Five

335908.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxCinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe. Mais n’est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu’il lui reste : ses amis.

Imaginez une bande de potes, plus tout à fait ados, pas encore adultes, partageant leur quotidien pour le meilleur et pour le pire. Entre les petites cachoteries des uns et les mensonges aux conséquences invraisemblables des autres, entre les histoires d’un soir et les histoires d’amour, entre les coups de gueule et les fous rire, entre la jeunesse insouciante et les responsabilités à endosser, Five séduit par son dynamisme, son humour tonitruant, son scénario rocambolesque.

Devant la caméra bienveillante d’Igor Gotesman, les acteurs – dont Pierre Niney et François Civil, la révélation du film – s’en donnent à coeur joie dans ce « Friends » à la française. Les répliques fusent, les situations inattendues s’enchaînent – la scène du duo Fanny Ardant / Pascal Demolon est irrésistible -, le rythme bat sans discontinu et le plaisir de jouer de ce quintette peu commun est communicatif.

Voici une comédie générationelle (le public ciblé a moins de 30ans) aussi décomplexée que sympathique, dont l’ambition parfaitement assumée est de divertir. Pari réussi.

Sortie le 30 mars 2016.

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Vice Versa

571071.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAu Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, Vice Versa, petit bijou d’ingéniosité sorti tout droit de l’univers Pixar, a mis la salle Lumière en émoi. Sifflets d’excitation, trépignements d’impatience, francs éclats de rires et salves d’applaudissements… Les festivaliers (spécimen réputé pour son niveau d’exigence vertigineux) ont été séduits, certains affichant un sourire radieux, d’autres tentant de camoufler leurs yeux rougis par l’émotion, tous ayant retrouvé le temps d’une heure et demie leur âme d’enfant.

Comme bon nombre de cinéastes, Pete Docter (à qui nous devons le merveilleux Là-Haut) a puisé son inspiration dans son expérience personnelle puisque c’est en observant sa fille grandir et « attraper l’adolescence » – fléau que tout parent subit, peu importe l’entraînement de commando préalablement suivi – que lui ait venu l’idée de s’intéresser aux émotions humaines.

Et voici le spectateur embarqué pour un voyage rocambolesque dans l’esprit d’une fillette de 10ans, siège des émotions qui déterminent l’humeur du moment… Et bien plus encore. La mémoire, la pensée, les sentiments, les souvenirs préservés sur les « îles de la personnalité » (l’île de l’amitié, l’île des bêtises, l’île de la famille)… Les émotions tricotent et détricotent, se titillent, se musellent ou s’affirment, donnant lieu à des situations truculentes (en particulier la scène de l’introspection dans la tête des parents, qui permettra de régler à l’avenir bien des querelles de couple !).

Construit autour d’un scénario aussi élaboré qu’inventif, servi par des personnages hauts en couleurs ultra attachants, et sublimé par une mise en scène chiadée et fantaisiste, Vice Versa est une invitation à l’aventure (métaphorique) qui ravira petits et grands.

Un dernier point pour achever de vous convaincre de découvrir cette comédie familiale à l’imagination débordante, pleine d’humour et de tendresse : la diffusion du très joli court métrage Lava (dans la plupart des salles de cinéma), une histoire d’amour impossible sur fond de musique hawaïenne.

Rendez-vous est pris !

Sortie le 17 juin 2015.

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Yves Saint Laurent

245119.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxParis, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, le créateur audacieux s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

De sa maison d’enfance à Oran à l’hôtel particulier Second Empire du 5 avenue Mareau, de la Maison Dior à la création de sa propre maison de couture, de son premier défilé rue Sponitini au somptueux « spectacle » présentant la collection « Opéra-Ballet Russes » dans les salons de l’Hôtel InterContinental, de ses relations ambiguës avec sa muse, le mannequin Victoire Doutreleau, à sa rencontre avec Betty Catroux, considérée comme sa soeur jumelle, de son amitié fidèle pour Loulou de la Falaise à son amour tumultueux pour Pierre Bergé, Yves Saint Laurent raconte l’histoire d’un génie dont l’art était sa raison de vivre, un homme tourmenté, passionné, ultra sensible, exigeant… et tellement plus encore.

Raconter « l’une des plus grandes histoires d’amour du XXe siècle, une relation passionnelle, féconde, tragique ». Telle a été la motivation de Jalil Lespert, qui livre un biopic romancé où la grâce se teinte de tragique, où le coup de foudre se vit avec violence et où seule la création est salutaire.

Mais avouons-le : Yves Saint Laurent doit en majeure partie sa réussite à l’interprétation époustouflante d’un Pierre Niney des plus inspirés, saisissant la moindre intonation de cet « esthète de l’élégance si rock’n roll » et d’un Guillaume Gallienne remarquable en mentor despotique et pourtant fascinant.

Une double performance saluée à l’unanimité qui mérite bien un petit tour dans les salles obscures…

En salles depuis le 8 janvier 2014.

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