Polluting Paradise +

20533910.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEn 2006, Fatih Akin tourne la scène finale de son film De l’autre côté à Çamburnu, village natal de ses grands-parents au nord-est de la Turquie, où les habitants vivent depuis des générations de la pêche et de la culture du thé, au plus près de la nature.
Il entend alors parler d’une catastrophe écologique qui menace le village : un projet de décharge construite dans un mépris total de l’environnement et contre lequel s’élèvent le maire et les habitants. Il décide de lutter par ses propres moyens.
Pendant plus de cinq ans, il filme le combat du petit village contre les puissantes institutions et témoigne des catastrophes inéluctables qui frappent le paradis perdu : l’air est infecté, la nappe phréatique contaminée, des nuées d’oiseaux et des chiens errants assiègent le village. Pourtant, chaque jour, des tonnes d’ordures sont encore apportées à la décharge….

Polluting Paradise est à la fois un portrait remarquable de la population turque des campagnes, et un émouvant plaidoyer pour le courage civique.

Néanmoins, si l’on reconnaît la sincérité de l’engagement de Fatih Akin à travers ce documentaire, l’attention toute particulière qu’il porte à chaque spectateur ou acteur de cette catastrophe écologique – et humaine – finit par diluer le propos initial dans un flot de témoignages interminables, pas toujours pertinents.

La narration tourne en rond et complique bien souvent la compréhension des enjeux sous-jacents. Dommage car un tel hommage à ces villageois solidaires dans la lutte quotidienne pour retrouver leur paradis perdu et pour défendre leurs droits aurait mérité un traitement plus efficace.

Sortie le 29 mai 2013.

 

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La Proie

L’un de paradoxes qui se présente lorsque l’on propose une critique d’un film est de constater à quel point il paraît simple d’écrire sur une histoire qui ne nous a pas convaincue alors que porter aux nues un film épatant relève de la torture.

Alors, évidemment, en sortant de la salle de projection encore toute essoufflée d’avoir traqué La Proie, l’enthousiasme est au rendez-vous. « Epoustouflant», « incroyable », « du pur génie », « fort » sont quelques uns des adjectifs qui viennent alors à l’esprit. Pourtant, ces qualificatifs restent faibles face aux diverses sensations procurées par la dernière petite merveille d’Eric Valette (Une Affaire d’Etat).

L’histoire est celle de Franck Adrien (Albert Dupontel, en très grande forme), un braqueur qui s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, Jean-Louis Morel, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Un scénario bien ficelé autour d’une intrigue particulièrement musclée, du rythme à vous couper le souffle, une maîtrise du suspense digne du grand Verneuil (Peur sur la Ville), une tension qui ne retombe jamais, des personnages placés dans une urgence permanente, restituée par des scènes de poursuite d’une intensité remarquable – qu’il s’agisse de traverser une fenêtre d’un immeuble, de remonter l’autoroute au pas de course ou de sauter sur un train en marche… Valette et ses comparses n’ont rien laissé au hasard pour emmener le spectateur au coeur d’un thriller des plus palpitants.

Quant à la distribution des plus prestigieuses, on ne peut que saluer Albert Dupontel qui livre une interprétation magistrale, tout en densité et en clair-obscur. L’acteur prouve une fois encore qu’il excelle dans n’importe quel registre. A ses trousses, Alice Taglioni, que l’on retrouve après trois ans d’absence sur nos écrans, est impeccable de retenu dans ce rôle des plus physiques. Dans la peau du tueur en série tendance manipulateur, Stéphane Debac est absolument effrayant de perversité sous ses airs débonnaire.

Le réalisateur explique : « Avec Luc Bossi et Laurent Turner -les scénaristes-, nous étions d’accord sur la nécessité de faire cohabiter la dimension du pur divertissement avec une complexité dramatique et psychologique. Je souhaitais pouvoir offrir un vrai film d’action, « d’entertainement », sans oublier le fond et l’émotion ». Pari gagné!

La Proie est un film d’action « made in France » comme on aimerait en voir plus souvent, dont le héros n’a rien à envier à un Jason Bourne, à un John McClane ou à un Franck Martin…

Cocorico !

Sortie en DVD le 17 août 2011.

Bande annonce


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