De retour chez ma mère

239720.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAimeriez-vous retourner vivre chez vos parents ? À 40 ans, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l’appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de Scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table et de mener sa vie… Chacune va devoir faire preuve d’une infinie patience pour supporter cette nouvelle vie à deux. Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, coups bas et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire. Mais il est des explosions salutaires. Bienvenue dans un univers à haut risque : la famille !

Il y avait la « génération Tanguy », il y a désormais la « génération boomerang », ces adultes qui n’ont pas d’autre solution que de retourner chez leurs parents après une séparation ou un licenciement. Un sujet en or pour Eric Lavaine qui, avec Retour chez ma mère, traite, sous couvert de fait de société, des liens familiaux.

Jalousies fraternelles, enfantillages, traditionnels règlements de compte autour de la table (un classique des comédies familiales), incompréhension générationnelle, prises de bec, mais aussi solidarité, tendresse, réconfort… et sexualité des séniors ! Tout y passe dans ce film sympathique résolument contemporain dans lequel chacun se reconnaîtra.

Porté par un trio de comédiennes irrésistibles (Josiane Balasko, Alexandra Lamy et Mathilde Seigner), Retour chez ma mère multiplie situations cocasses et  jeux de mots inspirés pour notre plus grand plaisir. Un divertissement sans chichi dont on ressort de bonne humeur.

Sortie le 1er juin 2016.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Julieta

428988.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxJulieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Julieta parle du destin, de la culpabilité, de la lutte d’une mère pour survivre à l’incertitude, et de ce mystère insondable qui nous pousse à abandonner les êtres que nous aimons en les effaçant de notre vie comme s’ils n’avaient jamais existé.

Certains cinéastes ont ce rare talent de provoquer nos émotions avec une force toute délicate : cela se passe au détour de quelques scènes à l’esthétique saisissante, de la lumière qui vient caresser un visage, d’un regard aux mille nuances, ou bien encore à travers le reflet de deux corps enlacés sur les banquettes d’un train, la houle de la mer assassine, ou la façon de filmer des jambes interminables dans un contre-jour d’une grande sensualité.

Voilà de quoi nous régale Pedro Almodovar avec Julieta, qui semble être revenu à l’essentiel après quelques fâcheuses incartades. Le cinéaste connu pour filmer si bien les femmes nous livre un récit épuré sur l’absence et le silence, empreint de mystère et de non dits. Dans une ambiance espagnole si particulière, où les couleurs chatoyantes contrastent avec le drame qui se joue, Almodovar nous invite au romanesque, du fin fond de l’Andalousie jusqu’aux ruelles madrilènes.

Porté par une distribution mêlant justesse et élégance – la sublime Adriana Ugarte, que l’on suivra désormais de près, et la merveilleuse Emma Suarez en tête -, Julieta s’inscrit, à l’instar de Volver et de Parle avec elle, dans la ligne des films que l’on aime infiniment. Un petit bijou envoûtant et bouleversant.

Sortie le 18 mai 2016.

Film présenté en compétition du 69e Festival de Cannes.

Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS

Le Prophète

407903.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxSur l’île fictionnelle d’Orphalese, Almitra, une petite fille de huit ans, rencontre Mustafa, prisonnier politique assigné à résidence. Contre toute attente, cette rencontre se transforme en amitié. Ce même jour, les autorités apprennent à Mustafa sa libération. Des gardes sont chargés de l’escorter immédiatement au bateau qui le ramènera vers son pays natal. Sur son chemin, Mustafa partage ses poèmes et sa vision de la vie avec les habitants d’Orphalese. Almitra, qui le suit discrètement, se représente ces paroles dans des séquences oniriques visuellement éblouissantes. Mais lorsqu’elle réalise que les intentions des gardes sont beaucoup moins nobles qu’annoncées, elle fait tout son possible pour aider son ami. Arrivera-t-elle à le sauver ?
Adapté du livre éponyme du poète libanais Khalil Gibran, Le Prophète est un film d’animation singulier, un conte philosophique illustrés par différents courts métrages empreints de lyrisme.
Orchestré par Roger Allers (Le Roi Lion), Le Prophète offre une jolie réflexion sur la liberté, l’amour, le mariage, les enfants, le travail, le bien et le mal, le corps et la mort. Chaque notion est développée dans un court métrage réalisé par différents artistes (Joann Sfar, Bill Plympton, Nina Palley, Mohammed Harib, Paul et Gaëtan Brizzi…), chacun insufflant un peu de son univers à ce long poème métaphorique sur « les grandes questions de l’existence ».
Sublimé par la musique de Gabriel Yared (Le Patient anglais), Le Prophète séduit par son esthétique picturale particulière et élégante, sa tonalité imagée, son rythme délicat, son côté atemporel et ses propos pleins de sagesse incitant à la réflexion.
Néanmoins, on regrette que ce conte philosophique, dont l’ensemble pâtit de la qualité inégale des courts métrages, se perdre parfois dans des considérations trop abstraites.
Sortie le 2 décembre 2015.
Rendez-vous sur Hellocoton !
  • Twitter
  • RSS