Braquage à l’italienne

Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires – ou presque –, la retraite, c’est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l’action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l’impensable : braquer la banque qui les a ruinés !

Après le magique Garden State et le poétique Le Rôle de ma vie, Zach Braff (inénarrable JD de la série Scrubs) nous régale d’une nouvelle comédie irrésistible dont il a le secret.

Au vu de son casting, Braquage à l’ancienne s’avère d’emblée prometteur : l’élégance à l’anglaise de Sir Michael Caine, le charme malicieux de Morgan Freeman et la grogne savoureuse d’Alan Arkin. La complicité des trois protagonistes fonctionnent à merveille dans cette comédie sociale qui dénonce avec mordant le sort réservé aux retraités.

Si le scénario, quoique bien écrit, est plutôt convenu, Zach Braff signe une partition sans réelles fausse note, rythmée et ponctuée de quelques répliques bien senties et de situations cocasses.

Voici une comédie pleine de tendresse aux allures de polar rondement mené, dont on ressort avec le sourire.

Sortie le 3 mai 2017.

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Youth

279345.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxFred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred (Michael Caine), compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick (Harvey Keitel), réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

Projeté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, Youth, bien que reparti bredouille, a su charmer les festivaliers par bien des aspects : son caractère doux-amer, son esthétique lumineuse, sa fausse indolence dissimulant bien des tourments, son duo d’acteurs aussi génial qu’inattendu, ou encore cette espèce de tristesse rieuse qui émane de la réflexion tendre et désabusée des protagonistes sur le temps qui passe.

Michael Caine et Harvey Keitel prennent un malin plaisir à se donner la réplique, colorant leur jeu au gré de leurs humeurs, tantôt espiègles, tantôt goguenards. Voici les complices plongés dans leurs souvenirs, dressant un bilan en demi-teinte, évoquant l’amour, l’amitié, la mort, la jeunesse, la beauté, l’art… avec une philosophie malicieuse communicative.

Paolo Sorrentino prend le temps de dérouler son histoire, où l’inaction semble inviter à la contemplation, de croquer ses personnages d’un coup de crayon aiguisé, de sublimer ses images par une mise en scène solaire et poétique. Il émane de Youth une ambiance désinvolte teintée de mélancolie qui n’est pas sans rappeler ce même spleen introspectif qui se dégageait de La Grande Belleza.

Charmant et acerbe, Youth résonne comme une invitation à se plonger, le temps d’un instant, dans une délicieuse torpeur.

Sortie le 9 septembre 2015.

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