Free fire

Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant.

Vous aimez les films bien écrits, autour d’un scénario construit, de personnages dessinés avec soin, d’une mise en scène recherchée ? Mieux vaut passer votre chemin. Free Fire – réalisé par Ben Wheatley – fait plutôt dans la castagne balourde, à coup de petits et gros calibres, à laquelle se livrent des benêts antipathiques à souhait.

Le réalisateur explique s’être inspiré de récits de fusillades des années 1970 et 1980 consignés dans les annales du FBI : « Ce qui ressortait, c’était l’impression de chaos et d’horreur. Ces types étaient surentraînés et il semble que personne ne soit arrivé à tirer droit… C’est complètement fou de lire ça et ce témoignage m’a hanté pendant longtemps, au point que j’ai eu envie d’en faire un film. […] J’ai imaginé ce que cela donnerait dans la réalité – tout en restant bien sûr dans un cadre divertissant ».

Pour ce qui est du chaos, c’est plutôt bien vu. Pour ce qui est du divertissement, cool, drôle et bien pensé, c’est raté. Wheatley se contente de faire du sous-Tarantino, et se complaît dans un film de sales gosses qui, soit, semblent prendre beaucoup de plaisir à se dézinguer les uns les autres dans la bonne humeur, mais qui n’intéressent en rien le spectateur.

Bourrin, simpliste et insignifiant. Mieux vaut se contenter à la rigueur de la bande annonce, seul élément réussi.

Sortie le 14 juin 2017.

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Suite française

499078.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxÉté 1940, Bussy, un village français. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

Avant de nous intéresser au film, revenons sur l’histoire du roman  d’Irène Némirovsky, écrivain reconnu et témoin précieux, déportée à Auscwhitz où elle mourut en 1942.

Ce n’est que des années plus tard que sa fille, Denise Epstein, découvre le roman inachevé de sa mère, qu’elle livre aux éditions Denoël. Suite française est alors publié en 2004, devient rapidement un best seller et obtient le Prix Renaudot. L’histoire est aujourd’hui portée sur grand écran par le cinéaste Saul Dibb (The Duchess), qui y a vu l’occasion de « réaliser un film de guerre singulier, où le point de vue donné est féminin ».

Dibb s’est ainsi attaché à rendre hommage à l’oeuvre d’Irène Némirovsky en restant le plus fidèle possible à l’histoire originale. D’où certaines invraisemblances, tel le choix de doubler les acteurs – majoritairement anglo-saxons – en français, ou cette fâcheuse tendance à accentuer les moments dramatiques par des emphases musicales inutiles.

Le film parvient toutefois à se démarquer grâce à un scénario historico-romanesque juste et soigné et un casting impeccable (notamment Kristin Scott Thomas, épatante en femme froide et détestable, qui finit par nous émouvoir contre toute attente).

Mais surtout, Suite française porte un regard féminin unique sur un sujet pourtant mainte fois traité et rappelle quel pouvait être le quotidien des civils en milieu rural pendant la guerre : la cruelle disparité des classes sociales, les comportements peu glorieux, entre calomnie et dénonciation, ou encore de l’émoi que peut provoquer l’arrivée de jeunes soldats allemands dans un village où les hommes sont partis en guerre, tout y est dépeint avec un désir d’authenticité.

Un film qui donne à voir une situation bien plus complexe que l’imaginaire manichéen peut parfois le laisser supposer, et qui donne envie de se (re)plonger dans le roman passionnant de Mme Némirovsky.

Sortie le 1er avril 2015.

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