La Tortue rouge

331256.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx Conte poétique, récit philosophie, fable écologique, La Tortue rouge met en scène les aventures d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux…

La critique peut être un exercice délicat, où l’on tente de raconter sans trop en dire. Le premier long métrage du néerlandais Michael Dudok de Wit est un tel ravissement que l’envie d’en révéler chaque détail nous chatouille. Mais tomber dans l’euphorie dithyrambique reviendrait à gâcher l’effet de surprise aux futurs spectateurs.

Alors disons seulement que le cinéaste a composé une merveilleuse histoire dénuée de paroles, bourrée de charme et d’intelligence sur l’amour, la tolérance, et la vie. Les lignes épurées, le décor dessiné au fusain, l’heureux mélange du numérique – utilisé subtilement – et de l’artisanal,  l’harmonie des couleurs, l’évidence du langage musical,  la beauté formelle, la simplicité de la narration, tout concorde à la création d’une oeuvre sublime et envoûtante, qui vous invite dans un ailleurs aux mille et une émotions.

Récompensé d’un Prix Spécial Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, La Tortue rouge – coproduit par le prestigieux studio Ghibli –  est une merveille qui provoque de nombreux sourires clairsemés de larmes. Un petit bijou qui enchantera petits et grands.

Sortie le 29 juin 2016.

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Les Habitants

006894.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxRaymond Depardon part à la rencontre des Français pour les écouter parler. De Charleville-Mézières à Nice, de Sète à Cherbourg, il invite des gens rencontrés dans la rue à poursuivre leur conversation devant nous, sans contraintes en toute liberté.

L’attrait de la lumière, le désir de simplicité, le goût des autres… On reconnaît bien là la « patte » Depardon qui signe avec Les Habitants, un documentaire cocasse et touchant, mêlant intimité et maladresse, banalités et singularité.

« Nous étions au printemps, le temps était doux, les gens flânaient dans la rue. Ce fut un beau voyage de mai à juillet. Je cherchais une France du « centre », des gens qui travaillent, qui passent leur bac, qui se marient, qui divorcent, qui votent, je voulais offrir une image des villes lumineuse et colorée telles qu’elles sont aujourd’hui » précise le cinéaste-photographe.

Ponctué d’interludes musicaux (signés Alexandre Desplat) à travers les routes de France, le film donne la parole à ceux que l’on n’entend pas toujours et invite le spectateur à partager un instant le quotidien d’inconnus parfois si familiers.

La caméra se fait bien vite oublier et les discussions deviennent spontanées. Les duos se succèdent, chacun révélant ses préoccupations du moment : deux lycéens échangent sur leur avenir après le bac, un ado de 19 ans s’inquiète de devoir quitter le nid parental, une mère tente de faire entendre raison à son fils, une femme explique à son conjoint ses raisons de faire lit à part, une jeune femme confie à sa mère être plus soucieuse de terminer son internat de médecine que de « trouver un mari », un jeune couple s’apprête à accueillir leur premier enfant avec une certaine naïveté, une maman divorcée admet les difficultés rencontrées pour joindre les deux bouts…

Ce « patchwork » humain surprend agréablement par la sincérité des discussions et l’originalité de la démarche. On déplore toutefois que la fraîcheur du début s’estompe peu à peu, en raison de l’uniformité des binômes choisis, tous appartenant à la même classe sociale. Ce manque d’hétérogénéité impacte sur le rythme du documentaire, qui devient redondant, et fait perdre l’intérêt du propos. On quitte la salle avec un sentiment d’inachevé… Frustrant.

Sortie le 27 avril 2016.

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Dans la cour

033857.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAntoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d’errance, il se fait embaucher comme gardien d’immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l’immeuble s’effondrait… Tout doucement, Antoine se prend d’amitié pour cette femme qu’il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe.

Raconter les hasards de la vie, mettre en scène des rencontres improbables, s’émouvoir d’amitiés inattendues, observer des solitudes qui se répondent et donner à voir un microcosme passionnant à travers une galerie de personnages, tous attachants à leur manière, qui se croisent Dans la cour… voilà en quelques mots ce que capte Pierre Salvadori avec tendresse, humour et retenue.

Catherine Deneuve et Gustave Kerven forment un merveilleux duo complémentaire qui se retrouve dans leur mal-être respectif : elle, animée par une folie douce, à la fois lumineuse et si fragile ; lui, ours au grand coeur mélancolique qui, derrière ses airs paumés, fait preuve d’une grande sensibilité. Des personnages « fêlés » qui vont se comprendre et tenter de se « consolider » peu à peu.

Une distribution impeccable, des dialogues savoureux, un scénario bien écrit… Entre fantaisie et vague à l’âme, Salvadori signe là un film plein d’élégance qui nous fait sourire, le coeur gros.

Sortie le 23 avril 2014.

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