Spy

Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

On ne le répétera jamais assez : ne vous fiez pas aux apparences. Voyez l’affiche de Spy : deux agents secrets à l’élégance digne d’un 007 – en version américaine ou en version originale – et au milieu, une godiche qui peine à trouver sa place. De là à imaginer une comédie potache aux gags sexistes mainte fois ressassés, il n’y a qu’un pas… Que Paul Feig (le réalisateur de Mes meilleures amies) ne franchit fort heureusement à aucun moment !
Chez Feig, les femmes font la loi : complice géniale, ennemi redoutable ou  espion de choc, chacune rivalise d’ingéniosité, d’audace et d’endurance pour nous en mettre plein la vue.
Course poursuite en scooter (mais sans équilibre), suspension à un hélicoptère avec un Jason Statham accroché à ses basques, combat au corps à corps et en talons aiguilles, et joutes verbales aussi percutantes que savoureuses… Plus de doute, Spy se révèle être une comédie d’action jubilatoire et bien ficelée, truffée de références aux classiques d’espionnage, à mi-chemin entre James Bond et OSS 117.

Et s’il est vrai que le scénario soigné, les cascades à couper le souffle et l’humour en rafale participent à la réussite du film, saluons la prestation de Melissa McCarthy, qui parvient à canaliser son côté excessif sans pour cela renier son excentricité, et séduit dans ce registre musclé dont elle est l’irrésistible héroïne.

Ajoutez au charme de McCarthy le sens de l’autodérision insoupçonné de Jason Statham, le charisme ravageur de Jude Law, la froideur terrifiante de la convainquante Rose Byrne et l’irrévérence du génial Peter Serafinowicz  (LA découverte du film), et vous obtiendrez un bon divertissement savamment dosé et chaudement recommandé.

On vous laisse juger!

Sortie le 17 juin 2015.

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Les Stagiaires +

21009987_20130607161738976_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxBilly et Nick, deux quadras dont les carrières ont été pulvérisées par Internet, repartent à zéro en obtenant un stage chez Google, qui peut-être, débouchera sur un job. En compétition avec des petits génies de l’informatique tout droit sortis de l’école, ils vont devoir prouver qu’ils ne sont pas des dinosaures…

Owen Wilson et Vince Vaughn au pays des « nerds »… Sous la caméra avisée de Shawn Levy (La Nuit au Musée, Crazy Night), le duo délirant de Serial Noceurs se reforme avec une joie communicative dans une comédie sympathique d’un tout autre genre, où il est question du choc des générations sur fond d’ôde « googlelienne ».

Réflexion sur le savoir et l’expérience, Les Stagiaires fait se confronter des novices en nouvelles technologies et des novices en relations humaines. Un décalage qui donne lieu à des scènes irrésistibles (parmi lesquelles le recrutement par webcam, la partie de Quidditch ou encore la virée dans un night club) et à quelques savoureuses répliques (« On pourrait créer une application qui permettrait de prendre des photos et de les mettre directement sur la ligne »).

Autour de nos trublions gravite une galerie de personnages caricaturaux (l’opportuniste immoral, l’aguicheuse en mal d’attention, le petit génie tyrannisé par sa mère, l’éternel insatisfait taciturne, la jolie cadre carriériste, le jeune chef d’équipe qui manque de confiance en lui…) qui évoluent au fil de l’histoire : les personnalités se révèlent, des amitiés se nouent et les petits blancs becs arrogants se font fermer le clapet.

On déplore toutefois un traitement de l’histoire consensuel que l’on aurait aimé plus mordant, ainsi que certaines facilités dans le scénario (des personnages stéréotypés, une fin sans grande surprise, un optimisme qui frôle l’ingénuité…).

Les Stagiaires est une comédie agréable, quelque peu paresseuse, mais qui procure un réel plaisir, ne serait-ce que de voir le duo Vaughn/Wilson se donner à nouveau la réplique dans ce feel good movie 2.0.

Sortie le 26 juin 2013.

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