The Secret +

À Cold Rock, petite ville minière isolée des Etats-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et n’ont jamais été retrouvés. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia, le médecin de cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 6 ans est enlevé sous ses yeux par un individu encapuchonné. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.

Fan du cinéma de Ferrara, d’Argento, de Carpenter  (ne lui parlez surtout pas de Lucas ou de Spielberg « qui ont introduit le cinéma de masse et tué le cinéma d’auteur »), Pascal Laugier avait en tête la trame de The Secret depuis plusieurs années : « Nous voulions [avec mon équipe] faire un pur film de genre, un film captivant, intense, plein d’action et d’angoisse, un film avec un vrai mystère, et en même temps [avoir] des personnages réalistes à l’écran, de vrais Américains… un peu comme Stephen King dans ses meilleurs romans. Nous avons essayé de mélanger des choses qui d’habitude ne se mélangent pas. C’était mon défi personnel. »

Ainsi, après Saint-Ange et Martyrs, films chocs où l’horreur et la violence étaient traitées sans concession, le réalisateur livre un conte fantastique sur la terrible légende du Voleur d’enfants, prétexte à une réflexion sur un certain idéologisme souvent admis.

Une atmosphère sombre, brumeuse et angoissante, des personnages désespérés, violents, au bord de la folie, des non-dits à chaque coin de rue, une enquête policière qui piétine et des questions qui restent sans réponse… le décor du film est dressé et ce qui aurait pu n’être qu’un film d’horreur va alors glisser vers tout autre chose où la morale établie est mise à mise à mal et où l’on rappelle que « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

C’est tout l’art de Laugier que de brouiller les pistes pour nous conduire par-delà le chemin initialement tracé : le spectateur va peu à peu prendre part à la réflexion que soulève le film pour être finalement laisser face à son libre arbitre. Mais il est des films où le scénario est construit sur un mystère qui impose le silence sous peine de priver le spectateur du plaisir de la révélation. The Secret en fait partie.

Le cinéaste signe un thriller volontairement ambivalent afin de provoquer, de faire réagir et de confronter les points de vue, quitte à prendre le risque de perdre le spectateur en cours de route. Servi par une Jessica Biel impeccable, The Secret peut laisser perplexe, confus ou indécis… mais aucunement indifférent.

Sortie le 5 septembre 2012.

Bande annonce

Sortie le 5 septembre 2012.

Film interdit aux – 12 ans.

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Article rédigé par : Laetitia
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