Ablations : interview croisée

593165.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn homme se réveille dans un terrain vague, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos. Une ancienne maîtresse, chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein. Obnubilé par ce vol, il va tout sacrifier pour le retrouver : sa famille, son travail… jusqu’à sombrer dans la folie.

C’est en découvrant le clip de Good Day Today qu’Arnold de Parscau a réalisé pour David Lynch que Benoît Delépine, séduit par l’univers visuel inventif du jeune cinéaste, a eu envie de lui confier l’adaptation de son scénario. Mêlant folie, paranoïa  et obsession, Ablations en impose grâce à une mise en scène ciselée, graphique et débordante de créativité.

A l’occasion de la sortie en salle de ce premier long métrage le 16 juillet, Des Films et des Mots a rencontré Arnold de Parscau et Benoît Delépine. Une rencontre passionnante que nous aurions aimé prolonger!

Des Films et des Mots : Comment qualifieriez-vous Ablations?
Arnold de Parscau :
Disons qu’il s’agit d’un film multi-genres, entre le polar, le personnage principal menant l’enquête tout au long de l’histoire, le drame, puisqu’il perd tout, sa famille, son travail, sa raison, et le triller. Dans le scénario original, le registre était plutôt tragi-comique. Mais nous avons évoluer vers une ambiance plus sombre et chercher à rendre évident ce malaise qui se crée à mesure que l’histoire avance.
Benoît Delépine :
C’est un film « malaisant »! Aucun des personnages, que l’on pense à Pastor ou aux médecins, n’est cartésien et tous ont perdu pied. Chacun est dans sa propre réalité et a sa logique. Prenez Pastor : il préfère partir à la recherche du rein qu’on lui a volé que demander de l’aide à la police. Comme il le dit lui-même : « Qu’est-ce qu’ils vont faire? Me rendre mon rein? ». Récupérer ce morceau qu’on lui a pris est une façon pour lui de redevenir entier.

DFDM : Parlez-nous de votre collaboration.
BD : J’ai contacté Arnold après avoir découvert ses courts métrages et le clip du disque de Lynch. Son univers visuel, sa maîtrise technique, les émotions qu’il transmet, m’ont littéralement scotché, d’autant plus lorsque j’ai appris qu’il n’avait que 23 ans à l’époque! Nous avons retravaillé le scénario d’Ablations pendant un an environ : les personnages s’étoffaient à mesure que le casting se confirmait. Denis (Ménochet), pour qui j’avais écrit le rôle après l’avoir vu dans Inglorious Basterds, a été le premier à répondre présent et s’est particulièrement impliqué dans le projet. Avec Arnold, ils ont beaucoup répété et ont permis au scénario d’acquérir plus de matière. Une fois la caméra en route, je leur ai laissé carte blanche. J’avoue que le premier jour de tournage, le fait de donner quelques indications par-ci par-là me titillait. Mais le chef opérateur, que je connais bien, m’a vite remis à ma place!
AdP :  Le personnage de Pastor a été le plus long à développer. A force de discussions avec Benoît et Denis, j’ai saisi la direction vers laquelle Benoît voulait emmener l’histoire. Une fois le scénario bien en tête, j’ai pu me consacrer au tournage au cours duquel j’ai beaucoup appris sur la direction d’acteurs. Il faut dire que le casting est de premier choix!

DFDM : Benoît, en quoi le travail d’Arnold vous a interpelé ?
BD : Son sens de l’image, son travail autour de la symbolique, la précision de sa mise en scène, le soin apporté au cadrage, sa fantaisie créative… Le cinéma doit être cinématographique! Les cinéastes devraient sans cesse être à la recherche d’images fortes.

DFDM : Et vous Arnold, qu’est-ce qui vous a séduit dans l’univers de Benoît?
AdP : Mammuth est le premier film de Benoît et de Gustave (Kerven) que j’ai vu. Puis je suis tombé fou amoureux d’Aaltra, de son côté décalé qui me parle tant. J’aime beaucoup jouer sur les contrastes et apporter quelques petits décalages dans un film. Ce n’est pas un hasard si Topor, Gustave Doré, Kubrick, Lynch, font partie de mes artistes de prédilection. Les contes oniriques me fascinent également tout comme les énigmes, la métaphore… tout ce qui sort du réel visuellement parlant. Pour autant, je ne suis pas féru de fantastique. Je préfère m’amuser à insérer des éléments du fantastique dans le réel. J’espère que cela se ressent à travers Ablations.

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Jeu concours « Ablations »

593165.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn homme se réveille dans un terrain vague, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos. Une ancienne maîtresse, chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein.
Obnubilé par ce vol, il va tout sacrifier pour le retrouver : sa famille, son travail… jusqu’à sombrer dans la folie.

Premier long métrage d’Arnold de Parscau, Ablations, en salles le 16 juillet prochain, est un thriller glaçant tiré de l’imagination de Benoît Delépine, qui signe le scénario.

En partenariat avec l’agence Le K, Des Films et des Mots met en jeu 5 x 2 places de cinéma valables partout en France pour découvrir ce film noir qui se démarque par sa mise en scène inventive et son univers visuel épatant.

Pour tenter votre chance, il vous suffit de répondre au formulaire en ligne en cliquant sur ce lien.

Attention : le concours est en ligne jusqu’au lundi 14 juillet 2014 minuit!

Après tirage au sort, les gagnants seront contactés par mail puis recevront leurs lots de la part de l’Agence Le K.

Bonne chance à tous!

Plus d’informations sur la page Facebook du film.

 

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Cannes 2012 – A l’intérieur du Festival de Cannes… (4e partie)

Règle n°3 : Le sens de l’observation tu développeras

Quand on a 3 heures à tuer en attendant que vienne le moment miraculeux d’apercevoir – ou même, d’entrapercevoir – les stars du septième art (oui, je suis parfaitement consciente du ridicule de mes propos), on développe un sens accru de l’observation… (En même temps, on n’a un peu que ça à faire).

Autour de moi, une quinqua et ses deux grandes filles tout excitées à l’idée de « voir » Zac Efron, le minet vedette d’une série Disney attendu sur la Croisette pour Paperboy, de Lee Daniels, aux côtés de Nicole Kidman (un film qui semble avoir provoqué les huées du public lors de sa projection le 25 mai), des retraités ravis de prendre un bain de foule bien qu’ils ne connaissent pas le quart des personnalités attendues sur le tapis rouge, une futur maman et ses copines bien décidées à se faufiler pour être aux premières loges, des parents très versés « people » accompagnés de leur pauvre gamin de 7ans, très vite excédé par tant d’attente, des jeunes filles aux atouts indéniables qui font du gringue au vigile en mode Man in Black afin de grappiller quelques places, des photographes professionnels à l’humour ravageur venus « shooter » sous un autre angle et qui connaissent le Festival comme leur poche. L’ambiance est conviviale, les discussions se font et le temps passe assez vite.

Les barrières s’ouvrent enfin : après s’être soumis au traditionnel fouillage de sacs et avoir jeté son bouchon de bouteille d’eau (des fois que certains illuminés à l »humour fort discutable aient en fait patienter tout ce temps dans le simple but d’asperger les vedettes tant attendues), c’est la course jusqu’aux 2e barrières, à quelques mètres du tapis rouge.

Placée à droite, je me rends compte petit à petit qu’on ne va finalement pas voir grand chose du spectacle : les photographes et vidéastes seplacent avec nonchalance en smoking et robe de soirée – le contraste entre les blasés et les euphoriques, qui s’adonnent à l’autoportrait, est amusant -, et au final ça fait pas mal de monde !

La musique retentit alors : les invités arrivent et le show commence enfin.

Le commentateur est là pour nous aider à reconnaître Mélita Toscan Duplantier, sublime dans une robe verte soyeuse, que l’on aperçoit dans un angle mort. Elle est suivie par Inès de la Fressange, tout en élégance dans une tenue qui lui donne des allures de déesse grecque. Coutumière de l’exercice cannois, l’ancienne égérie Chanel brave la horde de policiers pour venir nous saluer. Classe !

On aperçoit par la suite un bout de la robe blanche d’Eva Longoria, la main de Virginie Ledoyen, le chignon de Marie Gillain et Beth Ditto et sa robe Gauthier, en haut des marches.

Et ça défile encore et encore sur le tapis rouge. Des invités, anonymes ou faisant partie du « gratin », chics, extravagants voire carrément à côté de la plaque. Du léopard, des robes froufroutantes, des bustiers « débordants », des talons aiguilles qui effraieraient un funambule, des sabots façon Heidi, des paillettes à outrance qui aveugleraient un myope, des coiffures montées sur échafaudage, du maquillage inspiré du cirque Zavatta… Autant de mauvais goût rendu supportable par quelques touches de raffinement et de glamour plus que bienvenus.

Un hommage à Donna Summer est alors rendu tandis que Laurent Weil multiplie les interviews spontanées aux pieds des marches. La gamine fan absolue de Monsieur CinéLive se réveille alors mais se retient tout de fois de lui sauter au cou : quoique le mauvais genre soit assez commun ici, il me reste tout de même un fond de dignité !

Et voici l’équipe de De Rouille et d’os. Marion Cotillard est divine et particulièrement bien entourée. Jacques Audiard et Matthias Schoenaerts ont fière allure et rivalisent de sobriété. Quelques mots à Lolo Weil, des sourires et des saluts, une montée des marches, une nouvelle pause, une accolade à Gilles Jacob etles voilà entrés en salle. Clap de fin. 3h d’attente, ½ de parade, merci et bonne soirée.

Rien de très excitant au final, mais à vivre au moins une fois, pour « le fun » et pour le plaisir des belles rencontres. Après tout, ce qui prime, c’est de partager une passion commune, qu’importe le côté de la barrière. Et pour reprendre les célèbres mots d’un autre passionné fou furieux. : « Et vive le cinéma » !

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