Victoria

545138-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxVictoria, c’est le portrait d’une avocate débordée, mère célibataire de deux fillettes qui tente de jongler entre sa vie privée et sa vie professionnelle.

Le film s’ouvre sur la démission soudaine du baby-sitter-homme-à-tout-faire. S’ensuivent de multiples épreuves auxquelles l’héroïne doit faire face : l’appel à l’aide d’un ami (Melvil Poupaud), accusé d’une tentative de meurtre, qui souhaite qu’elle assure sa défense ; la lutte contre la vindicte de son ex-mari, écrivain en mal d’inspiration, auteur d’un blog « autofictionnel » qu’il nourrit de leur vie commune ; mais surtout la spirale infernale dans laquelle la jeune femme semble s’embourber. Elle tente alors de trouver les réponses à ses névroses dans les cartes d’une voyante, les aiguilles d’un acuponcteur ou dans les bras d’un amant d’un soir, sans succès.

Les frontières se brouillent, la vie privée se mêle au professionnel, l’intime se confond avec le travail, les talents d’oratrice autrefois convaincants deviennent sans effet,bref, la machine s’enraye.

Désespérée, Victoria va jusqu’à embaucher un ancien dealer (Vincent Lacoste) qu’elle a défendu pour s’occuper de ses filles… et accessoirement d’elle-même.

Après La Bataille de Solférino Justine Triet traite à nouveau de la lutte d’une mère célibataire dans Victoria. Pour incarner cette mère dépassée par les événements, la réalisatrice a judicieusement choisi Virginie Efira, qui tour-à-tour se révèle lumineuse, fantasque, débordée, perdue, pathétique mais toujours vaillante !

Ainsi, même si « cette comédie désespérée mais joyeuse » ne répond pas à toutes les questions existentielles qu’elle soulève, que sa fin laisse songeur et que certains personnages secondaires sont traités de manière assez inégale, elle a le mérite d’allier le burlesque à la mélancolie et surtout de brosser le portrait d’une héroïne des temps modernes : la femme d’aujourd’hui !

Sortie le 14 septembre 2016.

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Eden

513445.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAu début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et crée avec son meilleur ami le duo «Cheers».
Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère.
C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire.
Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch : cette génération d’artistes français qui continue de briller dans le monde entier.

A travers l’histoire de Paul (Félix de Givry), Mia Hansen-Løve dépeint une époque en pleine recherche créative, mêlant aspiration, vivacité, tâtonnement, curiosité, imagination, et retrace avec une énergie aux notes mélancoliques l’émergence puis l’avènement de la musique électronique.

Inspirée par son frère aîné, Sven, DJ renommé dans le monde de la House Garage, la cinéaste a souhaité mettre l’accent sur une génération hédoniste et visionnaire, qui a pris ses « rêves d’enfant au sérieux » et décidé que « la fête et le plaisir, c’est la vie ».

Souvenirs recréés ou inventés, fiction réelle ou réalité fictive, Eden réveille une certaine nostalgie pleine de tendresse, sublimée par une bande son prestigieuse (Veridis Quo de Daft Punk, The Mkapella de M.K., Caught in the middle de Juliet Roberts…) qui révèle tout l’enthousiasme d’une scène musicale alors inédite.

Si l’on reconnaît le talent de Mia Hansen-Løve pour retranscrire avec poésie et véracité l’ambiance électrisante des années 90, on déplore toutefois le côté poussif de la seconde partie du film et le manque d’empathie pour le personnage principal, qui semble se laisser porter par le courant avec une nonchalance qui devient vite exaspérante.

Une belle intention mais qui ne convainc pas totalement.

Sortie le 19 novembre 2014.

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