2 automnes 3 hivers

21012177_20131004132320341.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxA 33 ans, Arman a décidé de changer de vie. Pour commencer, il court. C’est un bon début. Amélie poursuit la sienne (de vie) et court, elle aussi. La première rencontre est un choc. La seconde sera un coup de couteau en plein cœur. Ce sera le début de leur aventure.
Benjamin est le meilleur ami d’Arman. Un soir, il s’écroule dans une haie de laurier et se retrouve lui aussi à l’hôpital. Un grave accident qui pourtant fera son bonheur.
Durant 2 automnes et 3 hivers, dans les vies d’Amélie, d’Arman et de Benjamin se succèdent les rencontres, les accidents et beaucoup d’histoires (d’amour, mais pas que…).

Avec tendresse et fantaisie, Sébastien Betbeder filme ce « tourbillon de la vie » qu’aimait chanter Jeanne Moreau, où se mêlent l’inattendu, les éclats de rire, les combats, les accidents de parcours, les incertitudes, les décisions à prendre, les moments heureux, les instants complices, l’incompréhension, les retrouvailles, l’espoir…

Le cinéaste révèle avoir voulu rendre compte d’une « humeur commune à toute une génération : Nous aimons différemment en 2013, nous pensons différemment la mort. Nous sommes de moins en moins insouciants. Tout cela est troublant, angoissant parfois. »

Mais loin de céder au discours cynique, Betbeder préfère la poésie pour mettre en scène ses personnages touchant par leur justesse de caractère : Armand, l’anti-héros au coeur tendre; Amélie, la petite fée lumineuse aux questions existentielles ; Benjamin, le sage en apprentissage perpétuel.

Construit en chapitres, cette comédie romantique surprend par l’originalité de sa mise en scène, dans laquelle les personnages brisent parfois le cadre de la narration en faisant des monologues face à la caméra, comme pour mieux interpeller le spectateur, quelque peu déstabilisé.

Un film complètement improbable, joliment décalé et terriblement sincère pour qui nous avons eu un gros coup de coeur!

Sortie le 25 décembre 2013.

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Je suis supporter du Standard +

20540811_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPour Milou, le football est une véritable drogue, une religion qu’il pratique en fanatique, se faisant un devoir de contribuer personnellement, et par tous les moyens, à la victoire de son équipe : le Standard de Liège. Mais sa rencontre avec Martine va lui donner une bonne raison de décrocher…

Pour son premier long métrage, Riton Liebman met en scène une comédie douce-amère pour traiter de l’addiction et de ses conséquences. Un thème délicat que le réalisateur a choisi de tourner en dérision en racontant sa propre histoire.

S’inspirant de l’univers décalé de Woody Allen et des couleurs bigarrées mêlant l’humour aux tonalités dépressives qu’utilise Alexander Payne, Liebman réussit un film tout en retenue, tour à tour drôle, exaspérant et sincère.

Le spectateur se plaît à suivre le personnage de Milou (Liebman) dans sa prise de conscience face à sa passion footbalistique dévastatrice, dans ses doutes, dans son amour naissant avec la jolie Martine (irrésistible Léa Drucker) et dans ses rapports familiaux complexes entre une mère psy infantilisante (géniale Michèle Moretti), un frère à qui tout semble réussir, forcément dévalorisant et un patron omniprésent qui se prend pour le père de substitution (le sympathique Jackie Berroyer). A travers cette tentative de « désintoxication » d’un autre genre, Milou, cet anti-héros pour qui l’on a bien du mal à compatir au début de l’histoire, apparaît peu à peu comme une figure fort sympathique et ô combien attachante.

Il est vrai que le film tourne parfois en rond, qu’il souffre d’un problème de rythme dans plusieurs scènes et  que la partie « comédie » et la partie « dramatique » manquent de fluidité.

Malgré tout, Je suis supporter du Standard offre de jolis moments, tout en tendresse et en pudeur.  

Sortie mercredi 29 mai 2013.

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Polluting Paradise +

20533910.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEn 2006, Fatih Akin tourne la scène finale de son film De l’autre côté à Çamburnu, village natal de ses grands-parents au nord-est de la Turquie, où les habitants vivent depuis des générations de la pêche et de la culture du thé, au plus près de la nature.
Il entend alors parler d’une catastrophe écologique qui menace le village : un projet de décharge construite dans un mépris total de l’environnement et contre lequel s’élèvent le maire et les habitants. Il décide de lutter par ses propres moyens.
Pendant plus de cinq ans, il filme le combat du petit village contre les puissantes institutions et témoigne des catastrophes inéluctables qui frappent le paradis perdu : l’air est infecté, la nappe phréatique contaminée, des nuées d’oiseaux et des chiens errants assiègent le village. Pourtant, chaque jour, des tonnes d’ordures sont encore apportées à la décharge….

Polluting Paradise est à la fois un portrait remarquable de la population turque des campagnes, et un émouvant plaidoyer pour le courage civique.

Néanmoins, si l’on reconnaît la sincérité de l’engagement de Fatih Akin à travers ce documentaire, l’attention toute particulière qu’il porte à chaque spectateur ou acteur de cette catastrophe écologique – et humaine – finit par diluer le propos initial dans un flot de témoignages interminables, pas toujours pertinents.

La narration tourne en rond et complique bien souvent la compréhension des enjeux sous-jacents. Dommage car un tel hommage à ces villageois solidaires dans la lutte quotidienne pour retrouver leur paradis perdu et pour défendre leurs droits aurait mérité un traitement plus efficace.

Sortie le 29 mai 2013.

 

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