Mr Ove

imageDepuis le décès de sa femme et son licenciement, Ove se sent vieux et terriblement inutile. À longueur de journée, il erre dans sa maison comme une âme en peine. Pour s’occuper, il multiplie les rondes de sécurité dans sa copropriété et harcèle ses voisins pour le moindre manquement au règlement intérieur… Grincheux et dépressif, Ove n’attend plus qu’une seule chose de la vie : la mort !
Il décide donc d’en finir… mais ses tentatives de suicide échouent lamentablement. La situation se corse lorsque de nouveaux voisins emménagent, affreusement sympathiques : Parvaneh, une jeune Iranienne, son mari et leurs charmants enfants. Sans cesse importuné, Ove n’a plus un instant à lui pour se pendre tranquillement. Pire : à force de nouvelles rencontres et d’amitiés improbables, il se pourrait bien qu’Ove reprenne goût à la vie…

Imaginez un vieux ronchon aigri, asocial et acariâtre dont le passe-temps favori est de faire tourner ses voisins en bourrique en imposant sa loi dans le quartier. On devine très vite que, sous ses airs d’ours mal léché, le bougon cache un coeur tendre qui va battre de plus en plus fort au gré de ses rencontre fortuites. Le scénario plutôt convenu peut laisser craindre un manque d’originalité, marchant sur les plates-bandes d’un Monsieur Schmidt, d’un Walter Matthau ou du Serrault d’Une hirondelle a fait le printemps. Et pourtant, ce Mr. Ove parvient à nous surprendre, nous faisant passer du rire aux larmes en un battement de cils.

Adapté du roman Vieux, râleur et suicidaire, la vie selon Ove, de Fredrik Backman, cette comédie « noire pastel » séduit par son humour grinçant, ses répliques bien senties, et l’interprétation impeccable d’un Rolph Lassgård des plus inspirés.

Ponctué de flashbacks révélant l’histoire de ce vieux bonhomme attachant, cette comédie aigre-douce nous offre une bien jolie parenthèse, chaleureuse et revigorante.

Sortie le 14 septembre 2016.

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Obvious Child

592289.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa vie de la jeune Donna Stern n’a rien de particulier : un petit ami, un job dans une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés… Mais, chaque soir, sur une scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et surtout d’elle-même.
Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d’un soir et… tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu – et peut-être aussi rencontrer l’amour au moment où elle s’y attend le moins…

Court métrage réalisé en 2009 par Anna Bean, Karen Maine et Gillian Robespierre, Obvious Child a été présenté dans de nombreux festivals et a conquis le public tout comme la presse. Gillian Robespierre décide alors de prolonger l’aventure en passant au format long « pour partager le film et les échanges qu’il suscitait avec encore plus de monde ».

Voilà comment est née cette comédie faussement romantique. Car malgré son affiche rose bonbon et sa thématique sentimentale,  l’héroïne – une jeune femme pétillante, anti-fleur bleue et un brin puérile – a des préoccupations autrement plus terre-à-terre que la quête d’un potentiel prince charmant. Dans les contes de fée, les petites filles sont bercées par la traditionnelle fin heureuse « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Dans le cas de Donna, il semble que l’enfant arrive avant même la rencontre.

Sous ses airs de grosse comédie potache aux blagues tapageuses et à l’humour noir, Obvious child se révèle (contre toute attente) touchant, humble et sincère. Si la question de l’avortement – un sujet encore tabou, même sur grand écran – est ouvertement posée, à aucun moment le film ne se fait donneur de leçon. Quant à la distribution, on ne peut que saluer le choix de Jenny Slate (comédienne issue du stand-up qui officie régulièrement dans le « Saturday Night Live »), sorte d’alter ego de la réalisatrice, qui, derrière ses apparences immatures, se révèle forte et fragile à la fois et porte le film avec un panache incomparable.

Une belle découverte.

Sortie le 3 septembre 2014.

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