Un Début prometteur

050294_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMartin, désabusé pour avoir trop aimé et trop vécu, retourne chez son père, un horticulteur romantique en fin de course. Il y retrouve Gabriel, son jeune frère de 16 ans, exalté et idéaliste, qu’il va tenter de dégoûter de l’amour, sans relâche. Mais c’est sans compter Mathilde, jeune femme flamboyante et joueuse, qui va bousculer tous leurs repères…

Il émane de ce Début prometteur un parfum subtilement envoûtant dont la note de fond serait chagrin et la note de tête serait l’espoir. Adapté du roman de Nicolas Rey (également co-scénariste du film), cette comédie dramatique possède un certain charme, évanescent, mélancolique, lumineux.

Pour son deuxième long métrage, Emma Luchini révèle avoir eu envie « d’illustrer ces moments où, dans la vie, au milieu d’un événement banal, la rencontre d’une personne peut nous faire basculer dans quelque chose d’un peu magique. […] Le film parle avant tout de ça : d’âge, d’illusion, d’enchantement, de désenchantement. »

Pour interpréter ces frères au tempérament contraire, Luchini a choisi le jeune Zacharie Chasseriaud (Deux temps Trois mouvements), parfait en coeur d’artichaut, et Manu Payet, que l’on prend plaisir à découvrir dans un nouveau registre. Tout en retenu, l’acteur surprend et séduit dans le rôle de l’anti-héros à la dérive. Quant à l’envoûtante Veerle Baetens (Alabama Monroe), elle tire son épingle du jeu par son interprétation virevoltante et sa voix d’or à faire chavirer les coeurs (la scène où elle entonne Mes hommes de Barbara peut même venir tirer quelques larmes).

Ajoutez à cela une mise en scène soignée (la scène tournée la nuit dans le jardin de Giverny se révèle magique et quasi-irrélle), des dialogues ciselés, une bande son sublime et des personnages filmés avec douceur et bienveillance, et vous obtiendrez un bien joli film signée par une cinéaste qui promet, elle aussi !

Sortie le 30 septembre 2015.

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Gemma Bovery

326431.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMartin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, c’est l’occasion rêvée de se mêler au destin de ces personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Un visage gracieux clairsemé de touches de rousseur, une bouche pulpeuse qui croque dans un quignon de pain avec une gourmandise communicative, un regard de chat qui vous hypnotise, des courbes affriolantes qui se dessinent sous des petites robes légères, une voix mutine qui se fait tour à tour grave et charmeuse, une gestuelle tout en sensualité (pétrir une boule de pain relève désormais du fantasme de bien des spectateurs)… Charnelle et voluptueuse, Gemma Arterton est Gemma Bovery, jeune londonienne pleine de fraîcheur qui va bien vite chercher à tromper l’ennui dans les bras d’un bel amant, au grand dam du boulanger (Fabrice Luchini, évidemment parfait), voisin un tantinet intrusif qui s’improvise narrateur fantasque de cette histoire romanesque pour notre plus grand plaisir.

Adapté du roman illustré de Posy Simmonds (auteur de Tamara Drewe, également incarnée à l’écran par Miss Arterton), Gemma Bovery est une comédie noire pleine de verve aux dialogues percutants qui souligne avec une ironie plaisante les travers de chaque personnage (de l’héroïne un brin naïve à l’apollon pleutre en passant par la bourgeoise bêcheuse ou le mari crédule).

Un régal à voir et à écouter. Mais trêve de mots, place au film!

En salles le 10 septembre 2014.

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