Tristesse Club

200011.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSi vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les soeurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets : bienvenue au club!

Premier long métrage de Vincent Mariette, Tristesse Club met en scène trois personnages en quête d’eux-mêmes, en quête d’autrui, et de tant d’autres choses.

Il y a Léon (formidable Laurent Lafitte), le frère aîné pathétique, star du tennis déchue, mari volage, père lamentable, un « has been » misérable et endetté qui reproduit malgré lui le schéma paternel. Il y a aussi Bruno (insaisissable Vincent Macaigne), trentenaire bonhomme et faussement nonchalant, un anti-Dom Juan esseulé et introverti qui a lancé avec succès un site de rencontres. Enfin, il y a Chloé (Ludivine Sagnier, tout en clair obscur), la soeur cachée pétillante et lumineuse qui, sous ses airs angéliques, va jouer les trublions et venir perturber le « non-ordre » établi…

A travers le portrait croisé de ces trois personnages entaillés aux allures d’oisillons tombés du nid, Mariette nous conte « l’histoire d’une famille qui se crée ». Des références cinématographiques multiples (on pense évidemment à La Famille Tenenbaum de Wes Andersen, influence revendiquée par le cinéaste, mais aussi à Margot at the Wedding ou à Frances Ha de Noah Baumbacha voire aux frères Coen ou à Jim Jarmusch), une esthétique léchée aux couleurs qui frôlent parfois la saturation, une musique lancinante signée Rob (Belle épine de Rebecca Zlotowski, Horns d’Alexandre Aja…) et une maîtrise des genres qui permet à Mariette de mêler les genres, passant du polar au drame teinté de tragédie grecque, et de faire rimer tristesse et tendresse, suspense et allégresse, mélancolie et comédie.

Bercés par cette ambiance follement drôle et drôlement maussade, nous voici sous le charme de cette « mélo-comédie » un brin prévisible, mais ô combien brillante et inventive.

Sortie le 4 juin 2014.

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Un Monstre à Paris ++

Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille (Vanessa Paradis), la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Pour sa première réalisation française, Eric Bergeron (La Route d’Eldorado, Gang de requins) restitue le Paris de la Belle Epoque avec une élégance et un enthousiasme avérés. C’est dans cette atmosphère pleine de charme et de gaieté qu’une galerie de personnages haut en couleur évolue, entre péripéties loufoques et mélodies poétiques. Ainsi, pour échapper au terrible préfet, Francoeur, le monstre au cœur tendre et à la voix d’or, peut compter sur la talentueuse Lucille et sur ses amis : Emile (Sébastien Desjours), le projectionniste amoureux dont la timidité maladive le paralyse face à la jolie Maud (Ludivine Sagnier), et Raoul (Gad Elmaleh), le livreur multi-services à la gouaille sans pareille, inséparable de sa fidèle Catherine (une camionnette qui recèle bien des gadgets).

Courses poursuites endiablées entre Montmartre et la Tour Eiffel, humour déjanté et refrains entêtant nous transportent dans cette fantaisie musicale enjouée aux multiples références.

L’esthétique du réalisateur mêlant finesse du trait et caricatures grossières – à mi-chemin entre Sylvain Chomet et Pete Docter – séduit l’œil et l’imagination du spectateur, qui se retrouve plongé au cœur de la capitale aux accents oniriques directement inspirés de l’univers de Mathieu Chédid (qui prête sa voix à Francoeur et a composé les chansons du film).

En résumé, Eric Bergeron signe un film d’animation rythmé et plein de tendresse, tout simplement jubilatoire.

Sortie le 12 octobre 2011.

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