Le Dernier coup de marteau

050571.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxQuand Victor, 13 ans, pousse la porte de l’opéra de Montpellier, il ne connaît rien à la musique. Il ne connaît pas non plus son père venu diriger la 6ème symphonie de Mahler. Il l’observe de loin, découvre l’univers des répétitions… Le jour où Nadia, sa mère, lui annonce qu’ils doivent quitter leur maison sur la plage, Victor s’inquiète. Pour sa mère, dont il sent qu’elle lui cache quelque chose, mais aussi pour sa relation naissante avec Luna, la voisine espagnole. Victor décide alors de se montrer pour la première fois à son père.

Une histoire de rencontres, loin de l’évidence attendue, un enfant que la vie a fait grandir trop vite, une mère qui s’efface peu à peu, et comme fil conducteur, La 6e Symphonie de Gustav Mahler. Intime et délicat, Le Dernier coup de marteau est un film où les sentiments se dévoilent avec retenue, où les gestes valent bien des mots, et où les contradictions déstabilisent les personnages autant qu’elles les nourrissent.

A l’origine du film, Mahler et sa 6e Symphonie : « J’ai découvert l’histoire de cette symphonie avant même de l’écouter », raconte Alix Delaporte, la réalisatrice. « J’étais intriguée par l’aspect fictionnel de ces trois coups de marteau à la fin de la symphonie. Après la mort de sa fille, son éviction de l’opéra de Vienne et le diagnostic d’une maladie au coeur, Mahler aurait relié ces trois coups du destin aux coups de marteau de sa symphonie. Et aurait enlevé le dernier, par superstition ».

Le scénario s’est ainsi brodé au gré des notes, révélant une atmosphère lumineuse qui contraste avec le quotidien du jeune Victor, une rencontre pudique et peu commune entre un père et son fils, une relation inversée entre ce garçon protecteur et sa mère gravement malade.

Et pour incarner ces personnages semblables à des funambules qui évoluent au bord du fil, il fallait bien la grâce d’une Clotilde Hesme, la tendresse rude d’un Grégory Gadebois, ou l’étonnante maturité d’un Romain Paul – jeune talent en pleine éclosion.

Voilà pourquoi l’on ressort du Dernier coup de marteau avec l’envie subite de se passer en boucle la 6e Symphonie de Mahler, histoire de prolonger ces belles émotions ressenties tout au long du film le plus longtemps possible.

Sortie le 11 mars 2015.

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Whiplash

345974.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAndrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence.

Il y a des films que l’on voit, bons ou moins bons, qui nous font passer un moment, bon ou moins bon, et que l’on oublie presque aussitôt le générique de fin lancé. Et puis il y a Whiplash

Alliant ivresse et virtuosité, stupeur et admiration, étonnement et palpitation, le premier long métrage du prometteur Damien Chazelle fait partie de ce genre de films inattendus qui vous transportent dès les premières images, vous scotchent à votre fauteuil en éveillant un arc-en-ciel d’émotions et vous reviennent en mémoire de façon inopinée, provocant sourire et euphorie.

Une histoire de transmission, de reconnaissance, de passion dévorante, destructrice et pourtant vitale… Voilà ce que filme magistralement Chazelle à travers le rapport insensé entre un maître (le génial J.K Simmons) et son élève (le prodigieux Miles Teller) réunis autour d’un même amour pour le jazz. Un amour qui conjugue obstination et abnégation, talent et rage, dépassement de soi et perfectionnisme.

La mise en scène, d’une rare intensité, subjugue, la caméra se fait instrument de musique et capte le moindre effleurement, la plus petite hésitation, l’accord parfait, la fureur de l’interprétation, le tempo s’accélère, tout comme notre rythme cardiaque…

Jamais la musique n’avait été ainsi filmée : les notes s’éprouvent, les mouvements s’écoutent, les octaves se respirent et l’effort se partage, les poings serrés et le pied battant la mesure.

Voilà pourquoi Whiplash s’inscrit dans cette rare lignée de ce que l’on peut qualifier de bijoux cinématographiques.

Phénoménal, époustouflant, hypnotique… Aligner les superlatifs semble inutile tant Whiplash s’apparente à une expérience cinématographico-musicale qu’il faut vivre.

Un coup de coeur à découvrir au plus vite !

Sortie le 24 décembre 2014.

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Si je reste

542031.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle. Quand, un jour, tout s’arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture… Comme détaché, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia voit tout, entend tout. Transportée à l’hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d’avant, imagine sa vie d’après… et doit prendre une terrible décision.

Raconter une romance adolescente sans verser dans le sentimentalisme ingénu peut s’avérer ardu (n’est pas Shakespeare qui veut). En adaptant le roman éponyme de Gayle Forman, R.J Cutler (The September Issue) n’évite malheureusement pas les écueils du genre et nous sert une bluette doucereuse sans grand intérêt.

En dépit d’une mise en scène tenue et d’un casting honnête porté par Chloë Grace Moretz (Kick-Ass, Sils Maria), jeune pousse montante du cinéma américain, la tonalité sucrée de ce film somme toute gentillet mais bien trop mielleux finit par rester sur l’estomac (1h46 de mièvrerie, même avec la meilleure volonté du monde, c’est long).

En bref, si vous avez plus de 16 ans, passez votre chemin.

 Sortie le 17 septembre 2014.

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