Nahid

472286Nahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l’enfant revient au père mais ce dernier a accepté de la céder à son ex femme à condition qu’elle ne se remarie pas. La rencontre de Nahid avec un nouvel homme qui l’aime passionnément et veut l’épouser va bouleverser sa vie de femme et de mère.

Prix du Jury Un Certain regard au dernier Festival de Cannes, Nahid est un film intime et captivant, qui raconte le quotidien des femmes en Iran à travers son héroïne, courageuse et combattive.

La réalisatrice Ida Panahandeh explique son intention de rendre hommage à ces femmes qui ont lutté pour leur indépendance dans la société traditionnelle iranienne, ce malgré l’absurdité des lois : « Ces mères se sont efforcées, le plus sincèrement possible, d’offrir le meilleur pour leurs enfants et pour elles-mêmes. Nahid est ce genre de femmes. […] Il faut savoir qu’en Iran, si une femme divorcée ayant la garde de son enfant se remarie, elle perd son droit de garde au profit du père de l’enfant. Donc, si elle souhaite avoir une relation légale sans courir ce risque, elle peut avoir recours au mariage temporaire, le « sighe ». Bien que le « sighe » soit inscrit dans la loi de l’islam chiite, les Iraniens portent presque unanimement un regard très négatif sur les femmes qui y recourent. C’est une pratique taboue, considérée comme un instrument d’exploitation des femmes. Cette loi permet en effet à un homme de contracter sans limites des mariages temporaires d’une durée d’une heure à plusieurs années. C’est pour cette raison que Nahid et Massoud, soucieux du regard des autres, se cachent de ce mariage temporaire qu’ils font passer pour définitif ».

Une mise en scène rugueuse, une ambiance froide et morne dont se dégage une poésie inattendue, une héroïne téméraire (merveilleuse Sareh Bayat), enfermée dans un carcan oppressant, soumise aux lois d’une morale hypocrite et abusive, un sujet ô combien passionnant… si Nahid souffre de quelques défauts (lenteur répétée, failles scénaristiques), il n’en reste pas moins un film bouleversant, qui fait réfléchir sur le monde d’aujourd’hui.

Sortie le 24 février 2016.

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L’image manquante

aff_898420131220124958« Durant de nombreuses années, j’ai recherché l’image manquante : un cliché pris entre 1975 et 1979 par les Khmers Rouges, alors qu’ils étaient à la tête du Cambodge… A elle seule, bien sûr, une image ne peut pas prouver un génocide, mais elle nous incite à réfléchir, à méditer, elle écrit l’Histoire. Je l’ai cherchée en vain dans les archives, les vieux documents, dans la campagne cambodgienne. Aujourd’hui, c’est une image manquante. Donc je l’ai créée. Ce que je vous propose aujourd’hui, ce n’est pas une image ni même la recherche d’une image unique, mais l’image d’une quête : une quête que seul le cinéma nous permet d’entreprendre ».

Dans ce ce documentaire poignant tout en sobriété, Rithy Panh (S21, la machine de mort khmer rouge, Les artistes du théâtre brûlé…) fait revivre son enfance et sa famille, détruites par les Khmers rouges. Cinéaste de la mémoire, conteur poète, il modèle des personnages en terre cuites pour donner libre court à ses souvenirs. Comme dans chacun de ses films, Rithy Panh met en avant « l’importance pour le peuple cambodgien de se réapproprier son identité et ses racines ».

Malgré un sujet aussi dur qui fait état du pire, les propos du réalisateur, alors témoin, sont dénués de haine. Avec pudeur et simplicité, il raconte au passé son histoire pour tenter de comprendre et mettre des mots là où les images viennent à manquer. Un exercice difficile mais salutaire, comme s’en rendra compte le réalisateur : « ces images ne sont pas manquantes… Elles sont en moi ».

En bonus de ce documentaire teinté d’émotion, un entretien de Rithy Panh et de Christophe Bataille (qui a écrit les commentaires narrés par Randal Douc) apporte une autre lumière sur le travail des artistes.

Sortie en  2013 et récompensée du Prix Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, L’image manquante  touche par sa sincérité et laisse une trace indélébile dans l’imaginaire du spectateur.

En DVD depuis le 19 novembre 2013, un documentaire distribué par Arte.

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