Prisoners

21028038_20130813155654441.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, ce qui entraîne la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparues. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable. Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

Un thriller sous haute tension, des acteurs inspirés, un scénario écrit au cordeau, un suspense qui va crescendo, une atmosphère sombre et oppressante… tels sont les premiers qualificatifs qui viennent en tête en sortant de la projection de Prisoners, le nouveau film de Denis Villeneuve (à qui nous devons la brillante adaptation d‘Incendies, tragédie intime signée Wajdi Mouawad).

Entouré par un Hugh Jackman à contre emploi, convainquant en père de famille accablé qui décide de se faire justice lui-même, par un Jake Gyllenhaal mystérieux qui incarne un flic sombre, entièrement dévoué à son métier, et par un Paul Dano magistral dans le rôle du coupable idéal, le cinéaste s’amuse à semer les indices en cours de route pour mieux nous embarquer dans le dédale d’un scénario savamment tortueux où tout bascule en moins d’une minute.

« La tragédie nous arrache au drame et nous rappelle une chose très importante : nous sommes des êtres absolument incompréhensibles. On est fous ! » écrivait Wajdi Mouawad. Une citation qui pourrait avoir inspirée Prisoners. Un film noir où la violence psychologique se mêle à la violence physique. Dense et sans concession.

Sortie le 9 octobre 2013.

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Sublimes créatures

20423052.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEthan Wate, un jeune lycéen, mène une existence ennuyeuse dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Mais des phénomènes inexplicables se produisent, coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle élève : Lena Duchannes.
Malgré la suspicion et l’antipathie du reste de la ville envers Lena, Ethan est intrigué par cette mystérieuse jeune fille et se rapproche d’elle.
Il découvre que Lena est une enchanteresse dont la famille cache un terrible secret.
Malgré l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ils vont devoir faire face à une grande épreuve : comme tous ceux de sa famille, Lena saura à ses seize ans si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière, ou à la puissance maléfique des ténèbres…

Un être aux pouvoirs surnaturels, un mortel, une histoire d’amour interdite… toute ressemblance avec une saga pour adolescents ayant cartonné au box-office serait fortuite.

Mais Sublimes créatures ne peut échapper à l’incontournable comparaison avec la saga de Stephenie Meyer, puisqu’on y retrouve les mêmes codes : adaptation cinématographique d’un best-seller sentimentalo-fleur bleu, amour d’ados contrarié, univers fantastique où sorcières et enchanteurs se font la guerre (ah pardon : dans Twilight, il s’agissait de vampires qui se prenaient le bec avec des loups-garous) au détriment des mortels, le tout saupoudré de quelques répliques sympathiques.

Si le film de Richard LaGravenese fait preuve d’un sens de l’ironie fort appréciable, d’effets spéciaux réussis et d’un beau casting (dont le trop rare Jeremy Irons et la savoureuse Emma Thompson), il pèche hélas par bien des aspects. Un scénario simpliste (l’héroïne va-t-elle se tourner malgré elle vers le bien ou le mal? Le suspense es à son comble. Et pour ce qui est du libre arbitre au pays des sorciers, on repassera), sans le moindre effet de surprise augurant de trop nombreuses longueurs, une intrigue qui transpire le réchauffé, une caricature d’une Amérique profonde ultra conservatrice et archaïque représentée par un patelin de crétins empreints de bondieuseries, un manichéisme à outrance parfaitement exaspérant…

Gageons tout de même que Sublimes créatures, sorte de Roméo et Juliette édulcoré à la poudre de perlimpinpin, trouvera son public chez les 12-18 ans (cible clairement visée). Mais il serait tout de même bon d’élever le niveau à un moment donné…

Sortie le 27 février 2013.

Bande annonce

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La Couleur des sentiments ++

Une belle réussite. Tels sont les premiers qualificatifs qui viennent à l’esprit après avoir découvert La Couleur des sentiments, l’un des films incontournables de cet automne. Mais avant de nous lancer dans une critique élogieuse, reprenons du début.

Dans la petite ville de Jackson, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement…

Un tel sujet pourrait facilement basculer dans la sensiblerie et la facilité. Pourtant, Tate Taylor apporte un soin particulier à éviter toute forme de complaisance ou de parti pris et met en scène des femmes d’exception qui vont dépasser leurs peurs pour tente de faire tomber les barrières de la ségrégation raciale.

De la jeune journaliste qui doit lutter pour se faire une place autre qu’à la rubrique ménagère (la talentueuse Emma Stone) aux domestiques dignes et dévouées en passant par la grand-mère farfelue (Sissy Spacey, irrésistible), l’adorable ingénue (Jessica Chastain, la révélation de The Three of life) ou l’arriviste sournoise (Bryce Dallas Howard, détestable à souhait), le réalisateur met en scène avec un enthousiasme certain un film choral où chaque personnage à son importance.

Plongé au cœur du Mississippi des sixties où les maisons victoriennes côtoient les champs de coton à perte de vue, où le poulet frit s’agrémente de salade en gelée et où June Carter et Johnny Cash entonnent leur Jackson à l’unisson, le spectateur  rencontre des femmes qui brillent par leur caractère opiniâtre, leur sens de l’amitié et de l’humour qui leur permettent d’affronter les situations les plus difficiles. Mais cette galerie de personnages comporte aussi de véritables punaises, des natures dociles, des têtes brûlées, des mondaines, des enfants gâtées, des femmes battues, des femmes fières, révoltées et vaillantes…

Entouré d’un casting quatre étoiles – dont on salue l’interprétation saisissante de Viola Davis (dans le rôle d’Aibileen Clarck) et d’Octavia Spencer (dans celui de Minny Kackson) -, Tate Taylor adapte avec maestria le best seller de Kathryn Stockett où le courage se vit au féminin pluriel dans un film qui nous touche par son intelligence et sa justesse.

Sortie le 26 octobre 2011.

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