Tout nous sépare

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Thierry Kliffa s’offre un casting quatre étoiles pour mettre en scène un thriller sombre aux allures de drame social. Catherine Deneuve y campe une mère courage qui se bat pour sauver sa fille ; Diane Kruger est une jeune femme qu’un accident de la route a laissé meurtrie, et qui s’entiche d’une petite frappe (Nicolas Duvauchelle) en prise avec les gros caïds du coin. C’est pourtant le rappeur Nekfeu, qui fait ici ses premiers pas en tant qu’acteur, qui parvient à tirer son épingle du jeu et surprend par son interprétation tout en retenue d’un voyou au cœur tendre.

« J’avais envie de rendre compte du monde dans lequel on vit aujourd’hui : fracturé, explosif. En forçant mon héroïne à pénétrer le milieu des malfrats pour protéger sa fille, je voyais l’occasion de confronter deux mondes à la fois proches et complètement étanches » explique le cinéaste, qui signe avec Tout nous sépare un film noir à l’atmosphère moite et suffocante.

Hélas, le résultat est loin d’être saisissant, faute d’un scénario digne de ce nom. Les situations frôlent bien souvent le grotesque (la scène où Deneuve qui sort son fusil pour chasser les malfrats en pleine nuit est tout bonnement risible), les acteurs semblent peu inspirés par leurs personnages bancales, l’histoire s’avère sans grand intérêt et le tout manque cruellement de crédibilité et d’inspiration. Dommage.

Sortie le 8 novembre 2017.

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Le Prophète

407903.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSur l’île fictionnelle d’Orphalese, Almitra, une petite fille de huit ans, rencontre Mustafa, prisonnier politique assigné à résidence. Contre toute attente, cette rencontre se transforme en amitié. Ce même jour, les autorités apprennent à Mustafa sa libération. Des gardes sont chargés de l’escorter immédiatement au bateau qui le ramènera vers son pays natal. Sur son chemin, Mustafa partage ses poèmes et sa vision de la vie avec les habitants d’Orphalese. Almitra, qui le suit discrètement, se représente ces paroles dans des séquences oniriques visuellement éblouissantes. Mais lorsqu’elle réalise que les intentions des gardes sont beaucoup moins nobles qu’annoncées, elle fait tout son possible pour aider son ami. Arrivera-t-elle à le sauver ?
Adapté du livre éponyme du poète libanais Khalil Gibran, Le Prophète est un film d’animation singulier, un conte philosophique illustrés par différents courts métrages empreints de lyrisme.
Orchestré par Roger Allers (Le Roi Lion), Le Prophète offre une jolie réflexion sur la liberté, l’amour, le mariage, les enfants, le travail, le bien et le mal, le corps et la mort. Chaque notion est développée dans un court métrage réalisé par différents artistes (Joann Sfar, Bill Plympton, Nina Palley, Mohammed Harib, Paul et Gaëtan Brizzi…), chacun insufflant un peu de son univers à ce long poème métaphorique sur « les grandes questions de l’existence ».
Sublimé par la musique de Gabriel Yared (Le Patient anglais), Le Prophète séduit par son esthétique picturale particulière et élégante, sa tonalité imagée, son rythme délicat, son côté atemporel et ses propos pleins de sagesse incitant à la réflexion.
Néanmoins, on regrette que ce conte philosophique, dont l’ensemble pâtit de la qualité inégale des courts métrages, se perdre parfois dans des considérations trop abstraites.
Sortie le 2 décembre 2015.
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