De retour chez ma mère

239720.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAimeriez-vous retourner vivre chez vos parents ? À 40 ans, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l’appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de Scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table et de mener sa vie… Chacune va devoir faire preuve d’une infinie patience pour supporter cette nouvelle vie à deux. Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, coups bas et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire. Mais il est des explosions salutaires. Bienvenue dans un univers à haut risque : la famille !

Il y avait la « génération Tanguy », il y a désormais la « génération boomerang », ces adultes qui n’ont pas d’autre solution que de retourner chez leurs parents après une séparation ou un licenciement. Un sujet en or pour Eric Lavaine qui, avec Retour chez ma mère, traite, sous couvert de fait de société, des liens familiaux.

Jalousies fraternelles, enfantillages, traditionnels règlements de compte autour de la table (un classique des comédies familiales), incompréhension générationnelle, prises de bec, mais aussi solidarité, tendresse, réconfort… et sexualité des séniors ! Tout y passe dans ce film sympathique résolument contemporain dans lequel chacun se reconnaîtra.

Porté par un trio de comédiennes irrésistibles (Josiane Balasko, Alexandra Lamy et Mathilde Seigner), Retour chez ma mère multiplie situations cocasses et  jeux de mots inspirés pour notre plus grand plaisir. Un divertissement sans chichi dont on ressort de bonne humeur.

Sortie le 1er juin 2016.

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En mai fais ce qu’il te plaît

375951.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l’Angleterre…

Pour son quatrième long métrage, Christian Carion (Une Hirondelle a fait le printemps) porte à l’écran l’exode de tout un village durant la deuxième guerre mondiale, inspiré par les récits que sa mère lui contait inlassablement durant son enfance. « Paradoxalement, ma mère m’a dit que c’était un des plus beaux mois de sa vie. Le plus chaud du 20e siècle aussi ! Ils dormaient à la belle étoile. Elle était éclaireuse sur son vélo, comme l’institutrice dans le film. Comme elle, ma mère n’a pas toujours raconté ce qu’elle voyait. C’était un monde renversé. Mais pour quelqu’un qui avait 14 ans à l’époque cela avait quelque chose de formidable. J’ai essayé de toujours garder en mémoire cette énergie, cette envie de vivre, qui nous ont guidés à l’écriture du film », explique-t-il.

Raconter l’Histoire à travers l’intime est un procédé souvent employé comme structure narrative. Pour dépeindre ce que fut ce terrible départ perçu comme nécessaire afin d’éviter les bombardements ou l’insupportable occupation, Carion pose sa caméra à l’intérieur du village et s’attache à borsser le portrait de ses habitants : il y a Paul (Olivier Gourmet), paysan et maire du village, figure paternelle et protectrice, et Mado (Mathilde Seigner) son épouse, la patronne du bistrot, vaillante et droite ; Suzanne (Alice Isaaz), l’institutrice réservée qui va peu à peu apprendre à s’affirmer et faire preuve de courage ; Albert (Laurent Gerra), un bon vivant passionné par les grands crus qui loupe le départ de ses camarades ; Roger (Jacques Bonaffé), l’agriculteur revêche qui finit par se rallier aux décisions du village…

Et puis il y a aussi Hans (August Diehl), le réfugié allemand, lui-même exilé, considéré comme un traître par les Allemands et comme un espion par les Français ; et Percy (Matthew Rhys), l’intrépide soldat écossais qui porte haut les couleurs de sa patrie.

Autant de personnages courageux, solidaires et résolus, en proie aux doutes, mais résistants face à l’adversité. Avec sobriété, Carion raconte le déracinement, la perte, la peur, l’espoir mais aussi l’héroïsme.

On peut reprocher au film son côté convenu, son cadre parfois trop strict voire ses quelques scènes maladroites où la sensibilité verse dans la sensiblerie (on pense par exemple aux retrouvailles attendues du père et de son fils). En Mai fais ce qu’il te plaît est surtout une chronique touchante sublimée par la musique d’Ennio Morricone qui rappelle une fois encore l’importance du devoir de mémoire.

Sortie le 4 novembre 2015.

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La Guerre des boutons

Comme nous l’avions évoqué dans un post précédent, la rentrée cinématographique 2011 s’annonce particulièrement chargée. Les festivals se succèdent (Venise, Deauville), chacun se distinguant par leur programmation des plus attrayantes (Polanski, Clooney, Cronenberg, Garrel and Co à la Mostra, Maryam Keshavarz – également en compétition au Festival Paris Cinéma -, Tony Kaye, mais aussi les derniers Ferrara, Redford, Van Sant… en avant-première sur les côtes normandes). Autant dire que ça se bouscule sur nos écrans. De quoi nous réjouir ? Presque. Car il y a comme une légère ombre au tableau. Passons sur le fait que la majorité des films jugés moins rentables dès le premier jour de leur sortie est amenée à disparaître des salles obscures en –beaucoup !- moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Intéressons-nous plutôt à ce choix ô combien surprenant de la part des distributeurs de mettre en concurrence deux adaptations du roman de Louis Pergaud, La Guerre des boutons – d’autant plus quand il existe déjà un film mémorable signée par le grand Yves Robert.

Il semblerait que Yann Samuell et Christophe Barattier avaient en tête depuis quelque temps de réaliser leur propre version du roman de Pergaud. Or, il a fallu attendre ce début 2011 pour que le roman, paru en 1912, tombe dans le domaine public et soit donc libre de droit. Voilà comment la course contre la montre a commencé pour les deux réalisateurs, dont l’adage pourrait être « le premier arrivé, le premier servi ».

Et c’est Yann Samuell qui ouvre le bal.
L’histoire se passe en 1960, dans un village dans le sud de la France. Une bande de garçons, les Velran, menée par l’intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Un combat sans merci qui dure depuis des générations. On se bat pour l’honneur et pour gagner, tous les moyens sont bons. Même s’il le faut, combattre nu comme un ver, ou pire, accepter l’aide de Lanterne – une fille ! – la nouvelle recrue de la bande, pleine de panache et d’ingéniosité. Mais il n’est pas facile d’être une armée de petits hommes sans se faire attraper par Papa et Maman ! Quand, après la bataille, on rentre à la maison, les vêtements en lambeaux et des boutons en moins, mieux vaut se faire discret…

Yann Samuell (Jeux d’enfant, L’âge de raison) apporte un soin tout particulier à donner à cette Guerre des boutons une douce saveur d’antan. Servie par une distribution convaincante – citons Tristan Vichard, l’adorable Tigibus, véritable coqueluche du film ou encore Fred Testot, génial en curé pudibond – cette comédie familiale fleure bon les souvenirs d’enfance, remplis de dessins à la craie dans la cour de récré, de tâches d’encre plein les doigts, de cabane faite de brindilles de bois, de pommes d’amour collantes, de guimauve et de boules de gomme.

L’univers de l’enfance y est dépeint avec justesse, cruel parfois mais surtout plein de tendresse. C’est le temps où l’insouciance apparaît comme ultime refuge face aux responsabilités grandissantes et où la solidarité prend tout son sens. C’est aussi le temps des premières amours, des premières déceptions, de la trahison, des interdits franchis, des rêves de liberté et d’indépendance, ces grands mots qui résonnent plein de promesse.

Samuell nous offre une version sympathique du roman de Pergaud, sans véritables surprises (la bande annonce résume parfaitement le film), mais avec quelques répliques en passe de devenir cultes chez les culottes courtes (« même pas peur !»). Un film qui plaira sans aucun doute aux enfants, petits et grands.

 Sortie le 14 septembre 2011.

Bande annonce

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