Les Habitants

006894.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxRaymond Depardon part à la rencontre des Français pour les écouter parler. De Charleville-Mézières à Nice, de Sète à Cherbourg, il invite des gens rencontrés dans la rue à poursuivre leur conversation devant nous, sans contraintes en toute liberté.

L’attrait de la lumière, le désir de simplicité, le goût des autres… On reconnaît bien là la « patte » Depardon qui signe avec Les Habitants, un documentaire cocasse et touchant, mêlant intimité et maladresse, banalités et singularité.

« Nous étions au printemps, le temps était doux, les gens flânaient dans la rue. Ce fut un beau voyage de mai à juillet. Je cherchais une France du « centre », des gens qui travaillent, qui passent leur bac, qui se marient, qui divorcent, qui votent, je voulais offrir une image des villes lumineuse et colorée telles qu’elles sont aujourd’hui » précise le cinéaste-photographe.

Ponctué d’interludes musicaux (signés Alexandre Desplat) à travers les routes de France, le film donne la parole à ceux que l’on n’entend pas toujours et invite le spectateur à partager un instant le quotidien d’inconnus parfois si familiers.

La caméra se fait bien vite oublier et les discussions deviennent spontanées. Les duos se succèdent, chacun révélant ses préoccupations du moment : deux lycéens échangent sur leur avenir après le bac, un ado de 19 ans s’inquiète de devoir quitter le nid parental, une mère tente de faire entendre raison à son fils, une femme explique à son conjoint ses raisons de faire lit à part, une jeune femme confie à sa mère être plus soucieuse de terminer son internat de médecine que de « trouver un mari », un jeune couple s’apprête à accueillir leur premier enfant avec une certaine naïveté, une maman divorcée admet les difficultés rencontrées pour joindre les deux bouts…

Ce « patchwork » humain surprend agréablement par la sincérité des discussions et l’originalité de la démarche. On déplore toutefois que la fraîcheur du début s’estompe peu à peu, en raison de l’uniformité des binômes choisis, tous appartenant à la même classe sociale. Ce manque d’hétérogénéité impacte sur le rythme du documentaire, qui devient redondant, et fait perdre l’intérêt du propos. On quitte la salle avec un sentiment d’inachevé… Frustrant.

Sortie le 27 avril 2016.

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Journal de France ++

C’est un journal, un voyage dans le temps. Il photographie la France, elle retrouve des bouts de films inédits qu’il conserve précieusement : ses débuts à la caméra, ses reportages autour du monde, des bribes de leur mémoire, de notre histoire…

Projet de longue date réalisé par un tandem de choc – Raymond Depardon à l’image, Claudine Nougaret au son -, Journal de France retrace le parcours du cinéaste-photographe sous forme de carnets de voyage et révèle de quelle façon « notre vie intime est emportée dans le tourbillon de l’actualité ».

Des images de son premier reportage derrière la caméra lors de la guerre civile à Caracas en 1963 à celles de son premier documentaire sur la campagne présidentielle de Valery Giscard d’Estaing en 1974 – qui révéla pour la première fois des moments de l’intimité politique-, du témoignage d’un coiffeur pour homme installé à la campagne à celui d’une jeune soixante-huitarde soulagée par la mort de sa mère, de la comparution quasi-grotesque d’un conducteur frauduleux aux clichés des passants qui déambulent à Notre-Dame, Depardon restitue ses souvenirs tels qu’ils viennent, sans réelle fluidité mais avec la même passion pour chaque sujet traité.

Le spectateur se balade ainsi d’une époque à une autre, entre images d’archives et celles d’aujoud’hui, découvrant des témoignages saisissants d’ici et d’ailleurs, des instants pris sur le vif, des portraits expressifs à travers le regard intense et forcément subjectif d’un artiste-artisan soucieux de filmer la réalité, telle qu’elle soit, avec pudeur et simplicité.

Depardon se positionne en témoin de son époque avec une curiosité sans borne et un amusement permanent. Car au moment de vérifier la lumière, le cadre, la profondeur de champ, le réglage d’exposition et tous les aspects techniques, l’œil du photographe se met à friser subrepticement.

Et le temps semble alors suspendu…

Sortie le 13 juin 2012.

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