Saint Laurent

388785.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx1967 – 1976. La rencontre de l’un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.

Génie tourmenté, visionnaire fantasque, révolutionnaire désabusé, couturier légendaire… six ans après sa disparition, Yves Saint Laurent continue de marquer les esprits et d’exercer une fascination universelle.

En début d’année sortait un premier biopic consacré au « petit prince de la haute couture » : Jalil Lespert avait alors choisi d’axer son film sur l’histoire d’amour entre Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Quelques mois plus tard, Bertrand Bonello (L’Apollonide – souvenirs de la maison close) livre sa vision du couturier qui collectionna les scandales au même titre que les triomphes.

Moins « grand public » que la version de Lespert, Saint Laurent fait entrer le spectateur dans la tête d’un artiste torturé, en lutte contre ses démons. « Je voulais montrer ce que coûte à Saint Laurent d’être Saint Laurent » raconte Bonello.

Débauche et décadence, drogues et excès, lux[ur]e et vacuité… Au-delà du simple portrait, le réalisateur s’attache à dévoiler une atmosphère envoûtante, fantasmée ou réelle, où se croisent des muses oniriques (la charismatique Betty Catroux, interprétée par l’éblouissante Aymeline Valade, la truculente Loulou de la Falaise…), des femmes charmées, des amoureux redoutables.

Après une première partie passionnante où la créativité du couturier est magnifiée – le spectateur découvre les petites mains qui s’affairent dans les ateliers, où l’on veille au tombé du tissu, à la fluidité de la matière, à la simplicité de la coupe -, la seconde partie s’attache à la relation de Saint Laurent avec Jacques de Bascher, dandy sombre et mystérieux  (insaisissable Louis Garrel). C’est alors que le récit – non chronologique – se fait ardu : les ellipses se multiplient, l’histoire devient confuse, les scènes insipides s’étirent jusqu’à l’ennui, et la crudité de certains plans s’avère vaine et fastidieuse.

On ne peut toutefois que saluer le travail de mise en scène de Bonello, qui a pris le parti de dessiner des nouveaux contours au biopic, plus audacieux voire romanesque que ce à quoi ces prédécesseurs nous ont habitués. Le cinéaste offre non seulement un rôle en or à Gaspard Ulliel, sensuel, complexe et tout bonnement magistral dans la peau du couturier, mais il signe un film d’une esthétique sublime où le moindre plan peut être interprété à l’infini.

Un film qui reste en tête et invite à la réflexion sur ce qui fait la qualité d’une oeuvre. Saint Laurent est imparfait mais provoque, dérange, lasse, émerveille aussi. Dans l’une de ses critiques pour la revue Arts François Truffaut écrivait : « Mieux vaut l’excès que la médiocrité ». Les mots du célèbre cinéaste prennent ici tout leur sens.

Sortie le 24 septembre 2014.

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Diplomatie ++

590379.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d’Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d’une longue lignée de militaires prussiens, le général n’a jamais eu d’hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C’est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu’il gravit l’escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l’hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris – Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel… – sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l’ordre de destruction.

Habitué aux adaptations de haute volée (Le Tambour, tiré du roman de Günther Grass, fut récompensé de la Palme d’or), Volker Schlöndorff porte à l’écran la pièce à succès de Cyril Gély entouré des formidables André Dussolier et Niels Arestrup qui reprennent leur rôle respectif avec aisance et talent.

Sans rien trahir de la tension dramatique qui va crescendo, Schlöndorff élargit le huis clos en intégrant quelques pièces supplémentaires à cette « partie d’échecs diplomatico-psychologique dont nul ne connaît la teneur » tout en évitant les écueils du théâtre filmé.

Le cinéaste place le spectateur dans les coulisses de ce duel magistral maniant les mots tel on manie les armes et met en scène une « fiction sur fond historique » terriblement poignante avec finesse et virtuosité.

Une confrontation au sommet merveilleusement interprétée et sublimée par les prises de vue de la capitale alors condamnée.

Sortie le 5 mars 2014.

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Paris vu par Holywood

« Il nous restera toujours Paris » déclarait le ténébreux Humphrey Bogard à la somptueuse Ingrid Bergman dans Casablanca. Ville de tous les possibles, frivole et décadente, sophistiquée et folklorique, bohème et envoûtante, Paris fascine Holywood et lui inspire de nombreux fantasmes – dont le célèbre French kiss!

Une histoire d’amour qui dure depuis plus d’un siècle que la Mairie de Paris, en partenariat avec la Cinémathèque française, révèle à travers une centaine de films représentés par des photographies, des costumes, des extraits, des scénarios et de  nombreux témoignages.

L’exposition « Paris vu par Hollywood » évoque ainsi la manière dont le cinéma américain a représenté sur plus d’un siècle la capitale française, lui offrant une place de choix dans l’histoire du cinéma.

D’Ernst Lubitsch à George Cukor en passant par Audrey Hepburn, Greta Garbo, Marlene Dietrich, Gene Kelly, Blake Edwards, Maurice Chevalier, Jean Renoir, Vicente Minelli, Leslie Caron, Lana Turner, Woody Allen et tant d’autres personnalités mythiques, Paris a suscité l’enthousiasme des plus grands génies du cinéma, toute époque confondue.

Un Paris idéalisé qui continue à faire rêvé…

Jusqu’au 15 décembre 2012 à l’Hôtel de Ville de Paris. Tous les jours de 10h à 19h (sauf dimanche et jour férié). Entrée gratuite.

Plus d’informations sur paris.fr

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