Quelques minutes après minuit

287491_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxConor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

Après L’Orphelinat (film d’épouvante) et The Impossible (mélodrame inspiré de faits réels), Juan Antonio Bayona s’intéresse à la littérature enfantine et porte sur grand écran le roman de Patrick Ness, Quelques minutes après minuit.

Inquiétant et onirique, ce conte fantastique aborde les peurs enfantines, le délicat passage à l’adolescence, le rapport de l’enfance à la mort. Mais au lieu de traiter ces questions frontalement, Bayona s’amuse à brouiller les pistes et mêle réel et imaginaire, horreur et merveilleux.

Le récit se fait alors initiatique à travers l’irruption de l’arbre-monstre dans le quotidien du jeune Conor, qui a grandi trop vite pour prendre soin de sa mère malade. Au gré de leurs rendez-vous nocturnes, le monstre, aussi terrifiant que bienveillant, invite le garçon à méditer sur les histoires qu’il vient lui conter chaque soir. Mais l’issue de ces rencontres s’annonce inéluctable pour Conor, amené à affronter sa plus grande peur.

Servi par un casting impeccable (Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones), Quelques minutes après minuit séduit par son esthétique poétique – qui n’est pas sans rappeler celle du Labyrinthe de Pan ou du  Bon gros Géant, alternant prises de vue réelles et séquences animées de toute beauté. S’ajoutent un propos plein de sagesse dénué des traditionnels poncifs moralisateurs, un imaginaire foisonnant, terrible et merveilleux et une atmosphère mystérieuse propice à l’aventure. Le charme opère.

Sortie le 4 janvier 2017.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Le Prophète

407903.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSur l’île fictionnelle d’Orphalese, Almitra, une petite fille de huit ans, rencontre Mustafa, prisonnier politique assigné à résidence. Contre toute attente, cette rencontre se transforme en amitié. Ce même jour, les autorités apprennent à Mustafa sa libération. Des gardes sont chargés de l’escorter immédiatement au bateau qui le ramènera vers son pays natal. Sur son chemin, Mustafa partage ses poèmes et sa vision de la vie avec les habitants d’Orphalese. Almitra, qui le suit discrètement, se représente ces paroles dans des séquences oniriques visuellement éblouissantes. Mais lorsqu’elle réalise que les intentions des gardes sont beaucoup moins nobles qu’annoncées, elle fait tout son possible pour aider son ami. Arrivera-t-elle à le sauver ?
Adapté du livre éponyme du poète libanais Khalil Gibran, Le Prophète est un film d’animation singulier, un conte philosophique illustrés par différents courts métrages empreints de lyrisme.
Orchestré par Roger Allers (Le Roi Lion), Le Prophète offre une jolie réflexion sur la liberté, l’amour, le mariage, les enfants, le travail, le bien et le mal, le corps et la mort. Chaque notion est développée dans un court métrage réalisé par différents artistes (Joann Sfar, Bill Plympton, Nina Palley, Mohammed Harib, Paul et Gaëtan Brizzi…), chacun insufflant un peu de son univers à ce long poème métaphorique sur « les grandes questions de l’existence ».
Sublimé par la musique de Gabriel Yared (Le Patient anglais), Le Prophète séduit par son esthétique picturale particulière et élégante, sa tonalité imagée, son rythme délicat, son côté atemporel et ses propos pleins de sagesse incitant à la réflexion.
Néanmoins, on regrette que ce conte philosophique, dont l’ensemble pâtit de la qualité inégale des courts métrages, se perdre parfois dans des considérations trop abstraites.
Sortie le 2 décembre 2015.
Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

La Grande aventure Lego

21061838_20131128144957302.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEmmet, petit personnage banal et conventionnel, est pris par erreur pour un être extraordinaire, « le spécial » capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné parmi d’autres dans un périple des plus mouvementés dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote un tantinet maniaque, Lord Business. Mais le pauvre Emmet se retrouve vite dépassé par la mission qu’il doit accomplir !

Vous souvenez-vous de vos 10 ans (à quelques années près)? Cette époque où vous laissiez libre cours à votre imagination débridée, où de multiples univers étaient à créer au moyen de briques multicolores à empiler, où de petits personnages à tête jaune évoluaient dans des maisons à toit ouvert, des cachettes secrètes en forme de grottes d’un autre genre, sur des vaisseaux spatiaux intergalactiques ou des sous-marins ultra-sophistiqués dotés d’une salle de jeux dernier cri (à 10 ans, on a un certain sens de la priorité)?

En réalisant La Grande aventure Lego, Phil Lord et Chris Miller rendent hommage à cette époque où la créativité n’avait aucune limite, et mettent en scène un film d’animation complètement dingue – entièrement composé d’éléments Lego – mêlant aventure, action et comédie.

Pour accomplir sa périlleuse mission qui le conduira de Bricksburg au Far West et jusqu’au pays des nuages, Emmet, l’anti-héros attendrissant, pourra compter sur l’aide précieuse de Cool-Tag, une sorte de ninja intrépide aux cheveux colorés, d’un Batman plus égocentrique qu’il n’y paraît, de Vitrivius, un sorcier vétéran aux prédictions erronées, de Benny l’astronaute, sorti tout droit des années 80, d’Unikitty, le chat-licorne acidulé qui voit la vie en rose et de Barbe d’acier, un pirate déjanté au corps en forme de couteau suisse.

L’occasion de croiser également Abraham Lincoln, Wonder Woman, Gandalf, Dumbledore, SuperMan, Green Lantern, Robin des Bois, Michelangelo, Shaquille O’Neal… alias les « maîtres constructeurs », sans oublier le Méchant flic/Gentil flic, un personnage génialement schizophrène qui va donner pas mal de fil à retordre à nos héros.

Merveilleusement régressif, purement jouissif et ô combien brillant, La Grande aventure Lego nous replonge avec une fantaisie communicative dans l’imaginaire de notre enfance. Une parenthèse enchanteresse!

Sortie le 19 février 2014.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS