Mademoiselle Julie

319522.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx1890, Irlande. Tandis que tout le monde célèbre la nuit des feux de la Saint Jean, Mademoiselle Julie et John, le valet de son père, se charment, se jaugent et se manipulent sous les yeux de Kathleen, la cuisinière du baron, jeune fiancée de John. Ce dernier convoite depuis de nombreuses années la comtesse voyant en elle un moyen de monter dans l’échelle sociale.

Une histoire d’amour impossible confrontée à la lutte des classes ; le conflit entre un homme et une femme pour le pouvoir et la domination morale ; une oeuvre sur la nécessité d’être entendu ; une affaire de sentiments… Mademoiselle Julie, tragédie écrite par August Strindberg en 1888, aborde des sujets qui continuent d’inspirer metteurs en scène et cinéastes.

Liv Ullmann, muse et épouse d’Ingmar Bergman, reconnaît quant à elle avoir trouvé dans cette pièce de théâtre des « motifs qui [lui] importaient personnellement : être vue ou demeurer invisible, donner une image de soi qui ne correspond pas à ce que l’on est vraiment, être pour soi-même et non pour ce que les autres voient en vous, les rapports des sexes, les crises qui en découlent… ».

L’actrice, désormais cinéaste, livre une version austère et froide de ce huis clos tragique conjugué à trois, qui repose en majeure partie sur l’interprétation enlevée des acteurs. Jessica Chastain campe une héroïne fragile et hystérique, et se révèle formidable dans ses excès de caractère. Face à elle, Colin Farrell, tour à tour détestable et touchant dans le rôle de l’amoureux-bourreau qui refuse sa condition de simple valet mais semble pourtant résigné. Quant à Samantha Morthon, la docile et honnête cuisinière mue par une morale infaillible, elle tire son épingle du jeu grâce à une interprétation tout en finesse qui gagne en intensité à mesure que le film avance.

Mais en dépit de la distribution inspirée, de la qualité des dialogues, à la fois rugueux et passionnés, et de la photographie délicate, lumineuse et soignée, la mise en scène reste conventionnelle et l’aspect « théâtre filmé » s’avère à la longue assez rébarbatif.

Un film qui demeure hélas difficile et confidentiel.

Sortie le 10 septembre 2014.

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John Carter ++

L’ancien capitaine John Carter (Taylor Kitsch), las de la guerre civile qui ravage les Etats-Unis en cette fin de XIXe siècle, se retrouve mystérieusement transporté sur la planète Barsoom où il se laisse entraîner malgré lui dans un terrible conflit entre Tars Tarkas (Willem Dafoe) et la captivante princesse Dejah Thoris (Lynn Collins). Dans un monde au bord du gouffre, Carter prend conscience que la survie de cette planète et de ses habitants est entre ses mains.

Des créatures étranges et fascinantes, des « hommes vert » de 3 mètres de haut, aux quatre bras agiles et aux défenses de mammouth, des femmes et des hommes rouge, des personnages caméléons des plus intrigants, un chien-lézard incroyablement rapide et affectueux, des paysages rocheux et arides, des vaisseaux spatiaux arachnéens, des combats dignes des gladiateurs où les fauves sont remplacés par des monstres aux allures de gorilles blancs… Andrew Stanton (Le Monde de Nemo) fait preuve d’une imagination débridée et réussit haut la main le pari de restituer fidèlement l’univers fantaisiste créé il y a plus de cent ans par le romancier Edgar Rice Burroughs.

Inspiré du premier livre du « Cycle de Mars », John Carter met en scène un capitaine de cavalerie rebelle qui erre dans sa Virginie natale à la recherche d’or depuis la mort de sa femme et de son fils pendant la guerre de Sécession. Une découverte inespérée le conduit tout droit sur Barsoom (Mars) où une nouvelle quête l’attend.

Stanton signe un film épique, drôle et rythmé, à la croiséed’Indiana Jones et de Star Wars au scénario efficace et soigné  – le retournement final, la mise en abîme et le récit dans le récit où le personnage de Carter livre son histoire à son neveu, un certain Edgar Rice Burroughs, sont particulièrement jubilatoires.

Et bien que le film soit peut-être un peu long pour les enfants (2h 20), John Carter est à classer dans la catégorie « Grand spectacle » qui ravira les fans d’aventures et de sciences fiction.

Sortie le 7 mars 2012.

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