinéma latino-américain.

Pour célébrer sa 24e édition, le festival a choisi de mettre à l’honneur l’Equateur, un pays où la production cinématographique se développe depuis ces dix dernières années et où le cinéma se conjugue au pluriel. L’occasion de découvrir le documentaire El lugar donde se juntan los polos de Juan Martín Cueva, qui porte un regard distancié sur l’exil, Silencio en la tierra de los sueños de Tito Molina, qui dénonce la solitude de la vieillesse, ou encore La muerte de Jaime Roldós de Lisandra Rivera et Manolo Sarmiento qui questionne le rôle de l’oubli dans l’histoire de l’Amérique latine.

En marge du festival, des expositions autour de l’Equateur, des concerts (dont le très attendu Toquinho, la légende brésilienne de la bossa nova), des cours de danse, des rencontres littéraires avec l’écrivain chilien Luis Sepúlveda et l’argentin Alan Pauls (également président du jury) viennent rythmer cette semaine biarrote placée sous le signe de la découverte et de l’éclectisme.

Quant aux films en compétition pour le fameux « Abrazo » du meilleur film, la programmation s’annonce une fois encore aussi exigeante qu’enthousiasmante. Citons Le Ciel du Centaure de l’argentin Hugo Santiago, avec Malik Zidi, ode à Buenos Aires ; Ixcanul-Volcan, premier film du guatémaltèque Jayro Bustamante, l’histoire d’une jeune fille qui tente d’échapper à un mariage forcé ; La Dictadura perfecta, dernier volet de la trilogie satirique du mexicain Luis Estrada ; Aspirantes du brésilien Ives Rosenfeld, portrait d’un jeune footballeur dont la carrière va être remise en question…

Sous le charme de ce festival de qualité, à la fois lieu de découvertes, de rencontres, de rêves et de réflexions, Des Films et des Mots a souhaité donner un coup de projecteur sur cette manifestation majeure. Nous avions eu la chance de rencontrer l’an passé Lucile de Calan, chargée de la programmation, à l’issue de la 23e édition qui mettait à l’honneur le Mexique.
Nous vous invitions à découvrir cet entretien en cliquant ici.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du festival !

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