Chavela Vargas

De Frida Kahlo à Pedro Almodovar, artiste inspirante et inspirée, ce récit composé d’images rares révèle une femme à la vie iconoclaste et d’une modernité saisissante.
Figure de proue de la musique mexicaine Ranchera, Chavela Vargas, restera à jamais empreinte de récits et de légendes. Chavela s’est elle vraiment glissée tard dans la nuit dans les chambres des maris pour leur voler leur femme?
S’est elle vraiment enfuie avec Ava Gardner au mariage de Elisabeth Taylor? Avant son retour triomphant en Espagne grâce au soutien et à l’admiration de Pedro Almodovar, elle avait arrêté de chanter pendant si longtemps que les gens avaient cru qu’elle était morte. Vêtue comme un homme, fumant et buvant comme un homme, portant un pistolet, Chavela a toujours eu à coeur d’affirmer sa liberté, sa singularité, son identité et sa passion pour la musique et les textes engagés.

Il est des figures emblématiques qui restent mystérieusement méconnues aux yeux du grand public. Il est aussi, fort heureusement, des cinéastes merveilleusement inspirés qui contribuent à réparer les injustices. Les réalisatrices Catherine Gund et Daresha Kyi sont de celles qui prennent la caméra pour mettre en lumière des étoiles oubliées.

Artiste porto-ricaine née en 1919, Chavela Vargas est devenue une légende de la musique mexicaine, une icône féministe. Celle qui « synthétisait toute l’âme mexicaine dans ses chansons » incarnait la liberté, l’anticonformisme. Elle portait des pantalons et les cheveux courts, fumait le cigare, pouvait passer ses nuits à descendre des verres de tequila, aurait côtoyé les plus grandes stars hollywoodiennes et séduit les femmes des diplomates qui assistaient à ses concerts. Chavela Vargas a écrit sa propre histoire. Elle chantait comme les hommes des mélodrames d’amour destinées aux femmes (la musique « ranchera »). Séductrice, insouciante, l’amoureuse rebelle connaît pourtant une longue traversée du désert à la fin des années 70… avant de renaître de ses cendres à l’âge de 62 ans.

Présenté au dernier festival de Berlin, Chavela Vargas est un documentaire passionnant qui retrace le destin unique de cette figure historique, décédée en 2012, quelques semaines après un ultime concert à Madrid où elle présentait son dernier album.

Construit en trois temps – une interview filmée en 91, des entretiens avec ses proches et des images d’archives -, ce film, d’une structure classique, parvient à faire oublier sa forme comme pour mieux en révéler le fonds : le portrait d’une femme entière, généreuse et égoïste, aimante et solitaire, qui n’a eu de cesse de chanter « pour toutes les femmes du monde ». Un hommage sublime et émouvant à une artiste éternelle.

Sortie le 15 novembre 2017.

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La légende de Manolo

197854.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDepuis la nuit des temps, au fin fond du Mexique, les esprits passent d’un monde à l’autre le jour de la Fête des Morts. Dans le village de San Angel, Manolo, un jeune rêveur tiraillé entre les attentes de sa famille et celles de son cœur, est mis au défi par les dieux. Afin de conquérir le cœur de sa bien-aimée Maria, il devra partir au-delà des mondes et affronter ses plus grandes peurs. Une aventure épique qui déterminera non seulement son sort, mais celui de tous ceux qui l’entourent.

Réalisée par Jorge R. Gutierrez, La Légende de Manolo se présente comme un conte pour enfants plein d’entrain et de fantaisie écrit autour de l’amitié, de la bravoure, de la mémoire et des traditions.

Au coeur de l’intrigue, Manolo, un chanteur contrarié destiné à perpétuer la grande lignée familiale des toréadors ; Joaquin, un intrépide soldat moustachu bien décidé à honorer la mémoire de son père en devenant justicier ; et la belle Maria, une jeune femme indépendante, érudite et courageuse, qui ne s’en laisse pas conter.

Il y a aussi un cochon qui se prend pour un chien, une poule qui caquette des bulles de savon, des mariachis écervelés, une grand-mère caustique qui aime pratiquer l’humour cinglant, des dieux légèrement intrusifs et terriblement joueurs, une médaille d’immortalité, une bande de voleurs-pilleurs qui sème la terreur dans la ville, des morts au caractère joyeux, un grand-père bourré de rhumatismes qui perd littéralement la tête, des tubes d’Elvis, de Radiohead ou de Rod Stewart revisités sur des airs latinos, de l’humour à foison, de l’aventure, du folklore, des péripéties rocambolesques…

Colorée, fantasque et passionnante, La Légende de Manolo séduit par sa galerie de personnages truculents, son esthétisme vive et saturée si caractéristique du style mexicain, sa tonalité festive, et l’hommage rendu aux disparus.

« Le Jour des Morts, qui sert de toile de fond à l’histoire, est une philosophie. Il s’appuie sur la croyance que tant que l’on perpétue le souvenir des morts, que l’on raconte leur histoire, que l’on cuisine leurs plats et que l’on entonne leurs chansons, alors ils sont toujours près de nous » explique le réalisateur.

Gutierrez signe là une comédie familiale drôle et pétillante, que l’on découvre avec grand plaisir.

Sortie le 22 octobre 2014.

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