Rencontre avec Pierre Amstutz Roch

To be delivered Le court métrage est un format de cinéma peu connu du grand public. Souvent absent du petit et du grand écran, ce genre permet pourtant de révéler des talents en devenir. Scorsese, Burton, Gondry, Klapisch, Lynch, del Toro, Andersen… des réalisateurs de renommée internationale qui ont tous débuté par le court métrage.

C’est pourquoi, dès que l’occasion se présente, Des Films et des Mots aime donner un coup de projecteur sur des jeunes cinéastes prometteurs.

Premier film de Pierre Amstutz Roch, To be Delivered met en scène Tom, une graine d’acteur parti à Los Angeles en auto-stop pour une audition. En chemin, il rencontre la belle Amy, qui accepte de le conduire à destination. Mais sous ses airs de jeune fille en fleurs, la demoiselle va se révéler bien plus inquiétante qu’elle ne le laisse paraître…

Un road movie décalé et plein d’humour qui nous a donné envie de rencontrer le réalisateur pour en savoir un peu plus sur la genèse de ce projet « made in Hollywood »!

Des Films et des Mots :  Comment êtes-vous venu au cinéma?
Pierre Amstutz Roch : Je crois que le cinéma a toujours été présent. L’idée d’en faire mon métier m’est venue naturellement. Franco-suisse, j’ai, au cours de mes études, intégré l’Ecole internationale de création audiovisuelle et de réalisation à Paris. J’y ai décroché mon diplôme en réalisation spécialité production ce qui m’a permis de trouver rapidement du travail dans des boîtes de production. Mais la « réalisation » reste mon premier amour. J’ai alors décidé de revenir sur les plateaux de tournages pour des clips musicaux, des publicités, des séries télévisées. J’ai commencé comme assistant de régie, tout en bas de l’échelle, et ai gravi petit à petit les marches. J’ai ainsi eu la chance de travailler récemment sur Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese, en tant que 3e assistant réalisation pour l’équipe européenne. Mon projet de court métrage est parti de l’envie de mettre à profit ce que j’ai pu apprendre ces dernières années et de concrétiser ce désir de réalisation.

DFDM : To be delivered est une histoire de rencontre entre un jeune acteur et une « vraie-fausse comédienne ». Où avez-vous puisé votre inspiration?
PAR : Si la rencontre fortuite entre un homme et une femme a été le point de départ du scénario, j’avais très envie de mettre en scène un road movie, un genre que j’affectionne particulièrement. L’un de mes films de référence est Date Limite, de Todd Philipps, avec Robert Downey Jr et Zack Galifianakis. Je me suis spontanément tourné vers la comédie : j’aime l’absurde, le divertissement grand public mais reste soucieux du contenu de l’histoire.

DFDM : Pourquoi avoir situé l’histoire à Los Angeles ?
PAR : J’ai besoin de me lancer des défis, et tourner mon premier film dans la Cité des anges en était un de taille! De plus, il y avait une évidence à filmer un road movie dans ces décors incroyables, ce désert californien à perte de vue, cette aridité qui contraste tant avec l’idée que l’on peut se faire de Hollywood et de ses paillettes. Restituer cette esthétique qui crée toute l’ambiance du film a nécessité un gros travail au niveau de l’étalonnage (travail sur les couleurs qui intervient en post production – NDLR) mais grâce à mon équipe technique de premier ordre, le rendu est très satisfaisant!

DFDM : Comment s’est passé le tournage?
PAR : Cela a été épique! Nous n’avons tourné que quatre jours en raison de contraintes budgétaires et administratives. Faire un film aux Etats-Unis implique de se soumettre à une législation méticuleuse. Il faut des assurances pour chaque fait et geste des acteurs, des autorisations de filmer même sur une route déserte qui nécessite d’ailleurs une escorte policière. Il faut donc payer l’escorte, payer pour barrer la route déserte, payer les assurances… Ajoutez à cela des conditions météorologiques extrêmes (la température dépassait les 40°C à l’ombre et nous avons même subi la pluie), une fatigue collective en raison de la chaleur et quelques autres mésaventures, et cela vous donne une idée générale de ce qu’a pu être le tournage. Heureusement, la bonne humeur régnait au sein de l’équipe. Et quelle fierté de voir son projet se concrétiser grâce à tous ces savoir faire réunis et à la confiance de nos partenaires qui ont permis au film de voir le jour *!

