Tous les soleils

Il arrive parfois que la conjoncture cinématographique soit en parfait alignement avec la position des planètes. Je vous rassure : ce délire « filmographico-astral » ne provient pas d’une surexposition au soleil printanier mais d’un très heureux hasard qui me permet de vivre actuellement de très beaux moments dans les salles obscures.

Car finalement, malgré les critiques ou le nombre de spectateurs qui encensent – ou pas – tel ou tel long métrage, peut-on vraiment prédire quelles émotions provoquera l’histoire qui nous est racontée ? D’ailleurs, chacun a ses propres critères pour estimer les qualités d’un film. Celui-ci nous interpelle en fonction de notre vécu, de notre personnalité, de notre regard, de notre humeur du moment. Et lorsqu’une histoire réunit les spectateurs autour d’une même émotion, on ne peut alors que parler de magie du cinéma.

Bon, il est temps d’arrêter ces divagations qui peuvent paraître assez confuses et d’étayer mes propos.

En l’espace de deux jours, j’ai eu l’agréable surprise de visionner trois petites merveilles radicalement différentes et qui pourtant m’ont toutes fait voyager dans leur univers avec le même plaisir. Pour ce qui est de Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde, de Stéphane Kazandjian, et de Benda Bilili de Renaud Barret et Florent de la Tullay, j’aurai l’occasion d’en reparler dans un autre post. Quant à Tous les soleils de Philippe Claudel, sorte de condensé d’émotions dont la scène finale me déclencha une petite incontinence lacrymale aiguë, laissez-moi vous en toucher deux mots.

Alessandro, un professeur italien de musique baroque et veuf vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, dont l’une des principales préoccupations est de trouver une nouvelle compagne a son père pour que ce dernier soit moins sur son dos.  Autre membre de la famille, l’oncle Crampone, un gentil fou anarchiste qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir.
Si Alessandro se rêve en père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d’autant plus que sa bande de copains à la fantaisie burlesque l’empêche de se sentir seul.

Tel est le monde – plus ou moins merveilleux – dans lequel évolue Alessandro, entouré par une galerie de personnages tous plus attachants les uns que l’autre. Ça rigole, ça complote, ça s’aime, ça pleure, ça s’amuse, ça hurle – surtout en italien -, ça chante aussi, bref, ça vit dans ce film pétillant rempli d’humour et de tendresse.

Stefano Accorsi (Romanzo criminale) en papa poule nous charme, la folie douce de Neri Marcore nous contamine, la jeune Lisa Cipriani est pleine de promesses et Anouk Aimée, sur qui le temps n’a définitivement aucune emprise, y est sublime. Même Clotilde Courau – qui a pourtant le don de m’hérisser le poil – est convaincante dans le rôle de la femme mystérieuse qui ranimera le cœur apathique de notre bel italien.

A l’issue de ce film, j’ai repensé à cette phrase de Jean-Luc Godard : « La télévision fabrique de l’oubli, le cinéma fabrique des souvenirs ». Cela tombe bien : il me reste encore de nombreux voyages cinématographiques à réaliser et tout plein de place dans ma valise à souvenirs ! La suite à la prochaine escale.

Sortie en DVD le 7 septembre 2011.

 

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Article rédigé par : Laetitia
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