Mistress America

468601.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxÉtudiante en première année dans une université de New York, Tracy (la prometteuse Lola Kirke) se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke (géniale Greta Gerwig), New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

Après le brillant Frances Ha, qui narrait les vicissitudes d’une danseuse joliment paumée, Noah Baumbach fait de son héroïne une apprentie romancière quelque peu lunaire, qui se cherche entre chagrins et déception. Un personnage en quête d’auteur qui trouve en la personne de Brooke, trentenaire « hype » qui semble mener une vie exaltante, à la fois le mentor idéal et une source d’inspiration inépuisable.

Un univers merveilleusement décalé aux accents poétiques, un décor new-yorkais au charme désuet, un cynisme irrésistible, des personnages complexes malgré leur apparence décomplexée, du rire jaune et des colères noires, des thèmes passionnants tels la question de l’identité, de l’image, de la solitude, de l’avenir incertain, les choix à faire et des conséquences à assumer…  autant de points forts déjà présents dans Frances Ha, qui permettent de reconnaître la « pâte » de Baumbach.

Avec Mistress America – coscénarisé avec Gerwig, le cinéaste livre un nouveau portrait de femmes au tempérament bien trempé, qui titillent parfois nos nerfs par leur côté bohème-frivole, mais qui nous attendrissent aussi par leurs réflexions sincères et pertinentes. Un film à la grâce déjantée, vivement recommandé!

Sortie le 6 janvier 2016.

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Joy

354746.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxInspiré d’une histoire vraie, Joy décrit le fascinant et émouvant parcours d’une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de sa famille aussi excentrique que dysfonctionnelle, et à fonder un empire d’un milliard de dollars. Au-delà de la femme d’exception, Joy incarne le rêve américain dans cette comédie dramatique, mêlant portrait de famille, trahisons, déraison et sentiments.

Le trio Lawrence/DeNiro/Cooper à nouveau réuni par David O.Russell – qui a signé Happiness Therapy, jolie surprise moult fois récompensée – autour d’une « success story » dont les américains ont le secret… Autant d’éléments de bon augure pour le spectateur!

Un casting impeccable, une mise en scène comme toujours soignée, sublimée par une bande son orchestrée avec élégance, décors et costumes pensés avec minutie, scénario pointu, mêlant flash backs et ellipses… Sur le papier, tout semble parfait. Peut-être un peu trop ?

Il semble que le cinéaste ait appliqué la même recette que dans ses précédents films, en perdant toutefois sa part d’originalité et en oubliant l’importance de se renouveler. La partition est impeccable  techniquement parlant mais manque de saveur, la mélodie ronronne mais finit par nous endormir, bref le résultat est bien trop lisse pour nous convaincre vraiment.

Sortie le 30 décembre 2015.

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Calvary

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa vie du père James est brusquement bouleversée par la confession d’un mystérieux membre de sa paroisse, qui menace de le tuer. Alors qu’il s’efforce de continuer à s’occuper de sa fille et d’aider ses paroissiens à résoudre leurs problèmes, le prêtre sent l’étau se refermer inexorablement sur lui, sans savoir s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend…

Univers décalé et humour noir sont les maîtres mots de John Michael McDonagh, qui nous avait déjà régalés avec L’Irlandais, une comédie grinçante aussi corsée qu’une bonne Guinness sur un duo de flics improbable et explosif.

Pour son deuxième long métrage, le cinéaste a souhaité pousser la noirceur à son extrême, dépeignant des personnages narquois, désabusés et irrécupérables avec un cynisme glaçant.

Calvary est une histoire de pardon aussi pittoresque que déroutante, à la tonalité désespérée, qui se distingue par une photographie sublime et un casting parfait. Le merveilleux Brendan Gleeson (Bons baisers de Bruge, L’Irlandais...) y déploie tout son talent dans le rôle du prêtre « condamné », en lutte contre ses propres démons et se dépatouillant comme il peut au milieu de ses « brebis galeuses ». Un personnage attachant et émouvant qui vient contrebalancer le pessimisme ambiant du film, dont la violence de certaines scènes aurait pu être évitée.

McDonagh signe une comédie dramatique aux allures de polar qui marque les esprits par son atmosphère froide et cinglante mais dont le propos aigre et sarcastique finit à la longue par être pesant.

En salles le 26 novembre 2014.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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