DFDM : A quel moment les spectateurs pourront découvrir To be delivered?
PAR : Je suis actuellement à la recherche de distributeurs français ou suisses qui pourront donner une certaine visibilité au film. Même pour un court métrage de 16mn, il est hélas compliqué de trouver des exploitants de salles de cinéma intéressés par la diffusion de ce format. Il reste aussi la filière des festivals qui est un bon moyen de se faire connaître du grand public. To be delivered a ainsi participé au California international short festival et participera en septembre au California Independent Film Festival. J’espère que ce n’est qu’un début!

 * To be delivered a été financé en partie grâce au crowdfunding, un financement participatif permettant à tout à chacun de soutenir financièrement et collectivement un projet.

Le site de To be delivered est à découvrir ici.

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Alfred (or the story of a wonder fish)

02 - ALFRED (or the story of a Wonder Fish) © Imagina Prod - 2010Il était une fois l’histoire d’un merveilleux poisson nommé Alfred qui se retrouve embarqué dans un road trip farfelu aux côté d’un cow boy du dimanche au coeur brisé et d’une jolie fugueuse prisonnière de son père depuis 30 ans.

Malgré lui, Alfred va devenir le héros de cette histoire improbable qui met en scène une rencontre inattendue entre deux marginaux, un amour naissant sur fond de course poursuite endiablée dans une voiture volée, une chevauché fantastique rythmée par des airs de bluegrass. Vous suivez?

C’est que ce court métrage – sans dialogue – roule à vive allure, entre un personnage-narrateur au débit de paroles effréné qui vous entraîne dans le tourbillon de ses aventure en à peine quelques secondes, un générique – qui n’en est pas un – concis et incisif, des répliques décapantes teintées d’un humour savoureux, une scène de danse improvisée dans une station essence où l’on joue du bandjo… On n’est pas loin de l’univers joyeusement frappé des frères Cohen ou de l’écriture décalée de Wes Andersen.

Mais derrière Alfred (or the story of a wonder fish) se cache un jeune cinéaste français, Mathieu Rigot, qui a écumé les festivals grâce à ce petit bijou de fantaisie.

Pour ce grand rêveur au regard espiègle et aux pieds bien sur terre, fervent partisan du cinéma indépendant et de l’Amérique profonde, le plus important  est de « ne pas oublier l’histoire que l’on filme. Les moyens restent accessoires ».07 - ALFRED (or the story of a Wonder Fish) © Imagina Prod - 2010

Ainsi, paré d’un appareil photo et d’un vague scénario autour d’un jeune homme qui doit repartir de zéro, lotti d’un animal de compagnie, Mathieu rejoint son cousin, Jean-Charles Lehuby (photographe) quelques semaines aux Etats-Unis. Il en faut peu aux deux complices pour débrider leur imagination au gré des rencontres. Jean-Charles présente à Mathieu le photographe Aaron Hobson, qui se laisse convaincre de jouer dans leur film et les initie à la musique des Pine Ridge Rounders. En trois jours, le tournage est bouclé avec les moyens – sommaires – du bord. S’ensuit une longue période de montage, tout en prenant soin de conserver ce même sentiment d’amusement qui accompagne le réalisateur dans chacun de ses projets.

Déjanté, poétique, frénétique, drôle et sublimement filmé, Alfred (…) est un court métrage sans prétention mais terriblement jubilatoire, qui vous donne le sourire sans même que vous vous en rendiez compte.

Et si ces quelques mots ne vous ont pas totalement convaincus, je laisse le soin aux images de parler d’elles-mêmes :

(Si le teaser vous plaît et que vous souhaitez en voir plus, vous pouvez contacter directement Mathieu à cette adresse : contact@mathieurigot.com)

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