Juste la fin du monde

081608-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAprès douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

Adapté de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde a fait couler beaucoup d’encre depuis son Grand Prix au dernier Festival de Cannes. D’un côté, les inconditionnels de la première heure, considérant Xavier Dolan comme une sorte d’enfant prodige du cinéma. De l’autre, les sceptiques, revenus d’un cinéma répétitif qui finit par s’essouffler.

Soit, le cinéaste réunit un casting prestigieux : Gaspard Ulliel y campe le fils adulé,  Nathalie Baye la mère complètement hystérique, Vincent Cassel est l’aîné, une brute épaisse tordue (figure récurrente chez Dolan) mariée à une Marion Cotillard craintive et effacée, et Léa Seydoux prête ses traits à la cadette paumée en rébellion. Néanmoins, aussi réputés que soient ces acteurs, le manque de direction de jeu est évident, chacun surjouant des personnages caricaturaux à la limite du grotesques.

La caméra de Dolan – que l’on a connu bien plus inspirée – filme donc à nouveau la famille dysfonctionnelle aux caractères outranciers, enfermée (une fois encore) dans un huis-clos foutraque aux plans resserrés jusqu’à nous estourbir.

Quant à la mise en scène habituellement recherchée, elle souffre ici d’un classicisme inintéressant, et se complaît dans un conformisme paresseux. Il ne reste de cette Fin du monde qu’un psychodrame grossier, tapageur, bruyant et éreintant.

Sortie le 21 septembre 2016.

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Macbeth

409557.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxXIème siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

Adapter l’une des pièces majeures de l’oeuvre shakespearienne est un projet hardi qui a inspiré des cinéastes de renom tels Roman Polanski ou Orson Welles. Un pari risqué que le cinéaste Justin Kurtzel (Les Crimes de Snowtown) a tenté de relever en adoptant « un point de vue beaucoup plus moderne et cinématographique » selon les dires du producteur Iain Canning.

Texte original, prestations toute en puissance d’acteurs impeccables (qu’il s’agisse du couple Fassbender/Cotillard ou de Sean Harris, qui interprète un Macduff saisissant), parfaite restitution de l’atmosphère lourde et angoissante de la pièce… Tels sont les points forts de la version de Kurtzel. Pour le reste, c’est Shakespeare à Hollywood.

S’il y a de bonnes idées de mise en scène, on se lasse vite des artifices employés à l’usure (ralentis répétitifs, incises et ellipses confuses, esthétique abusive). De même, le cinéaste s’accorde quelques libertés pas toujours inspirées au regard du chef-d’oeuvre de Shakespeare (le suicide de Lady Macbeth, le rôle amoindri des sorcières…).

Il est regrettable que Kurtzel n’ait pas réussi a trouver le juste équilibre entre sobriété et magnificence. Nul besoin de verser dans le grand spectacle quand il s’agit de rendre hommage au maître Shakespeare. La puissance des mots se passe de toute fioriture visuelle.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Sortie le 18 novembre 2015.

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Terre des Ours ++

21060852_20131126161242325.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxKamtchatka. Cette terre à l’état sauvage située en Extrême-Orient russe est le royaume des ours bruns. Au fil des saisons, chacun a ses préoccupations : la mère doit nourrir et protéger ses oursons qui veulent explorer le monde avec l’insouciance de leur jeunesse. Un ours tout juste sorti de l’enfance doit trouver sa place dans le monde adulte et gagner son autonomie. Enfin, le mâle doit constamment défendre son territoire et imposer sa force. Bienvenue sur la Terre des Ours…

Filmer au plus près le quotidien de ces mammifères solitaires faussement débonnaires au caractère parfois redoutable dans des conditions extrêmes (les températures avoisinant parfois les -30°C), respecter le cycle de ces ours qui s’étend sur quatre saisons, des huit mois d’hibernation aux quatre mois de pêche intensives, donner à voir leur enfance insouciante et le difficile passage à l’âge adulte où seuls les plus forts survivront, et restituer les sensations provoquées par les « frémissements d’une nature en plein réveil au printemps, l’explosion de la végétation en été, les herbes flottantes dorées par le froid comme par le soleil »… tel est le défi relevé brillamment par Guillaume Vincent et son équipe pour nous offrir ce documentaire animalier en 3D de toute beauté.

Une merveilleuse invitation au voyage à l’autre bout du monde sous forme de conte joliment narré par Marion Cotillard et sublimement illustré.

Sortie le 26 février 2014.

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