Youth

279345.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxFred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred (Michael Caine), compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick (Harvey Keitel), réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

Projeté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, Youth, bien que reparti bredouille, a su charmer les festivaliers par bien des aspects : son caractère doux-amer, son esthétique lumineuse, sa fausse indolence dissimulant bien des tourments, son duo d’acteurs aussi génial qu’inattendu, ou encore cette espèce de tristesse rieuse qui émane de la réflexion tendre et désabusée des protagonistes sur le temps qui passe.

Michael Caine et Harvey Keitel prennent un malin plaisir à se donner la réplique, colorant leur jeu au gré de leurs humeurs, tantôt espiègles, tantôt goguenards. Voici les complices plongés dans leurs souvenirs, dressant un bilan en demi-teinte, évoquant l’amour, l’amitié, la mort, la jeunesse, la beauté, l’art… avec une philosophie malicieuse communicative.

Paolo Sorrentino prend le temps de dérouler son histoire, où l’inaction semble inviter à la contemplation, de croquer ses personnages d’un coup de crayon aiguisé, de sublimer ses images par une mise en scène solaire et poétique. Il émane de Youth une ambiance désinvolte teintée de mélancolie qui n’est pas sans rappeler ce même spleen introspectif qui se dégageait de La Grande Belleza.

Charmant et acerbe, Youth résonne comme une invitation à se plonger, le temps d’un instant, dans une délicieuse torpeur.

Sortie le 9 septembre 2015.

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Loin des hommes

594635.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

Librement inspiré de L’Hôte, une nouvelle d’Albert Camus, Loin des hommes propose un voyage philosophique en suivant les pérégrinations de deux personnages pris au piège de la violence environnante.

L’identité, l’appartenance, l’héritage, l’honneur, la justice et son absurdité, la fuite, la confrontation, le courage, la fraternité… autant de notions abordées tout au long du film, en plein coeur des montagnes de l’Atlas.

« Bien qu’écrit il y a soixante ans, [ce texte] m’a semblé très contemporain et applicable au monde d’aujourd’hui, dans de nombreuses régions au bord de la rupture. J’ai retrouvé dans la problématique que vit Daru, le héros de la nouvelle, des questions que je me pose : la difficulté de s’engager, la difficulté d’y voir clair dans un monde instable, la difficulté de l’action, la tentation du repli sur soi » révèle David Oelhoffen, qui met en scène un film poignant aux airs de western rugueux, âpre et mélancolique.

Face à la caméra, Viggo Mortensen livre une interprétation subtile d’un homme tiraillé entre devoir et obligation. A ses côtés, Reda Kateb est impeccable, trouvant l’équilibre parfait entre fierté et humilité.

Un duo remarquable, une photographie sublime, des paysages arides d’une beauté infinie, un rythme empreint de lenteur… Et malgré cela, Loin des hommes laisse une sensation d’éphémère : on aurait tant aimé garder cette histoire intemporelle en tête, mais celle-ci semble nous échapper bien malgré nous.

Sortie le 14 janvier 2015.

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Pride

158254.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxRoyaume Uni, été 1984. Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Mais l’Union nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Brillant, drôle, émouvant, fantasque, joyeux, stimulant… les adjectifs dithyrambiques ne manquent pas pour qualifier les émotions ressenties devant Pride, une comédie sociale à l’énergie débordante construite autour des notions de solidarité, de luttes et d’humour.

Inspiré d’un fait réel qui permit aux droits des homosexuels d’être reconnus et protégés par la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels), le manifeste du parti Travailliste et le Congrès des Syndicats, ce film éloquent, réalisé par Matthew Warchus, lève le voile sur un pan de l’histoire méconnu des Anglais.

Servi par un casting impeccable, qu’il s’agisse du génial Bill Nighy, irrésistible dans le rôle du vieux garçon paré de cet incomparable flegme britannique, de l’épatante Imelda Staunton, chef de file courageuse et volcanique, ou du jeune Ben Schnetzer, leader attachant et héroïque du mouvement LBGT, Pride bouleverse autant qu’il enthousiasme en faisant se rencontrer deux univers a priori antinomiques avec une intelligence rare et une fantaisie communicative.

Une comédie engagée, édifiante sans jamais être  moralisatrice, et surtout, pleine d’espoir.

Sortie le 17 septembre 2014.
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