Un heureux événement

Il y a des films qui provoquent des réactions immédiates, des sensations aussi simples que l’enthousiasme ou la déception. D’autres nécessitent de la part du spectateur une certaine « digestion » afin de constituer sa propre pensée. D’autres encore mêlent l’instantané des émotions à la profondeur de la réflexion.

Tel est le cas d’Un Heureux événement, le dernier film de Rémi Bezançon. Dans cette adaptation du roman éponyme d’Eliette Abecassis, le réalisateur du Premier Jour du reste de ta vie s’intéresse à la maternité et aborde les multiples questions qui en découlent sans aucun tabou.

« Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ? »

Un constat singulier que tire Barbara (Louise Bourgoin, convaincante), jeune maman dépassée qui tente de comprendre son nouveau rôle, son nouveau corps, sa nouvelle vie.

A travers son témoignage qui se veut lucide et sincère, le film désacralise la maternité et tord le cou aux traditionnels clichés : des premières nausées aux fringales nocturnes, de l’échographie aux cours d’accouchement « séchés », du rejet de l’exemple maternel à la crainte de ne pas être une bonne mère, de la rencontre avec son enfant à la difficulté de passer d’une vie de couple à une vie à trois, Rémi Bezançon dépeint avec une étonnante précision une belle aventure humaine, aussi drôle que redoutable.

Et si le réalisateur a choisi de traiter la maternité avec une subjectivité assumée, il parvient à mettre en scène des situations qui font écho à chacun, que l’on soit parent ou non, en nous renvoyant à nos propres angoisses et à nos propres réactions.

Servi par une distribution de premier choix (Pio Marmai, papa immature touchant, Josiane Balasko, géniale mamie post soixante-huitarde, Gabrielle Lazure, insupportable grand-mère possessive…), Un Heureux événement fait partie de ces films qui résonnent encore longtemps après sa découverte. Rémi Bezançon confirme son talent pour les histoires intimes et signe une « trahison fidèle » du roman d’Abecassis, émouvante, parfois dérangeante, surtout bouleversante. Bref, une réussite.

Sortie le 28 septembre 2011.

 

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Article rédigé par : Laetitia
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